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Municipales 2020

Triel : Y’en a pour tout le monde !

Par : 
Mac Guffin

Maintenant que les vœux sont passés et que le maire Joël Mancel a raccroché, voici, à notre façon, un examen des candidatures déclarées à Triel-sur-Seine. Six listes se présentent aux suffrages des Triellois.  

On pourra distinguer deux catégories, celles qui émanent de l’équipe majoritaire finissante d’une part et, d’autre part, celles qui aspirent à la remplacer !

Les sortants

La liste de Jonas Maury ou opération recyclage
Un candidat élu maire sans avoir exercé aucun mandat, cela s’est déjà vu ; celui-ci a réussi à rassembler sous sa bannière un mix d’élus de l’équipe municipale finissante et quelques têtes nouvelles glanées par-ci, par-là. Dans un prochain article, nous verrons cette équipe de plus près car sa composition est pleine d’enseignements sur ses intentions. Cette prouesse a, toutefois, tous les aspects d’une manœuvre de recyclage pour quelques élus trop heureux d’avoir trouvé asile auprès d’un champion tout neuf, derrière lequel ils peuvent se dissimuler. Ce nouveau venu remplit toutes les cases du macronisme, comme un prototype : venu de Meulan ou la place à droite était déjà prise, à en croire sa vitrine de candidat, la ville lui semble comme un dû, une évidence, il s’affiche entrepreneur, mais on ne sait pas très bien ce qu’il a, jusqu’ici, entrepris à part une carrière politique ! La formule, recyclée aussi, sonne creux, récupérée dans la remise à slogans éculés de la droite reaganienne. Lors de la récente cérémonie des vœux, le pot de départ de Joël Mancel, arrivé un peu tard pour n’en garder que le meilleur, c’est à dire le buffet, échappant à son habituel discours dormitif, j’ai tout de même aperçu la navrante citation, placée à la fin d’un diaporama d’autosatisfaction régionale, signée du fameux Ronald Reagan. À ce point acculturés, certain(e)s en oublient le magnifique réservoir à citations des grandes figures de toutes nos républiques ! C’est à pleurer !

Michel Poirot l’héritier, canal historique ou le Constructàtor
Que porter à l’actif de l’équipe sortante ? Peut-être la maison médicale qui a été ouverte à l’emplacement de la poste. A part cela, que de problèmes ! Le passif est bien là : des projets immobiliers surdimensionnés (87 rue Paul Doumer) ou avortés (projet du Parc municipal) et le projet du quartier du théâtre qui va défigurer le centre historique. S'y ajoutent le projet Sobaux, le projet Galliéni, et d'autres que j’oublie ! Parmi tous ces projets, l’observateur lucide peine à déceler une cohérence, une ligne directrice à part construire parce qu’il faut construire alors on remplit les vides à l’occasion d’une cession, d’une succession, on accumule les préemptions, et parce qu’au dessus la puissance publique nous l’impose ! Le COSEC, il l'avait promis dès son premier mandat, devait être refait de fond en comble. Rien de ce côté. Les belles installations sportives sont à Chanteloup ! À l'en croire, il a été bridé par Mancel ; s’il est élu, il va se déchaîner ! Des fissures inexpliquées : l’équipe sortante n’a toujours pas été capable de fournir des explications sur le quasi-effondrement d’une maison en dessous de l’église. Surtout, les plus mécontents, ce sont les commerçants du centre-ville. La fermeture du parking René Pion qui rend le stationnement de la clientèle très compliqué, l’arrivée d’une délinquance (trafic de drogue), particulièrement la veille du week-end et pendant ; des décisions prises sans concertation : fermeture du passage sous l'église qui impacte les ventes des seuls vrais commerçants (pharmacie Delvallée et boulangerie pâtisserie Lamotte). L’ouverture d’une énième agence immobilière n’est-elle pas le signe avant-coureur d’une ville à vendre ?

