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Vie municipale

Le maire de Carrières-sous-Poissy a été mis en minorité lors du vote du budget

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

Le 9 avril vers 23 h, Anthony Effroy, conseiller municipal de Carrières-sous-Poissy, a annoncé le fait marquant de la soirée : le vote du conseil municipal du mardi 9 avril a été défavorable pour le maire, Christophe Delrieu. Est-ce le début de la fin du mandat de ce dernier ? Contacté par la rédaction, le maire n'a pas encore répondu à notre appel.  Le 17 avril, le maire vient de perdre une nouvelle manche lors du conseil municipal : les deux adjoints frondeurs sont restés à leur place contrairement à la volonté du maire. 

"Carrières-sous-Poissy : le budget primitif est rejeté !" a été relayé le lendemain par l'équipe de M. Eddie Aït, ancien maire et conseiller régional de la région Île-de-France. Cet opposant de taille se régale de ce vote défavorable. C'est un moment fatidique pour la mandature du maire actuel car, cette semaine, il a perdu non seulement la confiance d'un conseiller municipal mais aussi celle de sa majorité. Dix de ses "anciens" colistiers ayant voté contre l'adoption du budget présenté par le maire actuel, on se rend compte de la situation difficile que traverse M. Delrieu. Réunis le 9 avril en séance du conseil municipal, les élus de la Carrières-sous-Poissy ont rejeté le budget primitif 2019 (par 18 voix contre et 15 pour).

Ce budget, présenté par M. Delrieu, était imprudent selon Lucas Charmel, un des anciens appuis du maire.  Les opposants tels M. Aït et M. Effroy ont considéré ce budget comme  "irréaliste et en partie insincère".  Pour Eddie Aït, "Nous ne pouvions pas le cautionner et encore moins le voter. Il représentait un fort risque sur nos finances publiques et portait atteinte à l’intérêt général des 16 000 Carriéroises et Carriérois. C’est pour servir cet intérêt général que nous avons été élus et pour rien d’autre. C’est dans cette dynamique que s’inscrit notre volonté de rebâtir une ville apaisée."

Concrètement, c'est la préfecture, en s'appuyant sur le Cour des comptes, qui va mettre en place une gestion pour les affaires courantes (salaires, achats nécessaires pour le fonctionnement des services...) et le maire risque d'être mis sur le banc si les opposants se coalisent pour le forcer à démissionner. Une séquence négative, qui pourrait achever la mandature de M. Christophe Delrieu, s'annonce à Carrières-sous-Poissy.

Depuis deux ans, la situation politique s'est dégradée pour lui. Quatre démissions(1) ont fini de convaincre ses autres colistiers que la situation était devenue ingérable. L'ensemble des décisions du maire risquent d'être mises en cause. D'abord, le plan d'investissement tant annoncé sur l'espace public sera forcément mis en question. Le maire semble être dans une impasse. Que peut-il faire ? Comment faire croire aux habitants et aux associations que ses actions et ses décisions ne sont pour rien dans la situation actuelle ? 

Enfin, le 17 avril, une nouvelle fois, le maire a été mis en minorité : contre son avis, et par 18 voix contre 14, les deux adjoints au maire ont été maintenus dans leur fonction. Ce maintien aurait été impossible sans le soutien des élus du groupe « Agir pour Carrières », qui a souligné la fin de règne Delrieu : "Cette perte de confiance doit entraîner le retrait de vos délégations consenties par le conseil municipal. C’est le sens du courrier qui vous a été adressé le 13 avril 2019 par 18 élus sur 33 de notre assemblée."  Désormais, pour les Carriéroises et les Carriérois, la route turbulante de la campagne municipale a commencé. 

 

Le maire perd sa majorité : Le budget 2019 retoqué par le Conseil municipal !

(Communiqué du 10 avril 2019)

 

Le Conseil municipal de Carrières-sous-Poissy a connu un rebondissement sans précédent, lors de la séance du 9 avril, puisque, contre toute attente, 10 élus de la majorité, dont plusieurs Maires-Adjoints, ont voté contre le budget 2019.

 

Le Maire, Christophe Delrieu, s’est donc retrouvé en minorité et incapable de faire passer ses choix budgétaires pour l’année 2019.

 

Pour Anthony Effroy, chef de file du groupe « Bien vivre à Carrières », cette situation était prévisible, tant les dérives du Maire étaient devenues importantes et régulières :

 

« Depuis 2015, monsieur Delrieu se comporte en petit monarque, qui pense pouvoir imposer ses choix, quelques soient leurs conséquences.

La fracture au sein de sa majorité était de plus en plus visible ces derniers mois et les démissions successives de l’Adjointe aux Finances et Ressources Humaines, puis de l’Adjoint à l’Urbanisme laissaient présager d’un éclatement du groupe déjà très fragilisé, par les multiples condamnations du Maire et sa politique autocratique. »

 

Dans un face à face vigoureux avec le Maire, Anthony Effroy a pointé plusieurs irrégularités dans le budget et demandé des explications sur de nombreuses dépenses, mais comme à son habitude monsieur Delrieu n’a apporté aucune réponse à ces questions :

 

« En refusant de détailler certaines dépenses, comme l’achat de mobilier pour un montant de 660 000€ ou encore d’indiquer les dates de débuts de travaux de nombreux projets annoncés il y a plus d’un an (DOJO, Tennis, Groupe scolaire), le maire a mis en évidence le caractère insincère de ce budget et je pense que beaucoup d’élus ont été choqués par ce manque de transparence et cette condescendance.

Depuis 5 ans je demande aux élus majoritaires d’assumer leurs responsabilités et de faire leurs choix dans le seul intérêt des habitants, j’ai enfin l’impression d’avoir été entendu»

 

Lorsque le budget n’est pas voté à la date buttoir du 15 avril, c’est l’article L 1612-2 du Code Général des Collectivités qui s’applique et qui prévoit notamment, que le Préfet saisisse sans délai la chambre régionale des comptes qui, dans le mois, et par un avis public, formule des propositions pour le règlement du budget. C’est alors le Préfet qui règle le budget et le rend exécutoire.

 

En clair, monsieur le Maire n’aura plus la main sur les finances de la ville et sa folie des grandeurs va pouvoir enfin être réfrénée.

 

Pour Anthony Effroy, les élus dissidents doivent aller au bout de leur démarche et prendre les mesures qui s’imposent :

 

« Sans majorité et surtout sans pouvoir budgétaire, il serait logique que monsieur Delrieu démissionne de son mandat, mais ce choix de la raison, je sais qu’il ne le fera pas. Je demande donc à l’ensemble des élus d’exiger la convocation d’un Conseil municipal extraordinaire, afin de voter la révocation de la délégation confiée au Maire en 2014, ainsi que la suppression de ses indemnités.

 

Note

1. MM. Philippe Berton, Frédéric Kor, Lucas Charmel et Mme Dikra Bernard, qui a intégré le conseil municipal suite à la démission de Marie-Laure Vardon, anciennement chargée des finances.

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