Repenser nos villes
Voici une contribution citoyenne. Il s’agit d’un court extrait de mon livre L’écologie de la Bonté à ce propos.
Transformer nos cités est une urgence sociale et écologique absolue. Imaginons des villes vertes et vibrantes, traversées par des rubans bleus (les fleuves et les rivières), où l’on pourrait respirer sainement, produire de la nourriture et se rencontrer au cœur d’environnements presque naturels… Pour bâtir ces écosystèmes résilients et nourriciers, les urbanistes et les architectes ne peuvent plus agir seuls. Une approche transdisciplinaire est nécessaire, intégrant des experts du vivant, des ressources et du lien social. Voici un tour d’horizon des spécialités dont nous aurons besoin pour bâtir les villes de demain :
Les experts du vivant et de la biodiversité : des paysagistes concevraient la trame verte et bleue comme une infrastructure vivante capable de rafraîchir la ville ; des écologues urbains s’emploieraient à recréer des corridors biologiques, choisiraient des essences indigènes et favoriseraient le retour de la faune sauvage ; des arboristes veilleraient à ce que les jeunes pousses d’aujourd’hui deviennent les géants protecteurs de demain.
Les acteurs de la ville nourricière : des agriculteurs urbains déploieraient des vergers gratuits, des potagers en toiture et des fermes professionnelles ; des maitres-composteurs boucleraient le cycle de la matière organique au sein même des quartiers pour enrichir les sols des jardins partagés.
Les ingénieurs des flux et de la résilience : des hydrologues transformeraient nos cités en « ville-éponges » pour garantir une eau propre et prévenir les inondations ; des ingénieurs en mobilité douce repenseraient la « circulation aérée » en donnant la priorité aux vélos et aux piétons, réduisant ainsi la pollution sonore et atmosphérique ; des spécialistes du biomimétisme s’inspireraient des systèmes naturels pour concevoir des façades et des matériaux de construction autorégulateurs.
Les artisans du lien social : des médiateurs urbains et chargés de participation citoyenne travailleraient avec les habitant·e·s pour le bon fonctionnement des toits verts et des jardins partagés. Des programmateurs urbains proposeraient de nouveaux usages des espaces pour s’assurer qu’ils restent ouverts, vivants et inclusifs.
Bien sûr, de nouveaux métiers de la ville émergeront, pour assurer le suivi opérationnel de la biodiversité et de l’énergie à l’échelle locale, ou pour garantir des espaces verts accessibles à tous (handicap, âge, genre). Si ces expertises existent déjà, la transition est encore trop lente. Gageons que les populations décident de prendre en main leur cadre de vie, afin de sortir de ces horizons gris et minéraux, saturés de pollutions. Les progrès technologiques doivent servir ici à inventer de nouveaux types de transports et d’habitations, plus écologiques et adaptés aux changements climatiques.



