Echos de campagne à Maurecourt : Modernité, nous voilà !
La petite commune des Yvelines est au centre d’une campagne municipale qui met la “modernité des réseaux sociaux et la manipulation” au centre du débat.
La petite commune yvelinoise de Maurecourt, qui est rattachée à la Communauté urbaine de Cergy-Pontoise, a la particularité d’être gérée par la même équipe municipale qui cherche à « faire vivre ensemble ». Mais depuis l’émergence d’une équipe alternative, menée par Anthony Deschamps, la campagne municipale devient vivante et la concurrence électorale est de mise.
« Maurecourt l’avenir » contre « Nous, ensemble » pourrait être une forme de lecture de la campagne municipale à Maurecourt, bourgade paisible du 78 mais rattachée à l’intercommunalité de Cergy-Pontoise (95). Deux équipes s’affrontent pour gérer cette commune de plus de quatre mille habitants : Xavier Talon et son équipe « Maurecourt Vivre Ensemble » qui préconise la continuité avec le souci d’intégrer la nouvelle population arrivée à Maurecourt depuis dix ans. C’est une « team » comme disait Joël Tissier, ancien maire, qui cherchait la performance uniquement pour atteindre le bien commun. En revanche, Anthony Deschamps, un excellent membre de l’équipe municipale sortante qui a voulu prendre sa chance de tout chambouler avec son idée de mettre la ville au pas de la « Modernité ». Sa liste « Agissons pour le Maurecourt de Demain » cible les nouveaux arrivants qui considèrent la ville comme un lieu de divertissement permanent : les courses, la fête et les bling-bling… Cela étant dit, c’est compréhensible que cette problématique se pose dans les élections municipales d’une commune telle Maurecourt. En fin de comptes, c’est aux électeurs (trices) de trancher.
Contrôler le rythme et le contenu de la campagne
Sans revenir sur les querelles de qui a trahi,(1) de qui a destitué(2) qui, la team « Maurecourt Vivre Ensemble » a marqué des points et n’a pas bronché au candidat impétueux Deschamps. Ce dernier a conçu une campagne éclaire basée sur ses connaissances et aisances sur les réseaux sociaux. Pour l’anecdote, l’équipe sortante avait laissé le champ libre à Deschamps, dans le cadre de ses fonctions avant octobre 2025, pour initier et administrer la page facebook « Maurecourt, notre ville » (7000 abonnés ou contacts). En outre, M. Deschamps a voulu tout contrôler le rythme de campagne et le contenu. Le J2R lui a demandé une interview, mais il a poliment refusé. Un autre exemple, au lieu de démissionner de sa fonction d’élu de la majorité, il a forcé le maire Didier Guerrey de le destituer car il faut être cohérent… On est avec ou contre l’équipe sortante. En effet, M. Deschamps voulait être dans le rôle de victime et ainsi gagner la sympathie de l’électorat. C’est un classique de genre pour des personnalités qui cherchent la lumière pour briller style Trump et ses armes de distraction massive.(3) Talon et son team ont su répondre du tac au tac : réunion publique réussie avec des arguments sur le fond et la forme(4); distribution des tracts et des réunions en petit comité; et une riposte solide sur les réseaux sociaux.
Instrumentalisation, nous voilà
La bataille des réseaux sociaux lors des élections municipales est loin d’être évidente et tranchée. M. Deschamps a pris un certain avantage et surtout il a récemment supprimé des publications (posts en langage Facebook) et exclu des membres de la page « Maurecourt, notre ville ». Il s’est justifié en soulignant que « son contenu était à tendance politique, ce qui ne correspond pas aux règles du groupe.« (5) En contradiction avec ses propos, car tout est politique pendant la période des élections, il laisse des textes et des photos/vidéos qui sèment la peur et le sentiment d’insécurité pour que les habitants se décident de voter pour lui et sa liste.(6) C’est bien joué, mais visible pour tous. Il ne surtout pas exagérer : la commune de Maurecourt est paisible et ne sera pas « comme le 93 ». C’est une tentative de manipulation.
