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J2Retro : Triel-sur-Seine – Le promoteur ADIM abandonne le projet «Les Tilleuls» à Triel

Légende : Depuis 2014, l’incertitude règne sur l’avenir de ce site emblématique de Triel-sur-Seine. (J2R)

Cet article avait été publié sur le J2R, numéro 142, février-mars 2019, page 20, Voici le lien vers la totalité de l’édition.

Le site de l’ancienne maison de retraite «Les Tilleuls» est emblématique de Triel : l’urbanisme et le passé sont intermêlés. Le promoteur ADIM, filiale de Vinci, a décidé de ne pas donner suite à sa promesse de vente pour acquérir ce site en vue de la réalisation d’un projet de 80 logements, selon le permis de construire de septembre 2018.

Depuis quelques semaines, la rumeur circulait dans le microcosme triellois : le projet de construction de logements sur le site de l’ancien EHPAD de Triel, «Les Tilleuls», aurait du plomb dans l’aile. En outre, les 130 utilisateurs actuels de ce bâtiment, des demandeurs d’asile, se sont interrogés sur la pérennité de ce centre d’hébergement d’urgence (CHU). En septembre
2018, le permis de construire déposé par l’ADIM a confirmé la fin d’une époque : avec la signature par l’adjoint à l’urbanisme de
Triel-sur-Seine du permis de démolir les bâtiments existants et de construire un ensemble de 80 logements en lieu et place de l’ancienne maison de retraite, il était envisagé de sacrifier à la volonté de continuer une urbanisation, que ne veulent pas de nombreux Triellois mobilisés depuis novembre 2018, la jugeant désordonnée et irresponsable.

Sans préjuger de la suite juridique du contentieux entre les huit voisins et l’initiateur du permis de construire, l’ADIM, filiale de Vinci, a jeté l’éponge en tant que maître d’oeuvre de ce projet avorté. L’information a été dévoilée lors de la cérémonie de voeux à Triel, le 11 janvier 2019, au cours de laquelle le maire, Joël Mancel, avait expliqué que les réfugiés «allaient rester» dans le bâtiment actuel. Nous pouvions en déduire que le projet de l’ADIM ne se réaliserait pas. Quelques jours plus tard, le maire a été interrogé par certains habitants du voisinage pour avoir plus d’éléments. Selon le maire, la société ADIM n’avait pas réussi à
se mettre d’accord sur le prix de vente du site avec le propriétaire, l’EHPAD de Sartrouville. Informé par la sous-préfecture, le promoteur ADIM a, alors, décidé de ne pas donner suite à son projet. La date limite pour l’option d’achat était le 31 décembre 2018.
Etant donné le nombre de voisins qui contestaient le permis de construire, le promoteur n’était pas en mesure d’engloutir des
moyens financiers pour un projet fragilisé par un mouvement de contestation de fond à Triel-sur- Seine. En outre, il aurait également fallu résoudre le problème de consolidation des sols. Certes, le promoteur n’a pas fait de communication
officielle sur cet abandon, mais le silence est révélateur d’une situation inconfortable sur ce dossier. Il pourrait transférer à
l’un de ses confrères ce projet qui, toutefois, n’étant pas « purgé de ses contentieux » juridiques, n’a quasiment aucune valeur.

Quelles sont les perspectives de ce projet ? L’avocat-conseil des auteurs du recours a soulevé la possibilité offerte au promoteur de
transférer le droit de construire à un tiers promoteur. Prudence et vigilance devraient être au centre de l’action des habitants de la rue Charles Dupuis à Triel-sur-Seine. Il convient, par ailleurs, de s’interroger sur la possibilité de mettre en oeuvre une concertation, comme cela a été fait pour le projet du Parc municipal. C’est un moment fatidique pour Joël Mancel, maire de Triel : il n’est pas trop tard pour qu’il applique à ce projet son idée de « faire participer tous les Triellois ».