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Les 70 hectares de Stellantis : une opportunité démocratique pour Poissy

Depuis des annonces récentes sur l’avenir du site de production de Poissy, la question de l’aménagement futur du site est posée. Voici une contribution de Eric Bégé pour le débat public.

Comment une ville doit-elle décider de son avenir lorsqu’une opportunité historique se présente ?

70 hectares représentent : 70 terrains de football, 100 piscines olympiques, l’équivalent d’un grand parc urbain… « Alors, que voulons-nous faire de ces 70 hectares » ? Le débat est aujourd’hui ouvert avec la perspective d’un méga-stade qui pose déjà question : Poissy a-t-elle vocation à accueillir un tel équipement et les bouleversements qu’il implique ?
Pour un tel projet, un référendum local semble être un minimum démocratique. Mais le référendum a ses limites : il enferme le citoyen dans un choix binaire (Oui/Non). Un projet d’une telle envergure n’a de sens que si les habitants peuvent co-construire et choisir entre plusieurs options clairement identifiées : un data center ? des logements ? un site industriel ? des jardins citoyens ? des espaces verts ? des équipements publics ?

Avant de décider ce que nous pourrions construire, nous devons décider qui participe à la décision. La démocratie participative doit enrichir la démocratie représentative. Pour cela, elle doit articuler deux dimensions : le projet participatif (permettre à chacun de contribuer à la réflexion collective) et le projet délibératif (organiser la confrontation argumentée des points de vue avant le vote).
Le défi est immense car l’engagement citoyen ne se cristallise plus dans les partis politiques. Voter tous les cinq ou six ans ne suffit plus à « faire société », surtout face à l’augmentation de l’abstention. Ignorer la parole citoyenne revient à creuser davantage les fractures démocratiques.
Alors, comment construire une société critique, active et éclairée ? Les universités populaires, les associations sportives et culturelles participent à ce projet.

À Poissy, la société civile est riche de près d’une centaine d’associations actives. Depuis 2023, la Ville propose un budget participatif pour répartir 100 000 € du budget municipal, des conseils de quartiers existent. C’est un bon début, mais ce dispositif doit devenir le tremplin d’une ambition bien plus grande. Nos élus sont-ils prêts à aller plus loin ?
Partout en France, de nouvelles formes d’engagement émergent. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) montre la voie avec les conventions citoyennes, prouvant que le compromis construit par les citoyens, même s’il prend du temps, se confronte au réel. Des collectifs comme Banlieues Climat rappellent également que les réponses environnementales doivent être portées par ceux qui en subissent les conséquences.

Pour sortir du sentiment d’impuissance face à des forces économiques ou technologiques complexes, Poissy doit expérimenter. Plusieurs outils complémentaires existent :

  • Une convention citoyenne locale ;
  • Le tirage au sort d’habitants ;
  • Des ateliers publics de co-construction ;
  • Une consultation numérique transparente.
    Il n’existe pas une seule réponse, mais une combinaison de dispositifs permettant aux Pisciacais de participer réellement aux décisions qui façonnent leur territoire.

    Il nous faut décider comment décider. Il s’agit de bien plus que de l’aménagement d’un terrain : il s’agit de choisir ce que nous laisserons aux générations futures. Avec les élus, les experts, les habitants, les associations et les entreprises, la participation citoyenne peut devenir un atout majeur. Aurons-nous l’audace de saisir cette occasion pour construire collectivement une vision citoyenne du territoire ?

    Écrivons ensemble l’avenir de Poissy.

Une réflexion citoyenne d’Eric Bégé