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Histoire contemporaine

2002 : La nouvelle frontière démocratique : l’Hautil

Par : 
Claude Barouh V. Di Senzo et Rodrigo Acosta

Souvent, on pense que la démocratie locale n’existe pas. L’exemple de  l’Hautil* démontre le contraire. Deux sujets «chauds» qui contribuent à la richesse du débat et donnent l’exemple à suivre non seulement pour les autres secteurs de Triel mais pour les autres communes françaises. 

«Idées et exigences des Hautilois» était la 5ème partie de la réunion publique du 23 mars 2002 organisée par le collectif «la sécurité routière sur l’Hautil». Presqu’une centaine de personnes y ont assisté pour écouter, réagir, contredire les principaux intervenants de la soirée : Claude Barouh (Travail accompli), Robert Landsberger (Résultats obtenus), Fabrice Dorison (Rappel des accidents), Gilles Billotte (Objectifs 2002) et entendre les réactions de Mr J-P Houllemare (maire de Triel), de Mme M-H Lopez-Jollivet, conseillère du Canton, et Philippe Esnol, Conseiller général et maire de Conflans St Honorine. Le tout animé par le « speaker » hautilois, Mr Mike Close qui est aussi président de l’association Bien Vivre à l’Hautil (BVH).
Le collectif a su fédérer l’ensemble des forces locales (habitants, puissances publiques et même l’Etat par l’intermédiaire de la DDE) pour aboutir à deux aménagements d’extrême importance pour la sécurité routière de la RD 22 :
- l’aménagement du carrefour de la Gaule Rouge
- l’aménagement du carrefour d’Ecancourt.
Ces travaux avec un coût de 212.000 euros seront financés à 100% par le Conseil Général. Le budget a été voté en février 2002.
Mme Lopez-Jollivet a su résumer le débat concernant la sécurité routière : «Le travail du collectif nous a permis de mieux présenter et défendre le dossier et le positionnement du collectif devant les élus à plusieurs echélons : davantage de sécurité routière sur la RD 22». Le maire de Triel, J-P Houllemare a corroboré en soulignant que « le résultat est le travail de consensus entre le collectif et la puissance publique». Même Philippe Esnol, conseiller général, s’est prononcé en faveur d’une vigilance accrue pour aboutir à une solution globale de l’aménagement de la RD 22.
Le travail continue et il reste des chantiers à terminer. Mr Gilles Billotte, porte parole du collectif, s’est montré tenace : « le problème n’est pas complètement resolu et il se pose la question d’un aménagement global (les passages piétons et cyclistes... et surtout la sécurisation des alentours de l’école Freinet.). Pour 2002, le collectif projette : mobilisation pour un aménagement acceptable aux alentours de l’école et rendez-vous pour le 4 mai pour un opération “Zone 30 virtuelle”». La frontière démocratique locale s’est trouvée à l’Hautil le 23 mars 2002. Bravo pour la détermination et l’exemple de ce débat qui a enrichi la démocratie locale. (R. Acosta)

 

2. Un vrai-faux Karakoké : l'Hautilus

Bar karaoké dansant sur l’Hautil, un dossier brûlant

Enseigne non conforme, activité de karaoké dansant illégale, la missive* du maire de Triel aux gérants de l’Hautilus est sans équivoque. Il semble bien que ceux-ci aient pris quelques libertés avec la loi.
L’affaire a commencé le vendredi 23 mars, la soirée d’inauguration privée du bar karaoké dansant s’est vite transformée en cauchemar pour les riverains de l’établissement : bruit de musique assourdissant, ballet incessant de voitures, stationnement sauvage des véhicules, comportement agressif de certains clients manifestement éméchés, vomissures sur les abords du chemin et de la route. La police, arrivée trop tard sur les lieux, n’a pu constater d’infractions, la musique s’étant subitement assourdie et les voitures stationnées illégalement ayant soudainement disparu. 
Le rappel à l’ordre du maire se veut rassurant, reste que l’inquiétude des habitants demeure. L’installation d’un tel établissement en pleine zone résidentielle et à proximité immédiate des habitations étonne. Il y avait bien un hôtel-restaurant en cet emplacement mais sa nouvelle destination pose de nouveaux problèmes. 
La nuisance sonore tout d’abord car la construction n’a de toute évidence pas reçu de traitement particulier au niveau de l’isolement acoustique. Sans mettre en doute la bonne volonté des nouveaux propriétaires, le voisinage ne peut se reposer seul sur de bonnes intentions. 
Le stationnement sauvage induit par l’absence d’aménagement particulier. Si du point de vue de l’urbanisme, l’Hautil ne bénéficie d’aucun statut spécial (bien qu’il s’agisse d’une zone naturelle), on peut quand même s’étonner que le POS (NDLR : Plan local d’urbanisme) n’impose aucune obligation en terme de stationnement lors d’un ré-aménagement d’une construction destinée à recevoir du public.
Le risque d’accident ensuite. Le stationnement le long des trottoirs et les débordements inévitables dus à la consommation d’alcool rendra la fréquentation de cette route dangereuse contrariant au passage l’action du collectif pour la sécurité routière sur l’Hautil qui se bat avec la mairie pour sécuriser cet axe réputé accidentogène.
La non conformité des enseignes peut paraître anecdotique mais les panneaux lumineux utilisés percent la nuit du ciel hautilois au grand dam des riverains qui ressentent ces illuminations comme une agression. Reste que le mauvais goût affiché par ces enseignes disproportionnées, disgracieuses et à la couleur criarde a atteint un objectif : être visibles depuis l’école et au-delà. 
Encore une fois, les riverains ne sont pas hostiles à la réouverture de ce bar-restaurant mais son extension en karaoké dansant est totalement incompatible avec les aspirations légitimes de tranquillité et de sécurité que partagent une grande majorité des habitants de l’Hautil qui avaient cru trouver en ce lieu privilégié un espace naturel, calme et convivial.
Leur vive réaction partagée par l’association BVH qui s’en fait écho ne peut être confondue avec un quelconque mouvement NIMBY (Not In My Backyard) car elle ne reflète pas de résistance à un quelconque service d’utilité collective (à moins de reconnaître le karaoké grande cause nationale) mais rappelle la nécessite du respect de simples règles :
« Aux particuliers de faire acte d’intelligence, aux entreprises d’installer à l’écart ou d’investir pour limiter les nuisances et aux pouvoirs publics de faire appliquer la loi et de prendre les mesures qu’imposent le bon sens et le respect d’autrui ».
Les populations et associations concernées vont se tourner maintenant vers la préfecture, car en effet, il n’est pas dans les pouvoirs du maire d’interdire ce type d’activité et seule une concertation avec la préfecture, les services de police ainsi que tous les acteurs de la vie publique pourront faire avancer ce dossier qui s’annonce brûlant pour la vie locale. (V. Di Sanzo)

 

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