Vous êtes ici

Infrastructures routières et environnement

Déviation de la RD154 : plus de 200 persistent à s'opposer à cet ouvrage

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

Malgré la pluie et le froid, 230 personnes se sont déplacées, le 16 novembre, pour montrer leur opposition à cette déviation ni faite ni à faire. L'ADIV-Environnement a marqué un coup énorme afin de mettre ce dossier à la première place de l'agenda politique de Verneuil-sur-Seine. 

Selon les organisateurs, 230 personnes ont fait le déplacement au centre-ville de Verneuil-sur-Seine pour manifester contre cette rocade d'un autre âge. Pour mémoire, le coût serait considérable : entre 24 et 30 M€ ! Malgré des conditions météo peu propices pour attirer plus de monde, cette manifestation a été une réussite totale ; les revendications étaient claires : non à la déviation et plus d'écologie ! D'ailleurs, plusieurs candidats à la mairie de Verneuil-sur-Seine étaient présents.

Etat des lieux du projet  

Quel est l'avancement du projet tant rejeté par les habitants depuis des lustres ? Au printemps 2019, des travaux archéologiques dans la Plaine de Vernouillet ont fait penser de nombreuses personnes que les travaux de la déviation étaient lancés ; en fait, la zone a été remise en culture et les travaux de construction de la déviation n’ont pas commencé. Pourquoi n'ont-ils pas été entrepris ?

Jusqu'à présent, le département n’a pas exproprié l’ensemble des propriétaires ni des familles présentes sur le trajet de la déviation. Le département doit attendre que le Tribunal de grande instance de Versailles fasse des propositions financières puis des expropriations en cas de désaccord. Comme un certain nombre de propriétaires n’accepteraient pas la proposition du département, cela va prendre encore un certain temps.

Toutefois, ce qui retarde vraiment le département, c’est le revers qu’il a subi sur le dossier de dérogation pour destruction d’espèces protégées : le Bois de Verneuil est un bois très riche au point de vue biodiversité, abritant de nombreuses espèces protégées. Pour construire la route, il faut obtenir une autorisation du préfet qui s’appuie sur l’avis d’une commission nationale. L’avis de celle-ci a été défavorable à la demande de dérogation du département ; c'est donc un point négatif pour le projet. Le préfet aurait pu passer outre cet avis et signer l’arrêté permettant de commencer les travaux dans le Bois de Verneuil mais il ne l’a pas fait. Ce délai est précieux pour les défenseurs de la nature.

Au final, selon les organisateurs, "Le préfet des Yvelines attend le résultat des élections municipales et c’est pourquoi [ils ont] organisé cette manifestation le 16 novembre 2019." En cas de victoire d'une liste clairement s'opposant à la déviation RD 154, la donne politique serait changée ! 

Philippe Tautou, le maire actuel de Verneuil-sur-Seine, a porté le projet de déviation de la RD154 depuis son entrée au conseil municipal en 1989. Il est également président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise et a de bonnes relations avec Pierre Bédier, le président du Conseil départemental des Yvelines. De plus, pendant toute cette période, tout le monde pensait qu’à l’avenir, il y aurait une augmentation continue de la circulation automobile. Depuis 30 ans, toutes les conditions étaient réunies pour que le projet avance.

Un projet inutile

La situation a totalement changé quant aux besoins de déplacements des habitants de Verneuil et de ses environs. Les habitants considèrent maintenant qu’il est plus important de garder nos derniers espaces naturels et agricoles plutôt que de gagner 40 secondes sur un trajet en voiture ; la dernière enquête mobilité en Île-de-France a montré que la circulation automobile a commencé à diminuer : la mobilité est en train de changer ; des décideurs, même le préfet et certains élus, commencent à douter sérieusement de l’intérêt de cette déviation.

Pour le président de l'ADIV-Environnement, Bernard Destombes, "Il ne faut donc pas croire que c’est plié et qu’on ne peut plus rien faire comme on l’entend quelquefois. C’est maintenant qu’il faut montrer aux candidats aux élections municipales de mars prochain que la population rejette ce projet. Et si la population est contre le projet, le prochain maire sera contre le projet. Et si les maires sont contre le projet, le président du département devra en tenir compte pour sa propre réélection aux élections départementales de 2021."

Le président de l'ADIV a conclu en exhortant les habitants présents à agir : "C’est notre dernière chance pour arrêter ce projet. Il faut dire autour de vous que vous être contre la déviation ; il faut que vos amis et voisins en soient aussi convaincus. Les candidats aux élections municipales en tiendront compte. Nous allons continuer à faire des actions jusqu’au printemps prochain mais ne pourrons pas avancer sans vous."

Après le premier tour des élections de mars, nous verrons si son pronostic se concrétisera ; après, ce sera trop tard pour les opposants à la déviation de la RD 154.

 

Publicité