Le maire-candidat de Triel semble prêt à tout pour garder son poste
Légende photo (capture Facebook) : Dès le 3 février 2026, le candidat Cédric Aoun a fait campagne dans les locaux de la police municipale, l’une des infractions flagrantes au code électoral de ces dernières semaines.
Dans une vidéo de 6 minutes, lundi 9 mars 2026, le maire de Triel-sur-Seine s’est exprimé sur « le lynchage » qu’il subirait « depuis des semaines ». Si le message a ravivé la ferveur de ses abonnés, le contenu souligne les contradictions d’un candidat en roue libre, prêt à tout pour garder son poste.
329 likes, 152 commentaires et 47 partages. « On te soutient. » « Courage. » « Vous êtes le meilleur maire depuis des années. » « Triel revit grâce à vous. » Si l’interaction de Cédric Aoun avec ses abonnés semblait en berne depuis l’annonce du report de son procès pour harcèlement, elle a repris de la vigueur depuis lundi 9 mars 2026. Les trémolos dans la voix et les yeux larmoyants, le maire de Triel-sur-Seine s’est épanché pendant 6 minutes sur « le lynchage » qu’il subirait « depuis des semaines. » Après quelques digressions sur son statut « d’électron libre » de la politique en lutte contre « le fonctionnement des partis », il a appelé à la mobilisation, dimanche 15 mars, pour ne pas mettre en péril « l’alchimie instable » de son action.
Cédric Aoun : « Arrêter de diffuser des saloperies »
Il a aussi livré le récit d’une confrontation avec sa liste concurrente qui mériterait des éclaircissements. A notre connaissance, les deux listes ont partagé au moins une fois un lieu de « tractage », samedi 7 mars aux Châtelaines. « Ensemble pour Triel » y tenait l’un de ses rendez-vous annoncés sur les réseaux et « Triel c’est vous » a choisi de se poser à l’entrée de la boulangerie au cours de la même matinée. C’est à ce moment là que Cédric Aoun aurait demandé à Michel Berthomieu « d’arrêter de diffuser des saloperies qui sont diffusées en permanence », comme le maire de Triel le révèle dans sa vidéo du 9 mars. « Ensemble pour Triel » n’a pas « souhaité commenter ou intervenir dans la presse à ce stade de la campagne. » Les colistiers de « Triel c’est vous » auraient reçu pour consigne ne pas parler au J2R.
Le 7 mars, il avait déjà écrit sur sa page Facebook un message intitulé « Une campagne électorale indigne » où il affirmait : « Des propos à caractère diffamatoire ont été diffusés par mes opposants, me contraignant à saisir la justice pour défendre mon intégrité. » Quel propos ? Quels opposants (« Triel a du talent », « Triel autrement », « Vivre ensemble à Triel » et « Engagés pour Triel ») ? Tous ou presque ont publié leurs bilans du mandat 2020-2026 sur les réseaux. Il est à noter qu’aucun conseiller municipal d’opposition ne figure sur la liste « Ensemble pour Triel », menée par Michel Berthomieu. A priori, la perspective d’un nouveau mandat de 6 ans aux côtés du maire sortant, qu’il soit dans l’opposition ou dans la majorité du prochain conseil municipal, ne les enchantait guère.
Etrange intrusion à la boutique « Côté gare »
Bien sûr, on aura compris que ce sont les articles du J2R qui sont dans le viseur de Cédric Aoun, même s’il préfère entretenir le flou, peut-être pour que ses abonnés ne consultent pas cet autre bilan de sa mandature. Sa visite impromptue, mardi 10 mars vers 16 heures, dans les locaux de la boutique « Côté gare » tenue par Rodrigo Acosta, figure emblématique du J2R, nous le confirme et nous oblige à répondre. Selon le témoignage de la femme qui tenait seule la boutique à ce moment-là, alors que Rodrigo Acosta venait de partir, Cédric Aoun est entré avec la caméra de son téléphone allumée, sans même se présenter, en répondant vouloir « récupérer des tracts » à son interlocutrice. Reconnu en tant que maire et questionné sur ses intentions, Cédric Aoun a quitté la boutique sans plus d’explication. Les intéressés entendent signaler cette étrange intrusion aux autorités compétentes.
Par ses actes et ses propos dans la dernière ligne droite de la campagne, Cédric Aoun ne fait que confirmer son caractère autoritaire et manipulateur. En se présentant comme un « électron libre » (vidéo du 10 mars), il contredit le contenu d’un programme « financé et sécurisé », voire « négocié » avec des partenaires institutionnels mais « sous réserve » de sa réélection. Dans sa vidéo de campagne sur les finances, jeudi 12 mars 2026, il a de nouveau présenté la Chambre Régionale des Comptes comme un outil de validation politique de ses budgets rejetés par le conseil municipal en 2024 et 2025. Soit il ignore le principe d’indépendance des collectivités garanti par la Constitution, soit il le sacrifie sur l’autel de sa communication toute puissante. « Pathétique » est l’adjectif employé par Jean-Pierre Houllemare pour qualifier la déambulation larmoyante filmée en contre-plongée de Cédric Aoun. A 83 ans, le maire honoraire de Triel a lui aussi dressé un bilan sans concession du mandat 2020-2026, avec une plume qui témoigne d’une vivacité d’esprit intact.
« Triel c’est vous » en première partie des concerts de la Saint-Patrick
« J’invite mes adversaires à défendre des idées et un programme plutôt que de s’engager dans une campagne délétère. Notre démocratie mérite un débat sain et respectueux ! » a osé Cédric Aoun dans la publication du 7 mars, épinglée encore ce matin en Une de sa page. Quand on se souvient que le maire de Triel, candidat officiel à sa succession depuis le 30 janvier, a commencé sa campagne avec une vidéo (le 3 février) dans les locaux de la police municipale en utilisant les termes de « charlatan » et « abruti » pour désigner le programme de ses adversaires, la requête interpelle. D’autant plus qu’il amultiplié les infractions au code électoral de manière flagrante depuis des semaines (vidéos de campagne à son bureau, édito du dernier Triel Mag) et refusé le prêt d’une salle à la liste « Ensemble pour Triel ». Il s’apprête désormais, avec sa liste « Triel c’est vous », à passer en première partie des concerts de la Saint-Patrick, au coeur de la place Philippe-Prevost, vendredi 13 mars 2026, à quelques heures de la clôture officielle de la campagne.



