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Andrésy, travaux illégaux sur la halle, mais validés a postériori

Légende : la photo ci-dessus du 22 novembre 2025 montre les travaux de toiture effectués.

C’est un classique, pendant la période électorale, les élus en place tâchent de faire le plus avec les moyens du bord quitte à jouer avec la ligne jaune de la légalité. Les travaux illégaux sur la halle du marché d’Andrésy en sont une illustration. La rédaction a contacté les services de l’urbanisme d’Andrésy et a envoyé des questions à M. le maire d’Andrésy.

Le marché couvert d’Andrésy est un bijou dans le paysage urbain de cette commune des Yvelines. Tous les mercredi et dimanche, commerçants et clients se donnent rendez-vous pour faire vivre ce marché pittoresque, situé au 4 boulevard Noël-Marc. Cela dit, depuis quelques années, le toit du marché a été usé et a commencé à fuiter. Cela a commencé à devenir un sujet de conversation et un enjeu pour l’avenir de ce marché hebdomadaire.

Pensant bien faire, le maire de la commune Lionel Wastl (2020-2026) a entrepris, fin septembre, début octobre 2025, de faire le nécessaire avant les élections de mars 2026. Ces travaux ont consisté au remplacement complet de la couverture en zinc existante par des bacs acier de type industriel. Ce que l’a constaté ce sont des travaux d’envergure car cela a mobilisé du personnel qualifié pour démonter, nettoyer et réparer avec professionnalisme. Des photos prises par nos soins le 9 octobre ont montré que la toiture était en cours de remplacement. Le 10 octobre, sur place aux services d’urbanisme, le responsable du bureau a confirmé que, à cette date-là, aucune déclaration préalable, ni permis de construire n’avait été déposée pour ces travaux sur le toit de la halle du marché d’Andrésy. On a compris que l’urgence avait conduit aux autorités compétentes, donc le maire, à réaliser ces travaux.(1) Au début, pendant les travaux, aucun affichage réglementaire d’autorisation d’urbanisme n’a été visible. Donc ce chantier était une infraction aux règles de l’urbanisme.(2)

Ces travaux ont été initiés et conduits par la mairie elle-même, sans respecter les obligations légales qu’elle impose aux administrés. Il s’agit donc d’un cas de travaux publics illégaux sur bâtiment communal, dans un secteur protégé par les l’architecte-bâtiments de France (ABF). D’ailleurs, l’ABF a régularisé les travaux en donnant son avis favorable le 31 octobre 2025. Cette situation pose des questions de légalité, de transparence et d’exemplarité dans la gestion municipale, puisque les citoyens, eux, sont tenus à ces règles. A titre d’exemple, quand vous demandez une extension de votre garage ou un ajout comme une véranda, la paperasse et les innombrables démarches (architecte, études, avis de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, ABF…) sont vus comme des écueils…

En conclusion, l’enjeu juridique se pose à plusieurs titres. Le maire d’Andrésy, Lionel Wastl, en raison de ces travaux faits en infraction à l’urbanisme, pourrait être exposé à des poursuites pour atteintes au Code de l’urbanisme. Le non-respect du contrôle de l’ABF dans le classement de Site patrimonial remarquable (SPR) pourrait également constituer une faute administrative engageant la responsabilité de la commune d’Andrésy. Enfin, cette affaire illustre un double standard entre les citoyens soumis à des règles « strictes », soumis à l’avis ABF dans le cadre de l’état de droit. Par cette pratique, la défiance entre les élus et les citoyens s’élargit davantage.

Notes

1. Plus tard, une déclaration préalable aux travaux a été déposée en date du 28 octobre 2025 et délivrée par le soins du maire, lui-même, le 12 novembre 2025.
2. Le centre-ville d’Andrésy est classé Site patrimonial remarquable (SPR), anciennement AVAP, relevant du Code du patrimoine (articles L.632-1 à L.632-3).1.

→ Toute modification de l’aspect extérieur d’un bâtiment doit être soumise à l’avis conforme de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF).

Le Code de l’urbanisme (article R.421-17) impose au minimum une déclaration préalable de travaux pour tout changement de matériau de couverture.

Le PLUi d’Andrésy (Plan Local d’Urbanisme intercommunal) n’autorise pas l’usage du bac acier dans les zones patrimoniales : seules les couvertures en zinc, ardoise, tuile ou plomb sont admises.

L’absence d’autorisation est donc constitutive d’une infraction au Code de l’urbanisme (articles L.480-2 et L.480-4) et d’une violation du Code du patrimoine.