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La peur doit changer de camp !


La vie politique internationale et locale  est marquée par une peur palpable chez les habitants/citoyens. Pourquoi ne pas inverser la donne ?

Le Trumpisme, une sorte de néo-populisme  domine la scène politique mondiale. Dans nos communes, la politique locale est également marquée ici et là de ce même phénomène de néo-populisme qui s’appuie sur le sentiment de peur. 

Lors du dernier Café philo à la Péniche de Triel, le 21 novembre 2025, on a abordé le thème « De quoi avons-nous peur ? » Dans sa dimension existentielle, « La peur est rendue possible par la fragilité de ce être fini qu’est l’humain. Si je peux avoir peur -de la maladie, de perdre mon emploi, d’être quitté par la personne que j’aime, etc.- c’est parce que je me sens fragile. »(1) On a peur du risque, du vide, de devenir bête… 

Sachant que nous sommes confrontés à cette question dans plusieurs dimensions (existentielles, anthropologiques, historiques, sociales et psychologiques) la réponse peut effectivement être multiple. Mais retenons la dimension politique de la question « De quoi avons-nous peur ?« .

Aux Etats-Unis Donald Trump a été réélu en s’appuyant sur la peur de l’étranger, de l’immigré : les Haitians, les Somaliens et surtout les Mexicains étaient ses cibles pour ses diatribes lors de ses meetings politiques. Désormais, avec ses milices d’ICE (Immigration and Customs Enforcement) il a instauré le chaos et la peur dans des quartiers paisibles de Minneapolis, de Portland et de Chicago… Dans notre chère ville de Triel-sur-Seine, le candidat de 2020 à la magistrature, Cédric Aoun s’était vanté à plusieurs reprises d’œuvrer contre « La PEUR » que ressentaient les Triellois. En particulier, lors d’une réunion, avant l’élection de mars 2020, pour évoquer l’avenir de l’HUDA où des réfugiés transitaient  pendant la procédure de traitement d’asile politique, il avait souligné que, lui, il ne voulait pas de réfugiés ici à Triel car « les Triellois ont peur ! » 

On sait que les leaders politiques ont intérêt à entretenir la peur (ou le sentiment de peur) pour dominer ou gouverner. Pour prendre les cas cités ici, la politique de fermeture des frontières et l’expulsion des immigrés sert Trump pour renforcer son aura de défenseur des Américains. Dans le cas de Triel, le maire a mis une série de mesures, dont celle d’augmenter les moyens humains et financiers; l’instauration du couvre-feu pour les mineurs de moins de 17 ans visait le « contrôle de la sécurité et la reprise du contrôle des mineurs par leurs parents... ». 

Cependant, le philosophe Bertrand Waldenfels souligne que « le désir et la peur [sont] des miroirs qui se complètent « . Il suffirait peut-être qu’assez de monde qui regardent incrédules des moments de panique et de chaos dans les villes américaines. Il est opportun également de réfléchir sur nos communes ici au nord des Yvelines et sur Triel, en particulier, sur la peur et son rôle de domination.  Inspirée par l’actualité US, la réflexion doit nous faire prendre conscience que le monde ne tourne pas rond.  « De quoi avons-nous peur ? » 

Il est salutaire de passer de cet état de sidération (la peur) à celui de désir de comprendre ses angoisses. Il faut noter qu’avoir peur consomme de l’énergie et finalement cela ne sert  à rien d’avoir peur. Dès qu’ un groupe de gens, voire tout un quartier arrive à cette conclusion… la peur change de camp : ainsi ceux qui ont été les ingénieurs du chaos et de l’instauration de la peur commencent à perdre leur domination et leur pouvoir de nuisance.  

Notes
1. « Ambivalence de la peur« , article de Yves Charles Zarka, 2018