En face des oppositions, pas toutes de première fraîcheur

Philippe Paillet ou le village gaulois
Paillet remet le couvert, marchand de vin dans le civil et rouspéteur en chef. Une petite anecdote au sujet du personnage, un souvenir personnel. C’était au début de l’été 2017, les militants de LAREM remplissaient jusqu'à rabord la permanence de la nouvelle élue, la députée Michèle de Vaucouleurs ; je m’y rendis en compagnie de notre Abraracourcix, en suivant Arnaud Richard qui, en bon perdant, venait féliciter la gagnante. Malgré la cohue, il se frayait un chemin dans le local, non pas pour aller grignoter quelques mignardises, mais, quand il s’extrayait, je l’entendis dire : « Il n’y a pas un Triellois là-dedans ! ». Mais, cette fois-ci, il n’est plus seul sur le créneau.

Un petit jeune qui a les mêmes manières, Cédric Aoun, veut lui disputer ce leadership. Cédric s’est illustré par des coups de gueule en plein conseil municipal, vitupérant contre les élus et nous effrayant en expliquant que la ville de Triel est pleine de trous. Il a fallu qu’un inspecteur des carrières se déplace pour rassurer tout le monde. Il s’est fendu en début d’année de vœux plus lénifiants et moins anxiogènes, l’histoire d’être plus rassembleur...

Cédric Aoun, esprit rock bodybuildé
Évidemment, la formule est un peu lapidaire et réductrice. Cédric Aoun, avant sa transformation était principalement connu comme l’animateur de l’association “Esprit Rock”. Il organisait des concerts Métal à Triel, à l’Hautil à l’emplacement du Feu de la Saint-Jean et cela dépotait ; il tenait une friterie pour nourrir et abreuver les métalleux. Il avait figuré dans la liste de Martine Da Silva, du temps où une liste socialiste s’affichait, mais ces temps sont aujourd’hui bien révolus et Frédéric Spangenberg, autre exemple d’orphelin du socialisme triellois, plus attaché à son mandat qu’à des idées, préfère désormais miser sur un autre cheval dans l’unique but de se maintenir, il faut bien vivre !

Sophie Kérignard, Communicator
La candidature écologiste de Sophie Kérignard est autant le produit d’une vocation qu’une histoire de voisinage. La candidate est d’autant plus motivée qu’elle est directement concernée par un projet de constructions ainsi que son voisin Jean-Pierre Houllemare. En effet le projet Sobaux (dans la rue du docteur du même nom) se situe tout près de leurs pavillons.

Une vengeance recuite se traduit par son soutien inattendu mais parfaitement explicable : l'inénarrable ancien maire n’a pas d’autre ambition que de bouter l'équipe de Joël Mancel avec laquelle il a un vieux contentieux à régler. Pour cela, il court partout pour dire tout le bien qu’il pense de la candidate Sophie Kérignard, sa voisine ; misant sur elle pour ourdir sa très médiocre vengeance personnelle, il se dit écologiste converti ! C’est à mourir de rire quand on pense qu’il fut il y a quelques années le promoteur de l’implantation d’un supermarché à la sortie de Triel. Bonjour le respect de la nature ! Il n’est pas sûr que cela serve vraiment la candidate car il fait tâche dans une communication jusqu’ici remarquée. S’agit-il d’une soudaine fébrilité de la part de celle-ci ?

Le tandem surprise : Martine Cartier et Rodrigo Acosta
Pour présenter une liste plus en phase avec les autochtones et peut-être aussi parce son colistier proclame, comme le poète stalinien Louis Aragon, que “la femme est l’avenir de l’homme”, la liste est menée par Martine Cartier choisie par l’ensemble de l’équipe. Voilà une liste aux ambitions clairement écologistes, objectif que toutes les autres reprennent à leur compte. Les électeurs sauront séparer le bon grain de l’ivraie et Dieu reconnaîtra les siens ! En second sur ladite liste, s’affiche donc un candidat clairement basané, j’ai nommé Rodrigo Acosta. Rassurez-vous chers Triellois, en votant pour Martine, ce n’est pas pour autant que vous voterez pour la copine du Che ou du Lider Maximo ! Il est républicain et français comme vous et cela fait très longtemps qu’il arpente les rues de sa chère ville ; sa passion pour Triel est presque déraisonnable !

 

A suivre ...

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