A Conflans, le débat nécessaire sur « L’Abandon »
Le film L’Abandon a fait couler beaucoup d’encre; il est désormais important d’en débattre. Le cinéma Pathé l’a fait.
Au cinéma Pathé de Conflans-Saint-Honorine, le 19 juin 2026, le réalisateur et son équipe sont venus rencontrer un public avide de mieux comprendre cette tragédie à la française. Environ 200 personnes ont assisté à ce débat après la projection du film.
Le vendredi 19 juin à 19 h 00 s’est tenu, à Conflans-Sainte-Honorine, la projection-débat du film L’Abandon. Le film a débuté à 19h15, suivi d’un débat aux alentours de 20h40. Soulignons le caractère exceptionnel de cette projection : il s’agissait, à ce jour, de la seule projection en présence de l’équipe du film en dehors du Festival de Cannes.
Un débat a eu lieu après le film et le public présente a rencontré le staff du film :
- Vincent Garenq (réalisateur)
- Antoine Reinartz (acteur)
- Marion de Blaÿ (Productrice)
- Stéphane Simon (Auteur du livre et producteur)
Guillaume Creis, un critique du cinéma l’avait déjà souligné (1): L’Abandon est une chronique d’un engrenage annoncé. Ce nouveau long-métrage co-écrit et réalisé par Vincent Garenq (Au nom de ma fille, L’Enquête, Présumé Coupable), et inspiré du livre Les Derniers Jours de Samuel Paty de Stéphane Simon, L’Abandon, présenté en hors-compétition au Festival de Cannes 2026, raconte les onze derniers jours de Samuel Paty. Le professeur d’histoire-géographie, assassiné par arme blanche et décapité à la sortie du collège de Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre 2020, par un djihadiste tchétchène, pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.
Pour certains, ce film a le mérite de montrer et faire comprendre, en immersion, ce que signifie être prof dans la France des années 2020 : le prof est seul devant des multitudes de contraintes et des injonctions paradoxales au travail. L’institution, on peut le dire haut et fort, a abandonné un de ces « hussards » de la République. Dans le cas d’espèce, le professeur Paty n’avait fait que remplir sa mission et pour cela la tragédie est arrivée.
Au cours du débat, il est fort intéressant de noter qu’une classe du collège en question était présente; surtout, certains élèves ont fait un retour sur leur vécu et sur le film. Le staff de réalisateurs a bien accueilli ces propos et l’échange a été fructueux pour tout le monde. Une professeure du lycée a émis un bémol : [Elle] « aurait souhaité des éléments révélés lors du procès pour mieux comprendre les diverses logiques à l’œuvre.«
Ce type de débat encourage le producteur et le réalisateur pour la suite du film. En tout cas, espérons que ce film fera l’objet de débats partout en France. Un grand remerciement aux initiateurs et organisateurs de cet échange sur un fait de société qui symbolise la complexité de ce monde dans lequel nous vivons.
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