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Verneuil : la « fermeture » de l’école Kosma, un dossier brûlant

Depuis quelques jours, l’hypothèse de la fermeture d’une école met en avant un dossier classique : comment gérer les mutations de la société dans le cas d’une commune qui gère un parc de bâtiments publics ? Certes, il y a la dimension humaine qu’il faut prendre en compte par les pouvoirs publics; cependant, la question de fond est de savoir comment définir, dans ce paradoxe, l’intérêt général ?

Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Fabien Aufrechter à Verneuil-sur-Seine, il n’est jamais confronté à une mobilisation de cette ampleur contre une de ses décisions de politique publique : la restructuration du bâtiment de l’école Kosma, ce que les parents d’élèves concernés appellent « la fermeture/destruction » d’un lieu d’enseignement, de vie et de proximité.

“Sacrifier ou restructurer” l’école Kosma

Pendant la campagne municipale de 2026, aucun(e) des acteurs(trices) n’ont évoqué ce probable « restructuration/fermeture » de l’école Joseph-Kosma. Georges-Edouard Bacle, conseiller minoritaire, l’a souligné, le 5 avril 2026, sur une publication Facebook (FB) : « La promesse électorale d’une maison de quartier à Jean Zay entraînera-t-elle le sacrifice de l’école maternelle du quartier de la côte Narbonne ? La création d’une maison de quartier dans le secteur de Jean Zay apparaissait dans le programme de la majorité sortante. A y regarder de plus près, cette maison semblerait occuper les locaux actuellement occupés par l’accueil périscolaire de la ville, juste en face du gymnase Coubertin. Cette hypothèse devait s’avérer être juste, alors par un simple jeu de vases communicants, on comprend mieux le sacrifice de l’école maternelle. » Ainsi, l’opposition a pris position pour la pérennité de l’école Kosma lors du dernier conseil municipal du 3 avril 2026 : plus de transparence et de concertation dans cette décision du maire qui consiste à « restructurer » un bâtiment public ayant pour usage exclusif le fonctionnement de l’école Kosma.

Mais des parents d’élèves se sont organisés pour manifester leur désapprobation de cette décision du maire et de son équipe nouvellement élue. Une quarantaine de personnes se sont déplacées au conseil municipal du 3 avril pour poser des questions. S’ajoute à cela le lancement d’une pétition (plus de 1200 signataires à ce jour) pour garder « la belle école Kosma« .(1) Un goût amèr a traversé l’esprit des parents d’élèves défendant l’école du quartier Kosma : le maire Fabien Aufrechter a « fait une démonstration magistrale de ce que les citoyens reprochent à la politique : parler pour ne rien dire ! » Selon les manifestants, le maire a laissé des parents d’élèves dans « l’attente pour finalement ne leur offrir aucune réponse concrète ! » Cette attitude est indigne, lisait-on dans les pages FB des parents mobilisés contre un maire, qui « a oscillé entre esquive et arrogance. »

Mutations structurelles qui agissent sur le fond 

Ayant été surpris par l’ampleur de la mobilisation citoyenne pour garder cette école de proximité, le maire a d’abord esquivé et ensuite préparé une riposte de communication lors de la réunion d’information du mardi 7 avril. En présence de Mme Kadija Tehhoune, inspectrice de l’Éducation nationale, le maire et son adjointe aux affaires scolaires, Carole Godard sont allés au cœur du problème : l’école Kosma va être restructurée car le bâtiment est vétuste et cela coûtera 1 million d’euros (avec possibilité de cofinancement par la CAF). Cette école, construite en 1975, nécessite des travaux importants : mise aux normes d’accessibilité, rénovation énergétique, amélioration des espaces extérieurs, renforcement de la sécurité. Surtout, il “s’agit d’une modification globale de la carte scolaire à l’échelle de toute la ville, guidée par un objectif simple et constant, celui d’améliorer les conditions d’accueil et le bien-être de tous les enfants. » En outre, la maire vise également à réorganiser l’accueil scolaire; une fois le bâtiment rénové, le maire y déménagera l’accueil de loisirs, aujourd’hui situé à Jean-Zay.

