Représentation du « Portrait de l’enfant aux volailles »
Bertrand Pascual propose une mise en scène sobre de cette pièce qui sera jouée le 17 janvier 2026 à la Péniche de Triel-sur-Seine.
Pour le metteur en scène, Bertrand Pascaul, l’enjeu du Portrait de l’enfant aux volailles est celui de la perception. Tous les comédiens, ou plutôt les choreutes figurant dans la distribution de la pièce sont le personnage principal, Walter. Du début à la fin, et en même temps sur scène. Bien entendu, cette transformation du processus de représentation produit des effets importants. Réservations.
Walter, un homme d’une quarantaine d’années, tourmenté, fatigué par la vie, espère trouver l’apaisement dans la quiétude d’une maison de campagne inhabitée. L’arrivée inattendue d’un groupe d’inconnus, venus passer la journée pour le plaisir d’être ensemble, bouleverse ses prévisions. Alors que tous s’affairent dans la cuisine à la préparation d’un festin, Walter fait une découverte insolite dans la salle de bains du premier étage, laquelle déclenche une succession de péripéties qui engagent les personnages malgré eux dans une exploration de leur passé lointain jusqu’au commencement…
C’est sans doute ainsi qu’il faudrait résumer la pièce, si la résumer s’avérait indispensable. Mais autrement, mieux vaudrait s’en abstenir. Le Portrait de l’enfant aux volailles ne raconte rien : il invite le spectateur à entrer dans l’intériorité d’un personnage unique, interprété par neuf choreutes. On visite la psyché de Walter à peu près comme on visiterait une maison à vendre : de la cave au grenier, sans oublier le parking souterrain, la cour extérieure, le quartier alentour… On finira dans des cavernes, d’où l’on remontera pour passer à table. Au menu : des pintades, objets sacrés de toutes les appétences déposés sur l’autel des bienséances.
Représentations :
Le 17 janvier 2026, 20h30, La Péniche de Triel
Le 31 janvier 2026, 20h30, Salle Maeterlinck, Médan
Le 8 février 2025, 21h00, Salle Florentine Enault, Vernouillet
Le 30 mars 2025, 16h00, Salle Blanche de Castille, Poissy
Le 17 mai 2025, 20h30, Espace Gérard Blondeau, Maurecourt
Le 7 juin 2025, 20h30, Salle Maeterlinck, Médan
Le parti pris de Bertrand Pascual :
Le théâtre nous a habitués aux dialogues et aux personnages.
Le plus souvent, un personnage est incarné par un seul acteur. Il arrive que par commodité plusieurs rôles soient interprétés par un même comédien. Il est beaucoup plus rare en revanche que plusieurs acteurs jouent le même personnage.
C’est pourtant l’enjeu du Portrait de l’enfant aux volailles. Tous les comédiens, ou plutôt les choreutes figurant dans la distribution de la pièce sont Walter. Du début à la fin, et en même temps sur scène. Bien entendu, cette transformation du processus de représentation produit des effets importants.
Tout d’abord elle déplace le regard. Le spectateur n’est plus le témoin d’un dialogue, d’une situation, d’un mouvement ou d’une évolution dans l’espace qu’il saisirait de l’extérieur, mais il est commis à scruter l’intériorité du personnage.
Ce qu’il découvre ne se donne plus comme le produit d’un effet de réel, quel qu’en soit le degré, mais comme la projection d’un imaginaire, d’une conscience, d’un affect, ou d’un onirisme.
Il en résulte nécessairement une modification de nos repères spatio-temporels : l’espace dramatique dans lequel les choreutes évoluent cesse d’être physique et devient psychique ; partant il n’est plus borné et autorise l’ubiquité. De même le temps de l’action n’est plus le temps linéaire de nos horloges mais une temporalité subjective, volontiers polychronique, anachronique, voire achronique, où l’on peut circuler sans entrave.
Enfin la représentation que nous avons du personnage vole en autant d’éclats qu’il est de choreutes sur le plateau de scène : ces voix et ces corps qui évoluent devant nous sont les instances d’une psyché qui se révèle comme elle le fait nuitamment dans nos rêves, dont nous savons être à la fois les auteurs, les spectateurs, l’ensemble des personnages qui s’y produisent, aussi bien que les décors ou les atmosphères qui y règnent.
Aussi le Portrait de l’enfant aux volailles défie-t-il toute vraisemblance et met-il en échec toute tentative d’appréhension qui se fierait aux lois de la logique : il n’aspire pas à être compris par les spectateurs, mais à les comprendre dans son élaboration, les immerger dans le réseau de ses résonances, les guider dans l’enchaînement de ses analogies, les associer au cheminement d’une pensée accidentée, chaotique, confuse, incohérente, c’est-à-dire ce qu’est fondamentalement la pensée d’un être humain, quand on cesse de la restreindre à son illusoire rationalité et accepte de l’explorer dans ses régions les plus mystérieuses.
C’est à cette exploration que le Portrait convie les spectateurs.
Un peu d’histoire du groupe de théatre Astyanax
Depuis 1993, année où il a fondé la Compagnie Astyanax, Bertrand Pascual a mis en scène les plus grands auteurs de Shakespeare à Beckett. Il est également l’auteur de plusieurs pièces. Il est recommandé par la Fédération Française des Fêtes et des Spectacles Historiques, dont il est un prestataire artistique. Après avoir assisté Jean-Jacques Guérin dans la mise en scène de Sous les Aulnes du Roy, à Verneuil-sur-Seine, en 2006, il se lance à son tour dans l’écriture et la direction de grands spectacles historiques nocturnes mêlant les ingrédients du théâtre et ceux du son et lumière.
