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Printemps de l’immobilier : la reprise marque une pause

La conjoncture immobilière est dans un moment critique. Quelles sont les perspectives ?

Le premier trimestre 2026 se clôt sur une note morose : les prix immobiliers restent globalement atones en ce début de printemps, avec un léger recul à l’échelle nationale et dans le Top 50, une stabilité à Paris, tandis que seul le marché rural enregistre une progression sur le trimestre. Côté demande, après le redressement observé en 2025, le marché immobilier aborde 2026 sur un rythme plus retenu : la demande reste présente, mais elle ne produit pas le sursaut saisonnier habituel.

La question n’est donc plus de savoir si les acheteurs sont revenus, mais pourquoi ce retour ne suffit pas à enclencher un vrai printemps immobilier. Dans ce contexte, le ralentissement se joue moins sur le niveau absolu de la demande que sur son manque d’élan, dans un environnement de pouvoir d’achat immobilier plus contraint et d’incertitude géopolitique accrue.
Voici les points saillants qui ressortent :

  1. Un premier trimestre 2026 plus timide qu’en 2025 : la reprise marque le pas :

Contrairement au premier trimestre 2025, les prix reculent légèrement début 2026 (−0,2 % en France contre +0,3 % au T1 2025 ; −0,3 % dans le Top 50 contre +0,3 %), tandis que Paris se stabilise (0,0 % vs +0,3 % au T1 2025) ;
Le marché rural fait figure d’exception avec une hausse de +1,1 % ;
Nantes, Lille et Lyon montrent une amélioration par rapport à 2025, mais davantage liée à un rattrapage après les corrections depuis 2022.

  1. Pas de sursaut printanier : la demande résiste, mais sans s’emballer :

Alors que la demande progressait en moyenne de +7 % entre janvier et mars chaque année depuis 2021, elle recule de −2 % sur la même période en 2026, signe de l’absence du rebond saisonnier habituel ;
À l’échelle nationale, la demande se maintient à un niveau satisfaisant (+2 % par rapport à mars 2022), notamment dans le rural qui superforme légèrement(+5 %) ;
Les grandes métropoles restent en retrait : la demande y demeure −11 % sous son niveau de 2022 dans le Top 10 et −12 % à Paris.

  1. Guerre en Iran : quelles conséquences pour le marché immobilier ?

La hausse des prix de l’énergie (+45 % pour le pétrole en quelques semaines) pourrait alimenter l’inflation et peser sur les taux immobiliers ;
Dans un scénario de choc modéré, les taux pourraient remonter de +0,4 à +0,6 point en 2026, avec un impact estimé entre −65 000 et −100 000 transactions ;
En cas de choc persistant, la hausse des taux pourrait atteindre jusqu’à +1,5 point à terme, avec un impact pouvant aller jusqu’à −240 000 à −270 000 transactions.