En parlant de manipulation, le débat (Talon contre Deschamps) qui était « annoncé », sans autorisation de la part des initiateurs de ce débat, par M. Deschamps n’aura pas lieu. Le plus intéressant de cette affaire est de savoir que M. Anthony Deschamps a tenté de manipuler une des rédactions qui devait animer le débat.(7) Cela augure le type de mandature de la liste « Agissons pour le Maurecourt de Demain ». Si cela est la modernité, je vous laisse deviner la suite… À Triel-sur-Seine, six ans plus tard, les électeurs (trices) œuvrent pour se libérer de ce type de modernité.
Notes et liens URL :
- Politique à Maurecourt : des soutiens taillés pour le candidat Talon, J2R, 22 novembre 2025. https://journal-deux-rives.com/2025/11/politique-a-maurecourt-echange-avec-cinq-personnalites-politiques/
2. Maurecourt : le conseil municipal a destitué Anthony Deschamps, J2R, 16 octobre 2025. https://journal-deux-rives.com/2025/10/maurecourt-le-conseil-municipal-a-destitue-anthony-deschamps/
3. Armes de distraction massive, Philippe Corbé, Grasset, 2026, 238 pages
4. Echos de campagne : Xavier Talon réussit son oral et convainc son auditoire maurecourtois, J2R, 7 février 2026 https://journal-deux-rives.com/2026/02/echos-de-campagne-xavier-talon-reussit-son-oral-et-convainc-son-auditoire-maurecourtois/
5. Page Facebook de M. Anthony Deschamps, 16 février 2026
6. Voir le groupe Facebook https://www.facebook.com/groups/1196806056999372/ avec des réactions telles :
Sonia Louvet
Contributeur(ice) en vogue
« Cest de plus en plus et comme j’ai déjà écris sa n’inquiète personne 😡 et je vois l’heure 6h du matin potentiellement des gens qui partent au travail ils ont vraiment peur de rien
Et quand on vois il n’y a pas de lumière ville dans le noir
Il serait temps de faire quelques choses«
Patrice Gallais
Maurecourt a changé de département ? La ville est passée dans le 93? Ce n’est plus la ville que j’ai connue il y’a longtemps.
7. Extrait du courriel, en date du 7 février 2026, de la radio RGBM relative à l’organisation du débat entre M. Talon et M. Deschamps :
« Un débat à Maurecourt était déjà réfléchi de notre côté depuis juin dernier. Je l’avais très brièvement évoqué avec Monsieur Deschamps quand je l’ai reçu à la radio le 30 septembre, en précisant que tout cela était purement hypothétique et que, de toutes les manières, les invitations seraient envoyées au même moment, dans la stricte égalité que nous impose notre déontologie.
En plein lancement de notre initiative de débats, Monsieur Deschamps a publié son communiqué, il est revenu vers moi le 2 février pour me demander si nous comptions organiser un temps d’échange de notre côté. Je lui ai répondu comme suit :
Merci pour votre message et pour la transmission de ces éléments.
Nous souhaitons effectivement organiser un débat entre les têtes de liste afin de permettre aux habitants de disposer d’un échange clair, équilibré et utile à la compréhension des projets en présence. Cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre démocratique que nous défendons.
Je vais prendre contact avec l’autre candidat afin de vérifier sa position sur le principe d’un débat. Nous reviendrons vers vous rapidement pour vous préciser les modalités envisagées.
A la suite de ce message, Monsieur Deschamps s’est empressé de publier un communiqué sur ces réseaux sociaux pour annoncer que nous organisions un débat, sans que nous n’ayons rien communiqués auparavant. Nous l’avons directement appelé pour l’enjoindre à le supprimer.
Notre position est claire, nous condamnons toute instrumentalisation de notre initiative par un ou une candidate dans quelque ville que ce soit. Nous nous engageons pour une démocratie locale exigeante, de qualité et pour un débat public clair, équilibré et dans le respect des projets de chacuns. C’est en ce sens que nous organisons en ce moment 13 moments de débats dans des petites communes et des grandes villes. »


