L’école de l’inclusion, un équilibre à trouver avec tous et pour tous…
Les tables rondes autour de l’handicap, des troubles DYS et duTDAH en milieu scolaire ont eu lieu à Vernouillet le 13 avril 2026.
A Vernouillet, à la salle Florentine-Enault, le public présent s’est assis sagement le 13 avril 2026 pour écouter, échanger et débattre sur l’école de la République et l’inclusion. Lors de chaque table ronde, Isabelle Idary (PEEP de Vernouillet) a encadré les débats avec brio afin d’aborder les défis de l’inclusion dans un monde de plus en plus complexe. La question de fond est de savoir si l’inclusion a-t-elle atteint ses limites ? Ensuite, quelles perspectives pour cette politique publique ? Pour le député Aurélien Rousseau, il est temps de « se dire des choses » afin d’apprendre et se comprendre sur ce sujet ô complexe et plein d’humanité.
La première table ronde a mis la toile de fond du débat. Florence Allora (Inspectrice de l’Éducation Nationale – ASH), Abdelmouneim Benamer (Principal du collège Jean-Zay), Mme Marion Lambert (Directrice de l’école élémentaire du clos des Vignes) ont caractérisé le résultat et la pratique réelle de cette politique publique instaurée il y a presque 25 ans.
Ecouter, échanger et débattre pour construire ensemble
Dans les Yvelines, cela concerne 5223 élèves (2,7 % de l’ensemble des élèves). La moitié de ce nombre est accompagnée par un(e) assistant(e) aesh(1) avec deux-tiers en aide mutualisée et l’autre tiers en aide individualisée. Tout ce dispositif, complexe par définition, fait parti d’un financement croisé entre l’Education nationale, l’Agence régionale de la Santé et le département des Yvelines sans oublier l’apport conséquent des communes. Mme Allora a souligné que l’objectif est de répondre à tous les besoins des élèves pour permettre à ces élèves de réussir leur autonomie de l’école primaire au lycée. Pour compléter, M. Benamer, principal du collège Jean-Zay, a mis en avant l’autonomie recherchée pour ce groupe d’élèves en situation de handicap. Cependant, cette pratique de l’inclusion « est une entreprise laborieuse et l’offre doit être en évolution permanente« . En outre, agir solidairement est également un objectif de l’inclusion dans la classe, dans l’école et dans tous les établissements de la circonscription de l’éducation nationale. Pour les fédérations de parents d’élèves, selon la PEEP, « le but de cette rencontre était de construire ensemble, avec tous les pôles présents (psychologues, travailleurs sociaux, élus), des solutions pour l’avenir de nos enfants.«
Cette aide dite de compensation fait l’objet d’une demande spécifique sur Internet ou via un réseau dédié à traiter ces demandes. En clair, cette demande augmente de 10 % à 15% par an ce qui conduit à embaucher de plus en plus d’accompagnants, sauf que le niveau de salaire est bas et cela conduit à un grand turn-over dans le secteur. En clair, tous les acteurs de l’inclusion au sein de l’éducation nationale devraient travailler ensemble pour pouvoir être efficaces par rapport aux objectifs fixés il y a quelques années.

Lacunes et défis
Des défis et des lacunes ont été également illustrés lors de la 2e table ronde et des séquences d’interactions avec le public (questions/réponses). Composée de M. Simon Kieffer (Directeur Départemental de l’Agence Régionale de Santé), M. Florent Rogie (Directeur Académique Adjoint de l’Éducation Nationale), Mme Johanna Berland (Directrice de la Plateforme de détection de l’autisme – Handi Val de Seine), M. Emmanuel Souriau (Directeur de l’autonomie de la MDPH), M. Yves Tannou (Responsable du département Autonomie – Délégation départementale de l’ARS 78), cette table ronde a abordé plusieurs sujets de haute importance pour les parents d’élèves fort nombreux à cette soirée. Quant à l’égalité de chances, il faut relativiser les performances affichées dans les Yvelines : selon le témoignage d’une mère de 5 enfants, le département du 92 « avait tout pour l’inclusion… » Le traitement des dossiers est trop long pour certaines familles : six mois et non pas trois et demi comme expliqué par M. Souriau. Il faut éviter la plateforme Internet pour obtenir le sésame; il vaut mieux aller sur le pôle dédié du réseau départemental (1 est situé à Verneuil-sur-Seine). Des cas de harcèlement, de violences de certains élèves souffrant conduisent à s’interroger sur les possibilités d’amélioration de certaines pratiques. A Jean-Zay, par exemple, « on essaie de faire comme si tout allait dans les meilleurs du monde, mais, parfois, un élève peut baisser les bras…« a expliqué le principal du collège à Verneuil-sur-Seine.