Ainsi, il en résultera que « les trois classes de Kosma pourraient être réparties sur d’autres écoles de la ville disposant de capacités d’accueil, permettant ainsi de maintenir des conditions d’enseignement de qualité.« 

Structurellement, ces choix sont évidents selon les analyses démographiques récemment publiées.(2-4) Une internaute l’a explicité dans ces termes : « avec un indice de fécondité qui chute, le combat change de nature. Ce n’est plus seulement un manque de moyens, c’est un manque d’élèves…. Avant de crier au scandale devant la mairie, il faut être lucide : l’école n’est que le reflet de la société. Si l’on continue à voir l’enfant comme une charge ou une nuisance plutôt que comme l’avenir, les fermetures ne feront que s’accélérer. Le maire ne fait que constater les dégâts d’une société qui ne fait plus de place aux enfants.« 

Quant aux effets sur l’école Kosma, une diminution d’effectifs est éloquente : l’école “a perdu plus d’un tiers de ses élèves (35%) en 25 ans. » Pour l’Éducation Nationale, donc pour le contribuable moyen français, maintenir une structure complète pour 70 élèves coûte beaucoup plus cher par enfant que de les accueillir dans un groupe scolaire plus grand et mieux équipé. La fermeture n’est pas un choix contre les enfants, c’est le résultat d’une baisse de natalité qui rend la petite structure de Joseph-Kosma trop isolée et coûteuse à maintenir pour la collectivité. »(5)

… mais pas la forme où  le maire a manqué de transparence

Le maire et son équipe municipale considèrent qu’ils détiennent la légitimité démocratique pour élaborer et mettre en place l’intérêt général suite à l’élection de mars 2026. Cela suffit-elle ? Non répondent les parents d’élèves mobilisés pour garder l’école Kosma. En réalité, la question est brûlante car, lors de consultations de ce type, les habitants-citoyens-consommateurs peuvent agir et voter à côté de la question posée. C’est la raison pour laquelle des élus évitent d’évoquer ces sujets avant des échéances électives importantes. Certains appellent cela du cynisme; d’autres pensent être lucides ou pragmatiques.

En conclusion, les citoyens n’ont pas été consultés sur cette décision, certes délicate mais nécessaire pour l’avenir de l’éducation des enfants. Pour un des internautes cités, « c’est le sentiment d’un manque de transparence et de clarté dans la manière dont ces décisions sont présentées et construites. La confiance des administrés ne se décrète pas. Elle se gagne par l’écoute, l’explication et le débat. Quand les habitants ont le sentiment de découvrir des orientations déjà actées, c’est tout le lien démocratique local qui s’abîme.
On peut accepter des choix difficiles. Mais on ne peut pas accepter de ne pas comprendre ces choix. La transparence n’est pas une option. C’est une exigence.« 

Notes et Liens URL :

Retour sur le positionnement de l’opposition sur le dossier école Kosma :

  1. https://www.change.org/p/emp%C3%AAcher-la-fermeture-de-l-%C3%A9cole-joseph-kosma
  2. Démographie (INSEE) : En 2023, la France est passée sous la barre des 1,8 enfant par femme, un seuil historiquement bas qui explique mécaniquement la baisse des effectifs scolaires.
  3. ​Baisse des effectifs (Éducation Nationale) : Les prévisions officielles pour la rentrée 2024 et 2025 annoncent une perte de plusieurs dizaines de milliers d’élèves au niveau national, justifiant les fermetures de classes préventives.
  4. ​Évolution sociale (Observatoire de la parentalité) : Des études montrent une montée du sentiment « childfree » (choix de ne pas avoir d’enfant) et une baisse de la tolérance sociale envers les comportements enfantins en public (phénomène des « zones sans enfants »).

5. (Source : Kurven Dantan, FB, le 8 avril 2026) : cet internaute a publié des chiffres intéressantes sur l’évolution des élèves à l’École Joseph Kosma (2000-2026) :
Années 2000-2010 : L’école au complet
Effectifs : Environ 110 à 120 élèves.
Structure : 4 classes bien remplies.
Moyenne : 28 à 30 élèves par classe. L’école tournait à sa capacité maximale.
Années 2015-2020 : Le début de la baisse
Effectifs : Passage sous la barre des 90 élèves.
Structure : Fermeture d’une classe (passage de 4 à 3 classes).
Moyenne : Environ 25 élèves par classe. L’équilibre devient fragile.
Années 2024-2026 : Le seuil critique
Effectifs : Moins de 75 élèves inscrits au total.
Structure : 3 classes maintenues, mais avec des effectifs réduits.
Moyenne : 23 à 24 élèves par classe.