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Forêt de l’Hautil : coupes de bois sans concertation et sans contrôle

Début de l’année 2026, plusieurs promeneurs et randonneurs ont donné l’alerte et certaines associations environnementales se sont saisies de l’affaire à Vaux-sur-Seine dans le zone dite de la grande fondée, prés de la départementale D 922.

Depuis l’affaire Petit Didier, la forêt de l’Hautil côté de la commune de Vaux-sur-Seine n’a pas connu une affaire d’abattage d’arbres d’une telle magnitude : environ 10 hectares de forêt ont été « coupés » sans aucune concertation. Certes le propriétaire privé a déposé son Plan Simple de Gestion de forêt ce qui représente un service minimum. Mais, pour les associations environnementales, si cela continue, ce type d’abattage et débardage d’arbres créé l’anarchie et montre une certaine opacité dans la gestion de la forêt de l’Hautil (1200 ha).

Des troncs d’arbres ont été empilés au long de la RD 922 après cet abattage massif. (DR)

En prenant la D-922 de Meulan-en-Yvelines à Boisemont, on traverse une partie de la forêt de l’Hautil, notamment dans les communes d’Evecquemont et de Vaux-sur-Seine. Dans cette commune, dans le lieu dit de la Grande Fondée, un propriétaire foncier et forestier a décidé d’abattre des arbres avec zèle sur une zone de 10 ha. Cela a eu lieu pendant l’hiver 2025, mais l’impact visuel et écologique restera pour des longues années à venir.

Tirer la sonnette d’alarme

Des associations environnementales ont tiré la sonnette d’alarme et elles ont contacté les acteurs concernés par cette coupe inopinée des bois sur une surface d’environ dix hectares en zone NEBC (espaces naturels, boisés classés), dans le périmètre du Parc naturel régional du Vexin (PNRV), commune de Vaux-sur-Seine dans les Yvelines, sur les terrains appartenant à un particulier (M. B) au niveau de la Grand Fondée et sur plusieurs parcelles le long de la route départementale 922 sur les cotés droits et gauches de cette route reliant Meulan-en-Yvelines à Boisement.

D’abord, la déclaration des travaux pour l’abattage des arbres a été déposé le 10 mars 2025 sous le numéro de dossier D25-09-22 par la société forestière du Thymerais. (Voir photo ci-dessous) La commune de Vaux-sur-Seine a transmis le dossier auprès des autorités compétentes dont la direction départementale des Territoires des Yvelines (DDT78). Quant aux travaux, ils auraient dû commencer le 10 mars 2026 et terminer le 31 mars 2026. En réalité, ces travaux d’abattage et de débardage d’arbres ont eu lieu au quatrième trimestre 2025. Une raison probable de ce décalage était la méthode de sous-traitance en cascade qui s’exerce dans ce type de chantier.
Un des sous-traitants (la société BEMA) a bien confirmé que « les travaux d’exploitation forestière ont été effectués pour une autre entreprise, elle-même sollicité par le propriétaire privé de la parcelle… qui doit être le donneur d’ordre. » En outre, BEMa avait également pour mission de récolter du bois dépérissant ainsi que « pour la mise en sécurité des bords de route. » (NDLR D922 : sur des terrains de compétence du département des Yvelines).

Forêt non gérée et risque de mettre à mal sa pérennité

Qui contrôle la mise en conformité des travaux ? Qui contrôle la conformité du PSG par rapport aux résultats ? Dans quels délais ? Cinq, dix, quinze ans ? Personne ne contrôle cette filière; on peut l’affirmer d’une manière non équivoque. Des associations ont sollicité l’Etat par l’intermédiaire de la DDT78/FCMN sur « ces importantes coupes de bois qui étaient en train de se faire sur la forêt de ‘Hautil« . Réponse laconique de la Direction départementale des Territoires 78 : « Cette coupe est incluse dans le cadre d’un Plan Simple de Gestion (PSG)… et ne nécessite pas de formalité administrative. » (février 2026). Quid du PSG ? C’est un document qui précise la nature et le nombre d’arbres à abattre. Pourquoi avoir abattu tous les arbres d’une manière massive ? C’est l’opacité totale car ce document « à caractère privé » n’est pas consultable par des tiers. (1) Qui contrôle l’état de la biodiversité après cette coupe hâtive ? Peut-on envisager de réalise une étude préalable de l’état de la faune/fleur ? Quid de la zone rouge en raison des carrières ? Le responsable de la CNPF(2) à Orléans, censé récolter tous les déclarations de style PSG, n’a pas souhaité, le 11 juin 2026, répondre aux questions du J2R sur ce dossier. « Je n’ai pas d’obligation de vous répondre » a-t-il souligné.

Quant au département des Yvelines, propriétaire de certains arbres qui ont été inopinément coupés, la réponse était d’une banalité : « Les coupes ne sont pas sur les emprises routières du département mais sur des parcelles privées contiguës. Elle ne sont pas non plus dans un Espace Naturel Sensible (ENS). » (3) Or, justement, on examinant le cadastre, certaines parcelles appartiennent au département des Yvelines : notamment les dix parcelles sous le trait couleur vert ci-dessous. (cf. photo ci-dessous). De plus, on peut imaginer que les abattages de ce genre permettent au département d’enlever la charge de mise en sécurité de la route : des bois en dépérissement constituent un danger pour la circulation. En parallèle, le parc régional naturel du Vexin n’a pas suivi ce dossier épineux. Certes, la compétence n’est pas bien définie entre celles de la commune et celle du parc en matière de préservation du patrimoine forestiere.

Le périmètre de l’abattage des arbres comprend 10 ha dans le lieu dit de la Grande Fondée, à Vaux-sur-Seine. (DR)

Six mois se sont écoulés depuis l’arrêt de ce chantier et l’on peut conclure que ce type d’abattage est, certes, légal mais qu’il pose de véritables questions pour la pérennité de la forêt, véritable poumon du Vexin et, au-delà, de la région Île-de-France. Ces agissements de particuliers qui se basent sur le droit « inviolable de la propriété privée » vont à l’encontre de l’intérêt général en termes de préservation de la biodiversité et surtout du contrôle et la bonne gestion de la forêt de l’Hautil. En outre, les défenseurs de l’environnement demandent de la concertation. De par ce manque de responsabilisation des autorités compétentes, la forêt de l’Hautil n’est pas gérée à l’aune des défis du 21e siècle.

Il serait temps de mettre un document territorial contraignant les acteurs publics et privés à rendre public et, par conséquent, de rendre plus transparent des actions d’abattage d’arbres dans une forêt qui est et restera le patrimoine naturel des habitants des communes du Vexin et, a fortiori, des communes franciliennes. Des associations environnementales réclament un guichet unique pour traiter ce phénomène et davantage de contrôle de l’Etat. Des exemples existent à Rambouillet et à Montmorency.

Déclaration des travaux d’abattage d’arbres, 10 mars 2025.

Notes

  1. Echange téléphonique avec Mme Christine Vacandare le 12 juin 2026.
  2. Centre National de la Propriété Forestière est un établissement public à caractère administratif qui est sous la tutelle de l’Etat. Ce centre centralise et traite tous les dossiers administratifs liés à la gestion de la forêt à caractère privé. La forêt privée tient une place centrale au sein de notre société, puisqu’elle représente 75 % du couvert forestier français, et appartient à plus de 3,3 millions de citoyens.
  3. Réponse du 4 mars 2026 à l’association DEFSIT.