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Les gens de Triel

Au revoir Philippe !

Par : 
Hervé

Ainsi va la vie, Philippe est parti et maintenant il vit dans nos souvenirs et nos cœurs. Thierry en parle très bien : Nous perdons un compagnon de route, qui savait nous recevoir chez lui et participer à sa manière à la vie du journal. Nous avons partagé un dernier repas avec lui, la semaine dernière, et jamais nous n’aurions pu penser, une seconde, que c'était le dernier ! Je ne pourrai pas venir mardi, mais j'aurai une vraie pensée pour lui et sa famille.

 
                         

Je l’ai connu plus tard. A midi, lorsque j’étais seul, je m’invitais souvent chez lui ; sa porte était toujours ouverte. J’amenais mon casse-croûte et nous échangions autour du verre de l’amitié. J'appréciais beaucoup son humour. Je crois que Philippe avec nous c’était un peu comme les copains d’abord. Cette allusion à Brassens va lui plaire !

Longtemps bistrot à Rueil puis à Croissy, au début, il avait été boulanger comme son père à Poissy. Son affaire faisait brasserie et ça marchait fort à l’époque. Ensuite, il y eut le mariage, puis les enfants. Ces derniers noëls et le nouvel an étaient l’occasion de réunions en famille chez lui. On voyait bien qu’il préparait avec soin l’évènement en se mettant en cuisine. 

Philippe gardait une passion pour l’accordéon. Branché sur Radio Enghien, il était intarissable sur les grands accordéonistes, le Triellois Émile Prud’homme bien sûr ! Philippe pour les gens de Triel, c’était aussi le bon voisin, saluant sa voisine d’en face, appuyé à la fenêtre… Et cette relation avec la chatte de gouttière Mia qu’il avait recueillie.

Il aimait aussi les comédies à la française et il a été ravi de découvrir La chèvre avec Depardieu et Pierre Richard qu’on a projeté à la Péniche. Ce soir là, notre récompense a été de l’entendre s'esclaffer de rire.

La messe d'enterrement a eu lieu mardi 12 février à l'Église Saint-Martin de Triel-sur-Seine à 10 h 30.

 

Philippe, mille fois merci !

Philippe faisait partie du quartier depuis fort longtemps. Il était là pour donner un coup de main ici et là sans attendre une contrepartie. Il n’a jamais envisagé de vivre dans un autre lieu qu’à Triel-sur-Seine, entre Ciel et Seine. Pour lui, le quartier avait tout ce qu’il faut pour vivre heureux, plein de chats, des bons voisins et surtout la proximité à la Seine. Je pense que ce fleuve le faisait rêver aux contrées lointaines.

Philippe a écouté plusieurs fois mes récits sur mes différentes expériences dans la Nouvelle Angleterre (en USA), mes voyages en Russie, en Ukraine, en Tajidkistan, sans oublier ma balade en Hongrie.  Quels sont les liens qui unissent ceux ou celles qui voyagent beaucoup, « les déracinés » et ceux comme Philippe qui restent attachés à leur ville qui les a vus naître et grandir ?

Comme dans l’ouvrage de Julio Cortazar, La Marelle, édité en 1963, le héros, Horacio Oliveira, le déraciné habitant à Paris vit, chante, écrit et consomme sa vie comme un romancier attendant son heure de gloire... Son meilleur ami resté à Buenos Aires, n’est jamais sorti de son quartier. Il détestait voyager malgré son surnom, Traveler. Dans l’histoire du livre, Horacio rentre précipitamment à Buenos Aires et se dispute avec Traveler sur son mode de vie. Suite à un échange philosophique, chacun croyait ce qu’il disait et vivait ce qu’il croyait.

Chacun dans son milieu et avec peu de moyens, peut et doit faire le maximum pour vivre plus paisiblement dans ce monde tellement complexe et conflictuel qui nous conduits à être toujours sur nos gardes. Ainsi, Philippe, par son action et sa bienveillance, a permis de construire un petit havre de paix dans notre quartier Charles-Dupuis. Philippe était « notre gardien du bonheur périssable ! »

Philippe, au nom des voisins, mille fois merci !

Rodrigo Acosta Garcia

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