Aux Mureaux, le calvaire d’une mère et ses quatre enfants face à l’insalubrité et au silence du bailleur
Légende: Les infiltrations dans l’appartement de Mme Diop ( Photo de Mme Diop)
Infiltrations d’eau quotidiennes, humidité tenace, rongeurs jusqu’à l’intérieur du micro-ondes et conciliation avortée : Mme Mame Diop vit un enfer avec ses quatre enfants depuis près de deux ans. Malgré une mise en demeure officielle de la mairie adressée à ICF Habitat La Sablière en juillet 2025 et un constat de carence judiciaire à l’été 2026, la situation s’aggrave.
Un quotidien cauchemardesque
Voilà près de vingt-quatre mois que le quotidien de Mame Diop et de ses quatre enfants s’apparente à un combat épuisant contre leur propre logement. Installée dans un appartement géré par le bailleur social SA HLM ICF Habitat La Sablière aux Mureaux (Yvelines), cette mère de famille subit une dégradation continue de son habitat, marquée par des infiltrations d’eau quotidiennes, une humidité omniprésente, des moisissures s’étendant sur les murs et plafonds, ainsi qu’une prolifération incontrôlable de rongeurs.

(Déjections de nuisibles diverses et de la présence ses derniers sont indiscutables ( Photo DR))
La présence de nuisibles a franchi des seuils critiques d’hygiène : des déjections de souris ont été retrouvées dans la cuisine, dans les meubles de rangement de la nourriture et jusqu’à l’intérieur du four à micro-ondes. Début août 2026, la situation franchissait un nouveau cap d’horreur avec la découverte d’insectes et de ce qui semble être des pontes d’œufs encastrés dans le mobilier du logement.
« L’eau continue de couler quotidiennement dans mon logement. Mes enfants ont peur et s’endorment le soir avec la crainte qu’une souris entre dans leur chambre. Psychologiquement, nous ne nous sentons plus bien dans ces conditions de vie. » a déclaré Mme Mame Diop.
Un constat officiel ignoré depuis un an par le bailleur
La situation n’est pourtant pas méconnue des pouvoirs publics. Dès le 23 juillet 2025, le Service Communal d’Hygiène et de Santé (SCHS) de la Mairie des Mureaux a dépêché un inspecteur de l’hygiène sur place.
Le rapport rédigé le 28 juillet 2025 est formel et sans appel : les désordres constatés relèvent de l’insalubrité au sens de l’article L. 1331-22 du Code de la santé publique et des articles L. 511-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation. À la suite de cette enquête, Michelle Vlamynck, adjointe au Maire des Mureaux à l’époque, adressait une mise en demeure officielle à ICF Habitat La Sablière pour effectuer l’ensemble des travaux sous un délai de 3 mois.
Le Service communal d’hygiène et de santé a informée Mme Diop qu’un rapport serait transmis à l’Agence Régionale de Santé Île-de-France (ARS) afin de demander au Préfet des Yvelines de prendre un arrêté d’insalubrité. La procédure est en cours.
Un an plus tard, aucune rénovation pérenne n’a été réalisée par le bailleur, laissant les dégradations s’aggraver jour après jour.
Conciliation judiciaire : la politique de la chaise vide
Face à l’inertie du bailleur social, Mme Diop a saisi le conciliateur de justice de la circonscription des Mureaux. Une réunion de conciliation conventionnelle s’est tenue le 7 juillet 2026 à la Maison de Justice et du Droit du Val de Seine.
Cependant, selon le constat de carence rédigé par le conciliateur de justice Francis Paccioni, la tentative de conciliation a tourné court : la partie représentante du bailleur social, ICF Habitat La Sablière, ne s’est pas présentée au rendez-vous fixée par la justice.
Détresse psychologique et lourdes conséquences sanitaires
Outre les dégâts matériels, le bilan humain est alarmant. Deux attestations médicales successives, établies par le médecin traitant le 25 novembre 2025 puis le 24 juin 2026, certifient l’impact direct de l’insalubrité du logement sur la santé physique et mentale de la famille. Des ordonnances de suivi psychologique ont dû être délivrées d’urgence pour la mère et ses quatre enfants, fortement traumatisés.
Désormais assistée d’une avocate et ayant déposé des signalements sur les plateformes gouvernementales (Histologe / Signalement Logement), Mme Diop réclame aujourd’hui un relogement d’urgence et l’exécution des travaux prescrits par les autorités administratives.
Post-scriptum
Repères et Chronologie des démarches :
23 juillet 2025 : Enquête d’hygiène réalisée par le SCHS de la Ville des Mureaux.
28 juillet 2025 : Mise en demeure formelle de la Mairie adressée à ICF Habitat La Sablière (délai de travaux : 3 mois).
25 nov. 2025 & 24 juin 2026 : Delivrance des attestations médicales certifiant les répercussions sanitaires de l’insalubrité.
12 mai 2026 : Mme Diop saisit le conciliateur de justice de la Maison de Justice et du Droit des Mureaux.
7 juillet 2026 : Établissement d’un constat de carence suite au défaut de comparution d’ICF Habitat La Sablière.
8 août 2026 : Nouvelles découvertes de parasites et d’œufs dans le mobilier encastré ; procédure légale en cours.



