Lyhanna : la pression monte aux hautes sphères du pouvoir
La revendication au sujet de l’affaire Lyhanna ne devrait pas nous faire oublier le déni que notre appareil judiciares est agonisant.
« Quand on aime, on compte, et on pourra bomber le torse, froncer les sourcils, passer sur TF1 tant qu’on veut : force est de constater qu’en France, le compte n’y est pas. Une victime de viol ou de tentative de viol toutes les 2,30 minutes, une victime d’inceste toutes les 3 minutes, 0,6 % de violeurs pénalement condamnés, selon les chiffres du ministère de la Justice : l’Etat ne protège pas les femmes, l’Etat ne protège pas les enfants, et les violeurs, chez nous, s’en sortent très bien. On pourra toujours ouvrir des enquêtes, convoquer des procureurs, taper du poing sur la table : la mort de Lyhanna n’est pas une faille dans le système, elle est le système. Ils veulent que les coupables payent ? Qu’ils commencent par eux-mêmes… » a expliqué le 8 juin 2026 une manifestante devant le Ministère de la Justice, place Vendôme.
Dans 150 villes françaises, ce lundi 8 juin 2026, la révendication était la même : ça suffit ! Il faudra que la justice soit faite au regard de la jeune Lyhanna, collégienne de 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dans le Gers.
A Conflans-Sainte-Honorine, Poissy et à Triel-sur-Seine, des groupes de citoyens, d’élus ont rendu hommage à Lyhanna et ont demandé que le système judiciaires soit vraiment opérationnel avec plus de moyens car la France dépense peu par rapport au PIB et, surtout, avec les coupes budgétaires des derniers mois, Place Vendôme était au régime. « Ce moment de recueillement est l’occasion de s’unir dans la dignité, au-delà de nos sensibilités et de nos différences, autour des valeurs qui fondent notre République : la protection des plus vulnérables, la justice et la fraternité », a exprimé le maire Sandrine Berno Dos Santos.
Certains vont plus loin : le passage d’une loi générale pour protéger les femmes et les enfants des violences et viols. Le plus virulents demandent la démission de M. le Garde de Sceaux, M. Gérald Darmanin, qui a voulu mettre la pression sur le dos des fonctionnaires/juges de l’appareil judiciaire. « Plutôt que de blâmer les magistrats, comme l’a choisi le Garde des Sceaux, ancien ministre de l’Intérieur pendant plus de quatre ans, cette émotion doit conduire à un constat lucide : la chaîne pénale, et plus encore la chaîne judiciaire, sont agonisantes. Au-delà des victimes qui paient un prix insupportable, tous leurs maillons en sont exsangues, » a communiqué le syndicat des avocats de France, le 8 juin 2026. La pression monte aux hautes sphères du pouvoir.



