Le maire de Triel fête sa victoire avec ses abonnés
Cédric Aoun a été réélu maire de Triel-sur-Seine, dimanche 15 mars 2026, avec 59,74% des voix. Il a annoncé sa victoire à ses abonnés Facebook et fêté l’événement sur la place Philippe-Prevost. Lundi soir, il ne s’était toujours pas adressé aux Triellois.
Bénéficiaire de la fameuse prime qui a permis à 86% des maire sortants d’être réélus en France en 2020 (selon le Centre de recherches politiques de Sciences Po), Cédric Aoun était le favori du scrutin dimanche 15 mars 2026. Il a été réélu avec 59,74% des suffrages (soit 3179 voix pour la liste Triel c’est vous), loin devant la seule liste concurrente, Ensemble pour Triel menée par Michel Berthomieu (40,26% soit 2142 voix). Si le taux d’abstention (39,36%) est inférieur à celui de 2014 (42,41%) et très loin du record de 2020 (56,2%), les 3522 abstentionnistes de 2026 sont plus nombreux que les électeurs du vainqueur. Il faut y ajouter une centaine de bulletins blancs ou nuls.
En l’emportant avec un peu plus de mille voix d’écart, Cédric Aoun échappe à un examen approfondi de sa campagne par la commission électorale. Son adversaire ne déposera pas de recours. Lundi 16 mars vers 14h, Michel Berthomieu a adressé un message aux Triellois qui ont « fait le choix de reconduire, de manière assez nette, le maire actuel dans ses fonctions. Nous en prenons acte et nous acceptons ce choix démocratique. »
Cédric Aoun : « C’est moi qui paye ! »
La tête de liste d’Ensemble pour Triel et son équipe annoncent être « prêts » à endosser le rôle de chef de file de l’opposition. « Le mandat municipal est long. Il exige de la vigilance, de la présence, de la ténacité », a écrit Michel Berthomieu. Dans un message commun, son équipe a reconnu sa « déception » mais refusé « la résignation. La démocratie ne se limite pas à un vote : elle vit par l’engagement citoyen, la vigilance et l’action. » Et d’annoncer la transformation de la liste en collectif pour « continuer à porter une voix libre, exigeante et déterminée. »
Il a fallu attendre un peu plus de 10 heures lundi matin pour que les résultats officiels soient publiés sur le site internet et sur la page Facebook de la Ville. Il faut croire que le Community manager du service communication n’était pas d’astreinte dimanche soir. Cédric Aoun a annoncé sa réélection en s’adressant uniquement aux abonnés de sa page, leur donnant rendez-vous place Philippe-Prevost à 22h30, dimanche, où il a réalisé un « live » dont il a le secret, en compagnie de ses colistiers et quelques soutiens. « Rassurez les administrés, c’est moi qui paye ! » a insisté le maire réélu avant d’improviser un « discours théorique » (sic) sur « une campagne difficile. »
Que va-t-il faire de cette majorité retrouvée ?
S’il a eu beau jeu de s’en prendre à nouveau, semble-t-il, aux publications du J2R, le bilan de la mandature passée va peser lourd à l’heure d’entamer la nouvelle. Il est certainement plus confortable d’en affronter les conséquences éventuelles avec le statut de maire. Mais il ne peut être renié aussi facilement que Cédric Aoun s’autorise une blague raciste « en live » sous prétexte qu’il est « 25% libanais ».
Avec 27 sièges au conseil municipal (6 pour l’opposition), le maire de Triel-sur-Seine va retrouver une majorité perdue il y a trois ans. Il reste à voir ce qu’il va faire de cette liberté budgétaire et combien de temps durera l’état de grâce de sa réélection. Il y a 6 ans, l’euphorie de la victoire s’était envolée dès le conseil municipal du 9 juillet 2020. Quand son équipe avait constaté qu’il avait décidé, sans même les prévenir, d’augmenter les indemnités du maire et de baisser celles des adjoints et conseillers municipaux délégués.



