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Hommage

Au pèlerinage de Médan, pour Jean-François Kahn, le message de Zola envahit le XXIe siècle

Par : 
Rodrigo Acosta
En pèlerinage à Médan, le 6 octobre, Jean-François Kahn, écrivain, fondateur de Marianne, est venu rappeler au public présent (environ 300 personnes) que Zola est d'une immense modernité tant pour les questions sociales, politiques et économiques que son œuvre suscite. Pour lui, Zola est de retour et nous devons le relire avec acuité par rapport aux enjeux du XXIe siècle. 

La pluie a cédé sa place à un rayon de soleil, comme un signe naturel de la venue d'un orateur de l'envergure de Jean-François Kahn. Le fondateur de L'Evénement du jeudi, et de Marianne, était aussi dans son rôle d'essayiste ce dimanche 6 octobre 2019. A l'invitation de l'association "Maison Zola-Musée Dreyfus", présidée par Louis Gautier et de la Société littéraire des Amis d'Emile Zola, présidée par Joël Rochard, Jean-François Khahn, JFK pour les intimes, a réitéré l'importance de l'œuvre d'Emile Zola, un des membres du Panthéon de la littérature française contemporaine.

Pour M. Kahn, une de ses premières lectures de l'œuvre de Zola a été le classique Au Bonheur des Dames où l'auteur raconte le passage d'un système économique à un autre plus "moderne" dans lequel la surconsommation apparaît en concomitance de l'ère industrielle qui façonne le mode de vie à Paris. C'était cette lecture qui l'a conduit, à la fin du XXe siècle, à décrier la toute-puissance de la grande distribution au détriment des petits commerçants du centre-ville. Par ce biais, JFK amorçait le débat de la déliquescence des centres-ville en France ; en outre, il a défendu la proximité. Ces deux arguments auraient pu être le combat de Zola à la fin du XIXe siècle. Comme dans le livre Germinal, l'injustice, l'inégalité sociale se révèlent être les thèmes prépondérants de ce message d'Emile Zola. En prenant l'angle humoristique, JFK a expliqué que c'est, peut-être, la lecture de L'Assommoir qui l'avait prémuni de l'alcoolisme.

Emile Zola a dénoncé les abus du pouvoir du système, tout en étant dans le système ; Zola n'était pas un révolutionnaire mais un observateur qui a vu juste. M. Kahn a exposé l'idée (osée) de dire que Zola a une double "approche" : celle de Victor Hugo et celle du Général de Gaulle. Tous les trois sont allés contre leur camp pour dénoncer, à un moment donné, le système dans lequel ils évoluaient, mais dans trois contextes différents. Surtout, il fallait oser "la rupture contre ceux qui l'on appelle sa caste !" En même temps, il faut tenir une rigueur et résister à la foule, autrement dit à l'opinion publique. Et ces trois piliers de la France, si l'on suit le raisonnement de M. Kahn, parlent au nom du peuple, du peuple ! 

En somme, c'est un choix quasi-cornélien, "la vérité est là, mais l'on ne peux le dire simplement !" Le message de J'accuse avait résumé ce procédé contre la "raison d'Etat". Si l'on transcrit cette problématique à nos jours, Zola est moderne et son message reste d'une actualité incommensurable : "Zola a porté et continue à porter un poids énorme dans l'Affaire Dreyfus" pour faire éclater la vérité devant l'opinion publique. 

Par conséquent, notamment dans le domaine de la littérature, Zola a complété l'œuvre littéraire de Victor Hugo. Ensemble, ils ont décrié la spéculation, l'injustice, l'inégalité sociale, l'argent "qui peut-être le source de la corruption", mais qui peut aussi devenir le moteur d'un certain mode de vie alliant le progrès et la liberté pour l'homme et par l'homme. En conclusion, pour JFK, "Zola a envahi la question sociale, économique et politique du XXIe siècle.

 

 

 

 

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