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Municipales 2020

Municipales à Triel-sur-Seine : une campagne galop d’essai ?

Par : 
Mac Guffin

La crise du Covid-19 n’a pas empêché les Triellois d’aller voter. A l’issue, la liste de Cédric Aoun a une belle longueur d’avance. Elle surprend ceux qui ne voulaient pas voir et a de bonnes chances de gagner la mairie maintenant ou un peu plus tard, quand le cauchemar prendra fin. Une nouvelle génération arrive. Une page se tourne à Triel ; en tout cas espérons-le.

Cédric Aoun ou la recette du succès 

Bluff, organisation et efficacité. On peut voir dans sa victoire, encore une fois, l’application de l’adage "On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre". On devine chez Cédric Aoun un réel instinct politique. Il a su tirer profit mieux que les autres de l’état de délabrement de la municipalité. Bien que son programme ne soit pas aussi pensé que ceux des autres listes candidates au remplacement, il a su nettement mieux appliquer les recettes du succès : sécurité des personnes et des biens (il y aura toutefois à redire sur le fonctionnaire de police recruté pour sa liste (voir la page Facebook de Pascal Gilles), projets de construction séduisants et surtout une équipe qu’il a préparée avec soin et à laquelle il a certainement insufflé l'envie de gagner. À la veille du second tour qui n’aura peut-être pas lieu, ce nouvel entrant est en passe de faire la preuve qu’il n’y a pas de fatalité pour Triel : une nouvelle équipe toute neuve va probablement s’installer à la mairie de Triel. Cependant, elle va devoir se soumettre à l’épreuve des faits ; c'est, au fond, ce que vivent tous les nouveaux. Elle saura,  maintenant ou un peu plus tard, négocier des alliances pour épaissir sa base et un programme un peu attrape-tout qui, malgré tout, a su rallier nettement plus de Triellois que sa concurrente à l’allure une peu trop bobo. En d’autres temps Amour Quijoux avait su, lui aussi, attirer une base populaire.
 

La liste Kerignard, une liste dans l’auto-admiration

Il n’y aura pas d’autrement à Triel. Il fallait les voir lors de l’annonce des résultats comme en pow-wow autour d’une cheftaine frappée d’indécision, savourant un très bon résultat dont ils ne feront probablement rien car frappés d’incapacité à négocier : tout ça pour ça ! Au fond, les listes arrivées juste après n’auraient d’autre choix que de les soutenir sans autre retour que leur sympathie condescendante. La morale de cette affaire est qu’il ne sert à rien d'être très intelligent si cette qualité bride complètement la capacité à faire preuve d’une once de jugeote politique !
 
Arrivée en quatrième position, après la liste conduite par Jonas Maury, la liste de Martine Cartier recueille moins de 10 %. À l’heure actuelle et pourtant avec pas mal d’affinités programmatiques avec Triel Autrement, aucun accord de second tour ne se profile. Cette liste avait certes quelques bons atouts mais manquait quelque peu d’épaisseur structurelle compensée par beaucoup d’engagement et de bonnes volontés. La candidate a montré une réelle capacité politique, mais il y avait beaucoup de listes et les électeurs ont fait un choix dès le premier tour.

 

Condamnation sans appel de la gestion Mancel

Poirot, le cancre au bonnet d'âne. Pathétique est le mot pour qualifier l’aveuglement d’un chef de l’urbanisme, à la tête d’un bateau ivre, le capitaine Mancel en fond de cale ayant depuis longtemps renoncé à tenir la barre. C’était vraiment téméraire de se lancer avec quelques grognards fidèles dans une campagne perdue d’avance ; il aura donc bu la ciguë jusqu’à la lie, tel un Socrate mais ahuri, se croyant indispensable, la chute est rude ! D’autres avaient misé sur un providentiel parachuté : la liste Maury s’est avérée une bouée de secours sans avenir. Le bonhomme qui cherche toujours à se faire adouber par en-haut a appliqué une recette dépassée qui n’aura trompé personne à défaut d’ancrage local. La leçon est à méditer : il n’y a pas d’héritier, pas plus ici qu’ailleurs ! Fermez le ban !
 
Philippe Paillet ou le combat de trop. Parti trop tard, chef de l’opposition municipale et six ans de rouspétance. Le taureau triellois aura, à cette occasion, livré son dernier combat. Les voix rassemblées par sa liste iront se répartir sur les qualifiés du second tour ou se perdre dans la nature.
 
 
 
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