Mirapolis 2 : le préfet du Val d’Oise rassure les élus
Fin septembre, un déplacement important a eu lieu à Courdimanche : le préfet en personne est venu pour expliquer les bienfaits du projet du parc de loisir à la Soudiennne.
Renaissance de Mirapolis : 6 milliards d’investissements et 22 000 emplois, le préfet s’explique devant les élus de Courdimanche.
Le préfet du Val-d’Oise s’est rendu au conseil municipal de Courdimanche pour défendre le mégaprojet d’aménagement porté par le fonds saoudien Qiddiya. Entre promesses économiques vertigineuses, aménagement du territoire et défis écologiques, le représentant de l’État a joué la carte de la transparence pour tenter de rassurer les élus et les habitants.
C’est un projet hors norme qui pourrait bien redessiner le visage du Val-d’Oise. Face au conseil municipal de Courdimanche, le préfet a détaillé les contours de l’immense complexe prévu sur les terres de l’ancien parc Mirapolis et de la « friche électrique » voisine. Le 24 août dernier, l’État et Qiddiya, filiale du fonds souverain saoudien, ont signé à l’Élysée une déclaration d’intention. Si le document n’est pas encore juridiquement contraignant, les ambitions, elles, sont colossales : 6 milliards d’euros d’investissement et la création espérée de 22 000 emplois directs.
Un « totem économique » pour le Val-d’Oise
Pourquoi ici ? Pour le préfet, le choix de ce site, à cheval sur Cergy, Courdimanche et Puiseux-Pontoise, coule de source. Situé à 700 mètres du RER A et de la ligne L, le terrain se trouve au carrefour des grands pôles touristiques franciliens (Paris, Versailles, Giverny) et à 35 minutes de l’aéroport de Roissy. Surtout, le représentant de l’État a tenu à couper court à une rumeur : le Parc Naturel Régional (PNR) du Vexin ne sera pas touché par les aménagements.
L’ambition de l’État est claire : doter le Val-d’Oise de son propre « totem économique ». À l’image de Paris-Saclay pour l’Essonne ou de Disneyland pour la Seine-et-Marne, ce projet doit devenir la locomotive d’attractivité du département.
L’emploi : un bouclier face à l’intelligence artificielle
Face aux inquiétudes, le préfet a dégainé un argument de poids : l’emploi. Dans le Val-d’Oise, département le plus jeune de France métropolitaine, le chômage culmine encore à 9,1 %. Face à la menace de l’intelligence artificielle, qui selon le préfet commence déjà à détruire des emplois de « cols blancs » en Île-de-France (avec une baisse de 16 % de l’emploi des cadres débutants), ce projet apporterait une manne d’emplois non délocalisables et ouverts à tous les niveaux de qualification. L’activité fonctionnant toute l’année, l’essentiel de ces emplois a vocation à être pérenne.
Bien plus qu’un simple parc d’attractions
Oubliez l’image du simple parc à thème. Le projet est présenté comme une « destination intégrée ». Autour d’un moteur économique et touristique, c’est un véritable morceau de ville qui doit sortir de terre. Le site accueillera des commerces, des hôtels, des équipements sportifs et culturels, mais aussi des logements (étudiants, jeunes actifs et familles) à des prix annoncés comme abordables. Le dynamisme économique généré financera par ailleurs de nouveaux équipements publics, dont des écoles, des crèches, et la création d’un second commissariat pour épauler celui de Cergy.
Transports et environnement : les « externalités » assumées
L’arrivée de milliers de visiteurs pose inévitablement la question des transports. L’État se veut rassurant : les flux de visiteurs (arrivées le matin, départs le soir) seront inversés par rapport à ceux des travailleurs locaux. Mieux, ce projet serait l’occasion de modifier enfin le cadencement du RER A et d’améliorer le réseau routier.
Sur le plan environnemental, le préfet n’a pas éludé les « externalités négatives » (gestion de l’eau, des déchets, bruit). Le paysage, lui, bénéficiera de l’enfouissement des 11 lignes à haute tension qui balafrent aujourd’hui le site.
Concernant la perte de terres agricoles, le discours se veut franc : « Il y aura moins d’agriculture, faut pas se mentir », a concédé le préfet. La compensation ne sera pas financière, mais agricole, avec le développement de filières maraîchères ou avicoles. Quant à la loi sur le Zéro Artificialisation Nette (ZAN), le projet devrait piocher dans la réserve nationale prévue pour les grands projets d’envergure.
Aucun risque financier pour la commune
Pour éviter toute spéculation foncière, une Zone d’Aménagement Différé (ZAD) a été mise en place : les terrains seront rachetés aux prix actuels, l’État portant seul le risque via Grand Paris Aménagement. Le préfet a été formel sur ce point : il y aura « zéro exposition financière » pour Courdimanche, qui n’aura pas à mettre la main au portefeuille, mais devrait au contraire bénéficier de nouvelles retombées fiscales.
Si l’intention est là, les pelleteuses sont encore loin. Le projet devra d’abord passer par la case du débat public national en 2027, suivi d’une quinzaine de procédures administratives. Les travaux, s’ils sont validés, ne débuteront pas avant 2030. D’ici là, le préfet l’assure : il est « inenvisageable » de faire ce projet contre l’avis des communes. La concertation ne fait que commencer.
Source : Actualités du Val d’Oise, page Facebook, le 27 septembre 2026



