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Harcèlement : Cédric Aoun dénonce « une tentative d’instrumentalisation de la justice »

Suite à un article du J2R, une explosion de réactions a eu lieu dont celle de M. le maire de Triel-sur-Seine.

Au lendemain du renvoi de son procès de son procès pour harcèlement au 4 septembre 2026, le maire de Triel-sur-Seine s’est exprimé sur son compte Facebook pour dénoncer « une tentative évidente d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. »

Samedi 7 février 2026, Cédric Aoun a publié un « post » sur son compte Facebook pour répondre, implicitement, à l’article du J2R qui a révélé le renvoi au 4 septembre 2026, de son audience au Tribunal correctionnel dans une affaire de harcèlement sur ex-conjoint. Quelques mois après un premier report pour des « problèmes gastriques », le maire de Triel-sur-Seine a bénéficié de la « surcharge » de l’agenda judiciaire pour repousser à nouveau un rendez-vous auquel il ne s’était pas présenté. Candidat à sa réélection, il dénonce « une tentative évidente d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. »

S’il évoque le secret de l’instruction, qui ne lui permettrait pas de révéler « la totalité des éléments en cours d’instruction » alors qu’il a engagé « plusieurs procédures juridiques », Cédric Aoun présente « des informations (…) déjà connues » pour établir ce qui ressemble à une théorie du complot. Avec une première affirmation imprécise, invérifiable et à l’intérêt douteux : « Le cabinet d’avocat est le même que celui d’une opposante. » Et de poursuivre, énigmatique, en évoquant « un avis de sanction lourd (…) du conseil de discipline (…) dans une procédure pour diffamation » et « plusieurs plaintes pour faux témoignages, faux, usage de faux et pour une tentative d’escroquerie au jugement ».

Une stratégie de défense offensive

L’exposé devient plus clair lorsqu’il ajoute « le principal témoignage est celui du faux profil Antoine Véritas » en référence à une affaire de cyber-harcèlement qui doit être jugée en juin prochain. A l’audience du 6 février 2026, son avocat a effectivement demandé à plusieurs reprises, sans succès, un rapprochement avec ce jugement qui fait suite à une plainte déposée par Cédric Aoun au printemps 2025. Des actes de harcèlement sur les réseaux sont reprochés à Antoine Véritas qui est aussi l’ex-conjoint de la victime présumée du maire de Triel-sur-Seine.

Le lien vers un article du Parisien du 22 juillet 2025 qui raconte l’affaire « Antoine Véritas » – mais aussi le « shit storm » qui a inondé le mail de Cédric Aoun et ses réseaux au moment de son arrêté de couvre-feu pour les mineurs – illustre ce message qui annonce donc les prémices de sa stratégie de défense. Faisant fi du titre de son « post » Facebook, « l’accusation ne fait pas le jugement », Cédric Aoun compte visiblement sur une condamnation d’Antoine Véritas en juin pour discréditer un témoin de son procès pour harcèlement en septembre.

La justice a pourtant estimé que l’instruction pour cette affaire de « harcèlement sur ex-conjoint » était terminée, après une plainte déposée en avril 2024 par la victime. Cette mère de famille aurait noué une relation intime avec Cédric Aoun pendant plusieurs mois. Elle aurait aussi été entendue et mise hors de cause dans l’affaire Véritas.

Il est reproché au maire de Triel-sur-Seine, entre le 1er mars et le 31 juillet 2024, «des propos et des comportements répétés ayant eu pour effet une dégradation des conditions de vie et une altération de la santé physique ou mentale de la plaignante » ayant causé 30 jours d’interruption temporaire de travail. Outre le harcèlement au domicile de son ex-conjointe, à proximité des lieux où elle se trouvait et les insultes par message, Cédric Aoun est accusé d’avoir eu recours aux services d’un détective privé (payé en 2024 par la commune, selon le livre budgétaire du même année)(3) pour la faire suivre et d’avoir régulièrement sollicitée la police municipale pour la surveiller.

Un jugement à 6 mois des élections aurait permis de connaître les éléments de la défense face à l’accusation. Toute l’éventualité des recours, à moins d’une lourde condamnation assortie d’une exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité, lui aurait sans douté laissé la liberté de se présenter aux élections municipales.

Mépris de l’indépendance de la justice ?

Malheureusement, il y a eu ces « problèmes gastriques » qui l’ont empêchés de se déplacer jusqu’à Versailles le 5 septembre 2025. En s’affichant, le lendemain, au forum des associations et au restaurant, Cédric Aoun a pris le risque de nourrir les soupçons d’une manoeuvre. Lorsqu’il écrit : « Le report permet à la justice d’avancer sur les enquêtes en cours et d’obtenir les éléments afin de confondre les protagonistes », il va jusqu’à donner le sentiment que, parce qu’il lui a tordu le bras, la justice va pouvoir mieux travailler.

Il est à noter que si le jugement a été renvoyé au 4 septembre 2026, c’est uniquement à cause de la surcharge des audiences prévues ce jour-là. La présidente du tribunal a rejeté l’idée d’une « trêve républicaine » réclamée par la défense le temps de la campagne électorale, tout comme les demandes de rapprochement des affaires.

A quelques semaines du premier tour des élections municipales, convaincu de « la solidité de ces procédures », Cédric Aoun semble s’adresser aux membres de la version 2 de « Triel, c’est vous » en concluant sa publication par « mes principes et ma dignité m’interdisent d’entraîner une équipe, composée de personnes brillantes et intègres, dans des situations douteuses. » Officiellement candidat depuis le 30 janvier 2025, le maire sortant n’a pas encore dévoilé, à ce jour, son programme complet ni la liste exhaustive de ses colistiers.

L.V.

NB : Sollicité à plusieurs reprises, Cédric Aoun a refusé de répondre aux questions du J2R. Ouverte à la libre expression des candidats aux municipales, dans le respect des lois républicaines, la rédaction renouvelle son invitation lancée au maire de Triel-sur-Seine, comme elle le fait avec tous les candidats de sa zone de couverture.

Pour en savoir plus :

  1. Lien articles : https://journal-deux-rives.com/2026/02/cedric-aoun-obtient-le-report-de-son-jugement-pour-harcelement-pour-la-seconde-fois/
  2. https://journal-deux-rives.com/2025/09/triel-le-maire-esquive-jusqua-quand/

3. Capture d’écran du Grand livre budgétaire de 2024 :