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Des oies sauvages en ville

La transmission entre génération est un moment fort dans la vie. Voici un exemple touchant et magnifique proposé par Eric Bégé.

« Papy, emmène-moi voir les oies aux bords de Seine ! »

  • Bonne idée. Prends ton casque, je vais chercher le vélo… nous voilà partis.
  • On passe par le parc Meissonier, papy ?
  • D’accord, continue jusqu’à la Maison de Fer.
    Je souris intérieurement en voyant le gamin pédaler sur l’esplanade devant la maison reconstruite au sommet du parc. Une riche idée, vraiment. J’aime les soirées guinguette d’été qui rassemblent tant de monde ici. On danse, on discute, on se rencontre autour d’un verre en écoutant la musique.
    Mais où est mon asticot pédalant ?
    Le voilà, dans son monde, parlant tout seul, occupé à construire son récit du jour, roi de la route sur son petit vélo. Nous descendons vers « le lac ».
  • Contrôle ta vitesse, ça descend fort !
  • T’inquiète papy, tu me l’as déjà dit !
    Nous passons près des arbres centenaires du parc. Le gosse admire le travail des jardiniers, surtout les engins qui tondent les pelouses.
  • Quelle descente ! T’as vu papy ? Je ne suis pas tombé !
  • Bravo champion.
    Arrivés près du lac, mon champion slalome autour des plots bleus installés par les élèves venus courir avec leur professeur de sport.
  • Bonjour ! Clame le petit aux adolescents qui sourient en nous voyant passer.
    L’ambiance est bon enfant, décontractée mais appliquée tout de même, dans ce magnifique parc.
    Nous contournons la statue d’Ernest Meissonier pour rejoindre l’avenue du Bon Roi Saint-Louis.
  • Attention en traversant, attends-moi !
  • J’appuie sur le bouton du feu rouge papy!
    Nous voilà devant l’entrée de la piscine des Migneaux. Encore un endroit unique à Poissy, avec son bassin découvert au milieu d’une île de la Seine. Un parfum de vacances…
  • Tu m’emmèneras aux Migneaux cet été, papy ?
  • Promis. On apportera le pique-nique.
    Nous continuons en direction du vieux pont, symbole d’histoire pour notre ville. Le long du cours du 14-Juillet, les oies sont là, magnifiques. L’apaisement est immédiat lorsqu’on regarde les animaux glisser sur l’eau.
    Nous descendons ensuite tout au bord du fleuve en passant sous l’arche du vieux pont.
  • Regarde papy, les engins de chantier ! Pourquoi ils sont sur la Seine ?
  • Ils construisent la passerelle. Bientôt, nous pourrons traverser avec ton vélo pour aller pédaler de l’autre côté, au Peuple de l’Herbe.
  • Il est temps de rentrer maintenant. Allez, demi-tour.
    Après avoir déposé le gamin chez ses parents, je reprends tranquillement le chemin du retour. Je passe devant le musée du Jouet, où se trouvait la poterie de l’ancien prieuré de Poissy puis par la place de la République, sa halle de marché et ses terrasses où l’on se retrouve pour discuter de tout et de rien autour d’un verre.
    Et je me dis que c’est peut-être cela aussi, une ville.
    Des souvenirs qui se construisent. Des lieux qui favorisent les rencontres. Quelques espaces de nature encore préservés. Une promenade ordinaire entre un grand-père et son petit-fils.
    Des choses simples, finalement. Simples, mais fragiles.
    Ayons conscience de notre responsabilité la plus importante : faire en sorte que tout cela ne devienne pas qu’un souvenir pour nos petits-enfants.
    Une promenade d’Eric Bégé