Après un procès abracadabrantesque, Cédric Aoun a obtenu la relaxe.
Le 4 septembre 2026, au tribunal correctionnel de Versailles, a eu lieu le procès du maire de Triel-sur-Seine. Le 11 septembre le verdict est tombé : Cédric Aoun a été relaxé. (Photo Archives J2R)
Au Tribunal correctionnel de Versailles, le 4 septembre 2026 a eu lieu le procès de M. le maire de Triel-sur-Seine selon lequel ce dernier aurait commis « des faits de harcèlement sur une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire… ayant entraîné une incapacité de plus de huit jours. » Ces faits graves ont fait l’objet d’un débat contradictoire entre l’avocate de la plaignante et ceux de la défense. Le 11 septembre, M. Cédric Aoun a été relaxé.
Le 4 septembre à 14 h 30, la présidente Claire Andrieux a ouvert le procès dans une ambiance tendue lorsque le maire de Triel-sur-Seine, Cédric Aoun a été appelé à comparaître devant la Justice de la République : harcèlement sur une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire; en outre, le présumé harceleur était en position hiérarchique de domination car la victime Mme C. était (et est toujours) employée de la commune, sans oublier des gestes d’intimidation (utilisation des forces de la Police municipale et d’un détective privé pour la suivre….). La vérité devait éclater entre la version de la victime et celle du prévenu, Cédric Aoun.
Selon les propos de la procureure de la République, après les débats contradictoires, c’est difficile, voire redoutable « de constater les faits de harcèlement pris un par un« , mais lorsque l’on réunit ces gestes comme dans un puzzle et dans une chronologie pertinente, les pièces du puzzle dessinent une perspective générale : la répétition de gestes; l’intimidation d’un supérieur sur une subordonnée; l’effacement progressif de cette dernière pour « la mettra au banc de la société. » Cédric Aoun avait écrit un message éclairant, lors de l’analyse de ses propos échangés avec la plaignante que « le job a été fait!« .
Ensuite, un comportement toxique entre les deux protagonistes a conduit à une histoire d’amour qui a fini mal et dans une ambiance abracadabra-dantesque : la victime Mme C avait contribué à la victoire politique de M. Aoun en 2020 et elle avait également été son appui logistique et de communication pour les élections cantonales où M. Aoun avait franchi la barre de 80 %, à Triel-sur-Seine. La plaignante est devenue son bras droit à la mairie de Triel-sur-Seine : l’apothéose a eu lieu lors de la cérémonie d’inauguration de la place Philippe Prévost.
Cette même année a marqué le début de la fin de leur idylle secrète et de cette liaison dangereuse entre employée et employeur. Ce mélange de genre « était une erreur » a admis le maire de Triel-sur-Seine devant la juge. Mais, il a agit, par la suite, pour le bien-être de Madame C. : « Je voulais que [Mme C] soit digne comme employée de la commune; (NDLR : selon le maire Mme C. aurait eu un comportement déviant d’une alcoolique], cela lui faisait mal de voir Mme C. s’auto-détruire ! » Ainsi, M. le maire est intervenu à plusieurs reprises dans des espaces publics et aux alentours de la maison de la plaignante.
De toute façon, ce rapport de force entre M. le maire de Triel et Mme C. s’est caractérisé par de l’ambiguïté, voire par le déséquilibre entre les deux parties. Depuis leur rupture, fin 2023, des échanges écrits malsains via les réseaux sociaux, des visites sur le lieu de l’activité associative (Pôle danse dans une des bâtiments du parc municipal), des intrusions dans la sphère privée de la plaignante ont largement dominé les débats ce 4 septembre 2026. Pour l’avocate de la plaignante, Cédric Aoun « a outrepassé ses fonctions du maire car il a eu le sentiment de toute puissance; » tandis que les avocats de la défense ont fait valoir l’obsession du maire pour l’intérêt général car il fait du terrain 24 heures sur 24 et 7 jours sur sept. Quant à l’utilisation du détective privé, payé par la budget de la commune, c’était la faute « aux services de la ville » qui lui avaient conseillé de vérifier la véracité de l’arrêt maladie de Mme C par ce moyen. La juge a rétorqué : « Pourquoi lui et non pas les institutions dédiées comme la Sécurité sociale ?
Après les interrogations précises de la juge, M. Aoun a concédé et a souligné « une erreur de gestion » de débutant. Mais, pour les autres chefs d’accusation, il n’était pour rien. Selon les avocats du maire de Triel, il a voulu bien remplir sa mission de maire : « Cédric Aoun représente la parfaite intégrité, [et] incarne l’intérêt général » et agit pour sa commune. Certes, il a commis une erreur ici et là notamment « par son inexpérience politique ». A son tour, la procureur de la République a demandé la condamnation du maire avec une peine de quatre mois de prison avec sursis et deux ans de privation des droits civiques (donc d’inéligibilité) avec sursis. En revanche, les avocats du maire ont plaidé la relaxe car on peut s’interroger sur « qui a commencé l’escalade de harcèlement ?« . Pas l’accusé selon les avocats de M. Aoun.
En conclusion, M. Aoun a agi pendant une période euphorique où tout lui a réussi : victoires électorales, conquêtes amoureuses, mise en œuvre de sa politique locale. Parfois, pour réussir il faut griller la ligne jaune, mais sans toucher la ligne rouge. Pour se dédouaner il a déclaré à la juge « Je ne suis pas celui qui aurait fait cela« . Lors de la lecture du verdict, le 11 septembre 2026, la juge a été convaincue par les arguments de la défense et a prononcé la relaxe de M. Cédric Aoun, maire de Triel-sur-Seine. Le parquet de Versailles peut toujours faire appel de la décision.