Le député Aurélien Rousseau a provoqué le débat avec ses remarques : même si l’on peut être admiratif du virage pris pour mettre en place cette politique publique de soins, « est-ce que l’on est assez entendu par les acteurs/partenaires… ou est-ce qu’il faudrait faire des ajustements ? » Certains parents ont préconisé la rédaction d’un livret d’inclusion; le mise en place d’un système « de parents/parrains » ou « parents ambassadeurs ». Aider les parents concernés à surmonter cette course d’obstacles, se rapprocher des enseignants pour créer les conditions de coopération et de bonnes pratiques ont été évoqués lors des échanges entre les représentants de l’Education nationale et de l’ARS et du département des Yvelines. M. Simon Kieffer (ARS), M. Florent Rogie (Éducation Nationale) ont donné parfois raison aux parents d’élèves et surtout dans la phase de diagnostic et puis la mise en place des dispositifs à l’échelle locale. Il faudra accélérer l’accès à l’éducation pour ces groupes d’élèves en situation de handicap« .
Equilibre à trouver sans oublier des moyens budgétaires
Mais cela s’heurte aux problèmes des moyens. Peu sont attirés par la vocation de devenir des AESH à la fois par le niveau de salaire et le statut précaire de cette activité. Lors de la dernière table ronde, M. Cédric Aoun, maire de Triel-sur-Seine, a affirmé que les moyens manquent « afin de mettre en place des solutions innovantes ». Dans le temps qui court, selon son analyse, cela ne va pas s’améliorer. Sur le plan pratique, le maire de Triel a préconisé « un ratio de tolérance pour des enseignants » car beaucoup souffrent de stress dans le cadre de leur travail à l’école inclusive. En outre, en jetant un œil à certaines pancartes affichées par des parents présents à la soirée, M. Aoun a souligné que, par manque de moyens budgétaires, certains maires sont ou seront obligés « de fermer des classes, voire fermer des écoles ». (NDRL : la fermeture de l’école Kosma à Verneuil-sur-Seine).
Quant à Pascal Collado, maire de Vernouillet et le régional de l’étape, il a décliné l’inclusion par tout et pour tous : dans les écoles, au sein du personnel communal, dans la vie quotidienne… Sa politique a consisté à mettre en place des classes avec des effectifs minorés (24 élèves par classe) en s’appuyant sur la politique d’inclusion. Il a favorisé les rapprochement parents/enseignant/institutions ARS/Education nationale pour que l’inclusion soit effective et efficace : « Il y a une place pour tous« , malgré les déboires de l’école Annie-Fratellini à Vernouillet (pas de AESH malgré la demande répétée des parents/enseignants aux institutions compétentes).
Le moment de vérité est là comme c’était le virage pris il y a près de vingt ans. Le député Rousseau l’a explicité d’une manière claire : « On a tous fait des efforts pour que cela fonctionne« , mais il est temps de s’interroger si l’on est pas arrivé au but d’un système qui a provoqué unesorte d’épidémie de la demande. Les institutions, les parents, les enseignants, les politiques sont-ils allés trop loin ? Non si l’on croit aux deux mères qui ont témoigné pour dire leur satisfaction de leur parcours réussi de l’inclusion de leurs enfants dans l’école de la République. Est-ce que ces deux exemples font partie de l’exception à la règle ou le cas général ? Voilà une bonne question pour le prochain débat dans une des communes de la Vallée de la Seine.
Achevé le 15 avril 2026

Note :
- Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont des personnels chargés de l’aide humaine. Ils ont pour mission de favoriser l’autonomie de l’élève en situation de handicap, qu’ils interviennent au titre de l’aide humaine individuelle, de l’aide humaine mutualisée ou de l’accompagnement collectif. Les AESH sont des personnels sous contrat de droit public de catégorie B, recrutés sur critères de qualification professionnelle.


