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Élections municipales 2019

Élection municipale à Vernouillet : début d’autopsie

Par : 
Mac Guffin

Comme prévu, le dimanche 30 juin, Pascal Collado a été réélu maire de Vernouillet. Les résultats sont sans appel : la liste menée par le maire a obtenu 54 % des suffrages exprimés, celle de Marie-Hélène Lopez-Jollivet 31 % et celle de Jean-Pierre Grenier 15%. Quant à la liste de Jean-Yves Denis à l'origine de cette élection surprise, elle s'était retirée piteusement sans combattre. Les questions nées de cette situation inédite méritent un examen. L'épilogue surviendra aux prochaines élections municipales en mars 2020.

 

Cet épisode électoral intervenu à la lisière des grandes vacances laisse un drôle d’arrière-goût et quelques questions que les acteurs de ce psychodrame ne sont pas prêts d’oublier. 


Les premières difficultés de LaREM et le crépuscule de la candidate Lopez-Jollivet


Rompue à la lutte électorale, Mme Lopez-Jollivet, avec une liste solide, n’est cependant jamais parvenue à menacer le maire sortant. Elle accusait le coup comme c’est bien normal à l’issue du scrutin. Sans doute son encore trop récent séjour à Conflans-Sainte-Honorine, pour cause de candidature avortée au Parlement, était encore trop présent dans les esprits ; Après ce galop d'essai, la probabilité d’une liste de LaREM, qui est son nouvel étendard, s’éloigne pour les élections municipales de 2020. La greffe n’a pas repris ! Son électorat naturel, socialiste traditionnel, résiste mais ne suffit pas. La candidate ne parvient plus, comme auparavant, à rallier les électeurs du centre. Dans quelques mois, le parti présidentiel aussi bien compatible centre gauche et, par ici, plutôt centre droit, plus pragmatique et comme le caméléon, préférera le soutien à une liste qui ne heurte pas frontalement un candidat ancré localement.

Un maire devrait pouvoir travailler avec tous les conseillers municipaux

La liste de Jean-Pierre Grenier a fait un bon score bien qu'elle ait été constituée dans l'urgence ; c’est la surprise et une chance de renouvellement. Le candidat s’est fait connaître des Vernolitains depuis longtemps par son combat opiniâtre et censé contre la déviation de la RD154. Sans doute sa liste, qui a dû mener une campagne rapide, souffrait d'un manque de temps. Dans les quelques mois qui restent, le nouveau maire devrait peut être composer, en l’écoutant et en l’informant car l'intéressé sait être teigneux ; un dernier détail physique d'importance, il est aussi grand que le maire ! Alors, ce dernier sera-t-il capable de négocier avec un opposant alors même qu'il n'a pas su ou pas voulu le faire avec ses propres conseillers ?

 

des frondeurs petits bras et une dose de clientélisme comme martingale


Nous restons donc avec cette question : Pourquoi la précédente équipe de M. Collado en est-elle arrivée là ? Les frondeurs parlent d'un gouvernement solitaire et « autocratique » pratiquant, au besoin, l'intimidation avec les récalcitrants. Ces mauvaises manières, les aurait contraints, n'en pouvant plus, à provoquer cette crise ouverte à la fin de la mandature ? Finalement, le maire, se victimisant et s'appuyant sur un électorat légitimiste, remporte la bataille. Pascal Collado aura profité de cette opportunité pour faire le ménage avant les élections de 2020, construire une équipe à sa convenance, c'est à dire, avec des inexpérimentés plus frais, plus maniables, enfin plus soumis ! Au fond, si on refait le récit depuis le départ, Pascal Collado, arrivé en 2014 comme pièce rapportée choisie par le réseau Bédier pour la reconquête de la mairie de Vernouillet tenue alors par Madame Lopez-Jollivet, a su se débarrasser de Vernolitains qui, naguerre, avaient dû se résoudre à accepter à contre-coeur son parachutage. Le Département avait aussi besoin d'un candidat fiable, c'est à dire favorable au projet de déviation, sans les finasseries et garde-fous nuisibles aux affaires ; et bien que le nouvel arrivant ait défendu le contraire lorsqu'il était candidat, promesse de campagne oblige. Ajoutons que, pour garantir sa réélection, il n'a pas hésité, cette fois ci, à accorder en catimini et à la dernière minute, un bail emphytéotique aux religieux du quartier du Parc pour s'assurer des suffrages sensibles à l'édification d'une mosquée rendue possible par ledit bail : clientélisme à fond ! Sans parler du retrait providentiel des frondeurs décidément sans envergure : Tout ça pour ça, Ils se sont littéralement déballonés en cours de route notamment sous le prétexte du maintien de la liste Grenier pourtant arrivée en quatrième position ! De vrais foireux ! Grâce à eux, le maire sort ainsi de cette séquence gagnant sur toute la ligne !
Les quelques mois de sursis qu'il a obtenu vont-ils lui suffire pour penser les plaies ? Gageons que les remplaçant(e)s vont être particulièrement cajolé(e)s, afin qu'ils ne redescendent pas trop vite sur terre. Ils découvriraient à leurs dépens, s'ils récalcitrent à leur tour, des aspects habilement dissimulés, même pour ceux qui le pratiquent quotidiennement, de sa personnalité. Pascal Callado saura au contraire mettre à profit cette période préélectorale pour étouffer, arrondir les angles et ménager les susceptibilités.

L’avenir politique reste cependant incertain à Vernouillet car ces résultats sont le fruit d’une très faible participation avec près de 65 % d’abstentions ! Match retour en 2020 !

 
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