Collège Sully à Rosny (78), l’illustration d’un abandon des services publics
Le collège Sully à Rosny-sur-Seine rencontre des difficultés qui ont atteint leur apogée le lundi 8 juin 2026 et cela continue avec une journée « Collège mort » ce jeudi 11 juin 20265.
L’établissement est un collège situé en zone péri-urbaine classée en “zone prévention violence / politique de la ville” accueillant environ 600 élèves et faisant partie des 800 collèges les plus en difficulté au niveau national.
Tensions et bagarres
Le 8 juin, des bagarres entre élèves ont émaillé la journée du lundi 8 juin en l’absence d’un encadrement suffisant et suite au non remplacement des personnels en arrêt. Dès la récréation de 10 heures, dans la cour, des altercations isolées sont apparues parmi les élèves. Ces dernières ont été favorisées par un encadrement insuffisant, malgré la présence de personnels de différents services qui ont essayé de compenser ce manque.
Ces mêmes tensions sont réapparues aux différents moments de pause sur le temps méridien et à la récréation de 15 heures, où ces dernières ont culminé. Une AED (surveillante), suivie d’une CPE, interviennent pour séparer une première bagarre. Une foule agitée se forme autour de celle-ci, certains élèves se jetant à terre et les uns sur les autres, obligeant deux enseignants à intervenir pour dissiper la foule. La principale alertée par la rumeur dans la cour, intervient à son tour suivie de son adjoint. Les élèves bagarreurs sont isolés tandis que des groupes d’élèves se forment dans le but de prolonger, de nouveau, les bagarres et d’intensifier le mouvement de foule.
Les membres du personnel enseignant sont venus en renfort sont impuissants face à un groupe de plusieurs centaines d’élèves incontrôlables. Certains personnels séparant les élèves ont reçu des coups perdus.
Les tensions se poursuivent après la fin des cours : une mère d’élève venue chercher son fils menacé est empêchée de sortir par des élèves qui veulent en découdre. Ce dernier est mis en protection au sein des locaux.
Manque de moyens et abandon d’un service public essentiel, l’éducation
Ayant peur que de nouvelles altercations surviennent, une dizaine de personnels décide d’assurer la sécurité aux abords du collège. La majorité des élèves encore présents montent alors dans les bus de manière sereine. Les forces de l’ordre reviennent alors progressivement et font état de la situation aux abords du collège et dans le centre-ville de Rosny-sur-Seine, où l’on apprend que les altercations se poursuivent. Les agressions filmées et diffusées sur les réseaux sociaux ne se déroulent donc pas dans ou aux abords du collège ni en présence d’un quelconque membre du personnel. Le staff du collège les a condamné fermement et ont apporté un soutien inconditionnel aux élèves blessés ainsi qu’à leurs familles et également à l’ensemble des jeunes choqués par ces incidents et victimes de la situation.
Ces événements résultent de plusieurs mois voire années de tensions accumulées au sein du collège. Ces dernières sont dûes à un manque de moyens humains et matériels et des effectifs à 30 élèves par classe, le tout dans un contexte socio-économique défavorisé auquel s’ajoutent un absentéisme et des violences verbales et physiques croissantes. Dans ce cadre difficile, les personnels peinent à mener à bien les projets entrepris en classe et dans l’établissement en faveur de la réussite des élèves et d’une plus grande ouverture à l’autre et au monde.
Une mobilisation qui se culmine avec une journée « Collège mort »
La mobilisation des mardi 9 juin et mercredi 10 juin 2026 ont conduit à un examen de l’état de déliquescence générale du collège. Le mardi, l’ensemble des personnels et quelques représentants des parents d’élèves se sont réunis en assemblée générale en début de matinée et a échangé au sujet de la situation déjà abordée à plusieurs reprises depuis le mois de janvier, entre autres avec M. Rogie, représentant de l’Académie de Versailles (DAASEN ou Directeur Adjoint Académique des Services de l’Éducation Nationale). Les personnels se sont ensuite rassemblés au réfectoire pour pouvoir échanger avec M.Rogie (DAASEN) et M.Perillat (Conseiller Technique Établissement Vie Scolaire) qui se sont déplacés suite à ces évènements d’ampleur inédite, accompagnés par Mme Moussaoui (principale) et M.Pezet (principal-adjoint).
Lors de cette réunion de crise, les personnels de l’ensemble des services ainsi que les représentants présents ont pu exprimer leurs inquiétudes et soumettre leurs demandes pour une reprise des cours apaisée, cadrée et rapide. Les échanges ont duré presque quatre heures.
L’ensemble des personnels se sont accordés à dire que nous ne pourrions reprendre les cours sereinement qu’en accueillant les élèves en demi-jauge et uniquement après avoir identifié les élèves initiateurs de ces incidents graves. Un bon nombre des élèves initiateurs ont déjà été placés en mesure conservatoire mais l’Académie de Versailles a refusé l’accueil en demi-jauge. Les professeurs et autres membres du staff ont considéré cette décision inadaptée à la situation de tension qui règne dans la communauté éducative et qui impacte les élèves, les familles et les personnels.
C’est pourquoi l’ensemble du personnel a décidé, ce mercredi 10 juin, de poursuivre des actions afin d’obtenir satisfaction. Leur premier objectif était alors d’assurer une communication claire et détaillée à destination des familles qui font face à un manque d’informations et une certaine incompréhension. En outre, le staff du collège a également demandé une audience avec le représentant de l’Académie de Versailles, principalement pour faire entendre les revendications suivantes :
a. Reprise des cours en demi-jauge jusqu’à la fin de l’année
b. Nomination définitive de deux CPE à temps plein
c. Renfort pérenne d’AED
d. Nomination d’un Assistant Pédagogique à temps plein
e. Passage du collège en REP
f. Inclusion à la Cité Éducative du Mantois
Par voie de conséquent, selon la page Facebook dédié à cette mobilisation, une journée « Collège mort » a été décidée, le jeudi 11 juin, et la mobilisation ne prendra fin que lorsque ces revendications auront été entendues et que des mesures à la hauteur des problématiques de cet établissement auront été effectivement mises en place pour la sécurité, le bien-être et la réussite des élèves.