En 2010 et 2011, à la demande de la commune de Vernouillet, il présente Tombé du ciel, grande fresque historique relatant un épisode de l’histoire vernolitaine, en 1870, et comprenant 200 acteurs, danseurs, musiciens, cavaliers et figurants. Le spectacle est joué à guichet fermé à quatre reprises devant 4000 spectateurs.
En 2012 et 2013, il crée deux versions d’Ombres et de Lumières, dans lesquelles 150 participants retracent des faits survenus pendant la période révolutionnaire à Vernouillet, Verneuil, Paris et Ermenonville. A nouveau, 4000 spectateurs assistent aux quatre représentations.
En décembre 2013, à la demande la CAMY (Communauté d’agglomération Mantes-Yvelines), il crée Oh !, spectacle onirique et amphibie mêlant le théâtre, le mime, la danse contemporaine et la pyrotechnie dans le Centre Aqua Sport de Mantes-la-Ville, à l’occasion de son inauguration : dix comédiens, trois musiciens, deux danseurs contemporains, une nageuse synchronisée, un plongeur, un magicien, un échassier et une danseuse dans sa bulle transparente présentent une rêverie poétique sur le thème de l’eau devant 400 spectateurs.
Depuis 1993, il a mis en scène :
Molière : Les Femmes Savantes, Le Tartuffe , Le Malade Imaginaire , Les Précieuses Ridicules , L’Amour Médecin , Monsieur de Pourceaugnac , George Dandin
Corneille : L’Illusion Comique
Racine : Andromaque
Lesage : Turcaret
Shakespeare : Périclès, Prince de Tyr, La Nuit des Rois, Le Songe d’une Nuit d’Eté
Marivaux : Les Fausses Confidences, L’Ecole des Mères, L’Epreuve, Les Acteurs de bonne foi
Goldoni : La Femme Fantasque, Le Campiello, Les Femmes jalouses, Les Cuisinières
Anouilh : L’Alouette
Ionesco : La Cantatrice Chauve, La Leçon, Macbett
Beckett : En attendant Godot
Tardieu : Un mot pour un autre
Palin : L’Enfer me ment
Lagarce : Nous, les héros
Il est également l’auteur de plusieurs pièces :
Et cætera ou tout ce qui reste et qu’on ne vous dira pas, pièce en cinq actes, 1998
Le Triptyque Nyctalope, monologue en trois actes, 2002
Les Innocents, monologue en un acte, 2002
La vidange des 1500 kilomètres, monologue en un acte, 2002
Le Chevalier de la Charrette, traduit et adapté de Chrétien de Troyes, 2003
Persona non grata, monologue en un acte, 2003
Tombé du ciel, spectacle historique son et lumière, 2010, 2011
D’Ombres & de Lumières, spectacle historique son et lumière, 2012, 2013
Oh !, spectacle onirique et amphibie, 2013
Gregor écrivain, 2019
La plupart des comédiens qui interprètent Portrait de l’enfant aux volailles travaillent ensemble dans la Compagnie Astyanax depuis plusieurs années et accompagnent Bertrand Pascual dans les spectacles qu’il met en scène. Astyanax a été fondée à Vernouillet en 1993. Depuis trente-trois ans, la compagnie représente des pièces du répertoire classique et du répertoire contemporain. Composée pendant une quinzaine d’années de plusieurs troupes de jeunes ou de moins jeunes comédiens, elle compte aujourd’hui une dizaine de comédiens amateurs adultes. Leurs dernières productions ont été La Cantatrice chauve, d’Ionesco, en 2008, En attendant Godot, de Beckett, en 2010, Les Cuisinières, de Goldoni, en 2013, Nous, les héros, de Jean-Luc Lagarce, en 2017 et Gregor écrivain, de Bertrand Pascual, en 2019.
Les Jadilleurs se sont rencontrés au cours des répétitions de Tombé du ciel, en 2010. Jean-Luc Houbron, chanteur, mélodiste et guitariste, y avait écrit la musique des chansons du spectacle. Pierre Loncle y jouait de l’accordéon. Ils eurent l’idée d’un duo, qui devint un trio quand Didier Besnier, clarinettiste, les rejoignit. Les Jadilleurs est une formation qui a pour vocation première de chanter le répertoire de la chanson française. Dans Portrait de l’enfant aux volailles, Jean-Luc Houbron et Pierre Loncle interprètent une musique originale minimaliste et répétitive, qu’ils ont entièrement composée.
Fil en coulisses est une association vernolitaine de costumières également issue des spectacles historiques Tombé du ciel et d’Ombres & de Lumières. Elles confectionnent des costumes pour le théâtre et le spectacle vivant. Pour le Portrait de l’enfant aux volailles, à la manière du peintre Soulages, elles présentent une collection de costumes contemporains entièrement noirs, dont elles diversifient les formes, les matières et les styles pour mieux en appréhender la lumière.
Bertrand Pascual a conçu une scénographie épurée et fonctionnelle réduite à quelques tabourets dans un espace vide. La scène doit être pensée comme un espace mental ouvert à toutes les circulations imaginaires et imaginables.
L’affiche a été réalisée par Caroline Destermes. Elle représente une pintade, objet sacré, objet de convoitise, objet de discorde, objet de fantasme…



