La victimisation permanente !
Les rapports entre la presse locale et les élus sont parfois conflictuels, mais la victimisation permanente de certains maires devient un outil de contre-attaque au lieu et en place de l’argumentation.
Le journal des 2 Rives a déjà vécu une quasi génération au nord des Yvelines. Depuis la fin de la COVID on se rend compte que certains élus ont choisi la victimisation et la dénigration permanentes au lieu de contre-argumenter.
Dans un monde Trumpien, l’état de droit et les institutions démocratiques ont été déstabilisés, voire détruits, progressivement. Pendant le siège de la Sécu américaine (SOCIAL SECURITY) à Washington, un des lieutenants d’Elon Musk agissait sans foi, ni loi. On l’a donné le surnom de « Big balls » car il osait tout : « imaginez un monde sans limites, sans lois. C’est nous » (DOGE ou DEPARMENT OF GOVERNEMENT EFFICIENCY). Selon leur vision du monde conceptualisé par John Perry Barlow(1), ces nouveaux chefs de la gestion gouvernementale se croient tout permis et osent tout au nom d’un futur efficace et forcément radieux.
C’est également la tentation locale du maire de Triel-sur-Seine, Cédric Aoun. Il a tout osé : nous faire croire à deux grands projets urbains « modélisés en 3D », mais jamais réalisés sur le terrain. Il restreint la diffusion des comptes et documents officiels aux élus minoritaires… sans raison juridique. Les comptes sont opaques, mais il fait illusion avec des graphiques top niveau. Les triellois avaient élu une équipe dynamique de 26 élus pour se trouver avec un maire despotique et gérant la ville comme l’on gère « un business« .(sic) D’ailleurs, il a perdu 14 de ces colistiers en moins de trois ans pour se trouver dans la panade à chaque conseil municipal depuis.
A chaque conseil municipal depuis décembre 2023, le maire Cédric Aoun se pose en victime d’un prétendu scandale démocratique. Selon lui, des dissidents de sa liste devaient démissionner(2); sinon l’intimidation, la dénigration étaient souvent utilisés contre eux. « J’ai des dossiers sur tous… » avait-il signalé à nos confrères du Courrier des Yvelines. Les triellois qui expriment un point de vue contraire au maire se voient radiés de la page Facebook officielle de la ville. Enfin, certaines associations comme Triel Environnement, Bien Vivre à l’Hautil, pour ne pas citer ces deux associations emblématiques de la ville, sont considérées comme adversaires plutôt que comme partenaires pour pouvoir avancer sur des dossiers structurels de la commune : l’environnement et le bien vivre partout dans la ville.
En réalité, les faits racontent tout autre chose. Une polémique fabriquée de toutes pièces, révélatrice d’une stratégie bien rodée de l’extrême droite : attaquer ses adversaires réels ou supposés, salir les journalistes, et tordre la réalité quand elle devient gênante. Comme M. le maire connaît bien le numérique et les réseaux sociaux, il pense maîtriser le débat public. Or, Internet ne peut pas être maîtrisé tout seul dans sa tour de Babel, même trielloise. L’exemple du Chemin des Picardes le démontre (3).
L’intérêt général est une affaire de tous
Ainsi, M. le maire met en oeuvre la même méthode désormais classique : frapper fort, salir, puis jouer les martyrs quand les faits résistent. Ses anciens colistiers l’ont souligné et l’ont fait savoir partout : c’est un super menteur et s’affabule avoir toujours raison contre tous; les deux litiges contre la Ligue des Droits de l’Homme, la limitation de circulation et la ligne jaune en face d’un bar café au centre-ville et le couvre-feu contre les mineurs de 17 ans en sont la preuve flagrante qu’il sème le chaos et puis il tente de ruser avec la règle de la République pour dire qu’il avait gagné… Dans sa pratique sur les réseaux sociaux (parfois avec plusieurs comptes ici et là), il peut insinuer qu’untel agit comme cela parce qu’il avait un différend contre M. le maire. Il veut s’accaparer l’intérêt général; or, l’intérêt général est une affaire de tous et ceci doit être expliqué, débattu, et légitimé par le fait démocratique d’une manière constante.
Le journal des 2 Rives rappelle pourtant une chose simple, basique, essentielle : le maire est un des acteurs principaux de la commune. Mais il ne dispose pas de tous les pouvoirs : le législateur, le juge et le préfet sont toujours des piliers de notre République. En outre, la presse s’emploiera à le faire savoir avec les moyens dont elle dispose. Le 10 décembre 2025, le maire de Triel-sur-Seine, suite à une demande d’interview, n’a pas voulu serrer les mains du directeur du J2R. Soit.
Dès qu’un média fait son travail — vérifier, relancer, publier les réponses reçues — il devient suspect. Dès qu’un journaliste refuse d’être un relais de propagande, il est accusé de militantisme ou de presse partisane. Dès que les faits dérangent, la presse devient l’ennemi. Ce n’est pas un dérapage. C’est une ligne politique.
Cette pratique s’inscrit dans une stratégie mondiale des élus qui se croient tout puissants et maîtres de l’Univers. Ils se montrent sans limites et sans valeurs humaines et/ou morales. Contraire à cette idée de la gestion communale, Albert Camus soulignait que « Faute de valeur supérieure qui oriente l’action, on se dirigera dans le sens de l’efficacité immédiate. Rien n’étant vrai ni faux, bon ou mauvais, la règle sera de se montrer le plus efficace, c’est-à-dire le plus fort. Le monde alors ne sera plus partagé en justes ou injustes, mais en maîtres et en esclaves.« (4)
Notes
- John Perry Barlow, « Declaration of the Independance of Cyberespace », 1990.
- Il avait fait signer un document dans ce cens là; mais ce document était et reste illégal devant la loi et devant la légitimité démocratique. Les triellois avaient élu une équipe qui avait ensuite élu un maire… donc la légitimité démocratique se base et se justifie par les voix de chacun(e) des élus de la majorité de l’époque.
- « Le Chemin des Picardes, un chemin de croix pour la municipalité de Triel », article publié sur le site Journal des 2 Rives, le 2 février 2026.
- « L’Homme révolté« , Albert Camus, Gallimard, 1951, 392 pages.



