Vous êtes ici

Biodiversité

Cettia-IDF : une base de données naturaliste régionale

Par : 
Adiv environnement

Vous observez certainement chaque jour de nombreuses espèces animales et végétales qui pourraient améliorer les connaissances sur la biodiversité de votre commune, de votre région. C’est par exemple la mésange charbonnière dans votre jardin, les groupes de moineaux domestiques sur les places en ville (rappelons qu’à Paris les ¾ de la population de moineaux a disparu entre 2003 et 2016), la piéride du chou voletant devant la fenêtre de votre bureau ou encore le hérisson écrasé au bord de la route (et oui même les observations d’animaux morts peuvent servir à identifier les points noirs sur les routes).

L'ADIV continue à faire œuvre de pédagogie, voici son dernier article. Voir également ce lien :
http://www.adiv-environnement.org/cettia-idf-une-base-de-donnees-naturaliste-regionale/

Parce que l’on protège ce que l’on aime, et qu’on aime ce que l’on connait, Natureparif aujourd’hui devenue l’Agence Régionale de la Biodiversité (ARB) a mis en place depuis 2013 un outil de saisie naturaliste en ligne à l’échelle régionale, Cettia-IDF. ADIV Environnement est devenue association partenaire de l’ARB depuis cet été afin de collaborer avec cet organisme. Cette base de données permet de renseigner des données relatives à l’ensemble des espèces de  la faune,  de la flore et de la fonge*,  au niveau régional. Ces données sont ensuite reversées au Système d’Information sur la Nature et les Paysages (SINP) qui correspond à une base nationale.

Ce système simple et ergonomique permet à la fois aux écologues et aux naturalistes professionnels mais aussi aux bénévoles et aux débutants de saisir rapidement leurs observations ainsi que de visualiser celles effectuées par les autres contributeurs.

Ces données viennent enrichir les cartes de répartition des espèces au niveau régional sous la forme d’atlas dynamiques de la biodiversité. Ainsi, ont déjà été mis en place des atlas pour les libellules, les papillons de jour, les mouches-scorpions, les fourmillions, les reptiles, les amphibiens et les mammifères. Ces atlas nt plusieurs utilisations :
- Mieux connaître le patrimoine naturel de l’Île-de-France et mesurer ses évolutions grâce au détail de la répartition passée et présente des différentes espèces sur notre territoire.
- Valoriser les observations faites par les uns et les autres et inviter les observateurs à combler les « vides de prospection ».

L’atlas dynamique de la biodiversité de Cettia permet également d’éditer des synthèses communales de la biodiversité de plus en plus précises.

Nous proposons ici une synthèse des connaissances actuelles sur la commune de Verneuil-sur-Seine à partir de Cettia qui contient 3123 données sur 603 espèces pour la commune, Faune-IDF (base de données de la LPO) et le site du Conservatoire bBotanique national du bassin parisien (CBNBP) pour la flore :

La flore

386 espèces ont été observées récemment (depuis 1990) sur les quelques 1600 espèces de plantes que compte l’Île-de-France. Parmi celles-ci, 8 espèces sont déterminantes de ZNIEFF**, dont une protégée au niveau régional, l’orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa) et une considérée comme « en danger » sur la liste rouge de la flore d’Île-de-France, la gnaphale jaunâtre (Laphangium luteoalbum).

Les oiseaux

172 espèces fréquentent la commune. Cette diversité importante est notamment due à l’hétérogénéité des habitats (forêt, plans d’eau, milieux ouverts). On compte 44 espèces nicheuses avérées dont le pic noir (Dryocopus martius) et le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus). On citera notamment la bécassine des marais (Gallinago gallinago) parmi les espèces hivernantes sur les plans d’eau de l’Île de loisirs du Val de Seine.

Les mammifères

13 espèces dont l’écureuil roux (Sciurus vulgaris) protégé en France et concurrencé par le tamia de Sibérie (Tamias sibiricus) désormais bien présent dans le bois de Verneuil.

Les chauves-souris (chiroptères)

10 espèces dont la sérotine commune (Eptesicus serotinus) considérée comme « vulnérable » en Île-de-France et la noctule commune (Nyctalus noctula) considérée comme « quasi-menacé » en Île-de-France.

Les reptiles

3 espèces dont l’orvet (Anguis fragilis) et le lézard des murailles (Podarcis muralis), tous deux protégés en France. On peut aussi rencontrer la tortue de Floride (Trachemys stricta) considérée comme invasive.

Les amphibiens

5 espèces dont l’alyte accoucheur (Alytes obstetricans) protégé au niveau européen qui semble se plaire en milieu urbain.

Les poissons

2 espèces, dont le brochet (Esox lucius) protégé en France et au niveau européen.

Les papillons de jour (rhopalocères)

40 espèces dont le flambé (Iphiclides podalirius) et la grande tortue (Nymphalis polychloros), protégés en île-de-France.

Papillons de nuit (hétérocères)

Plus de 555 espèces dont la noctuelle de la myrtille (Anarta myrtilli), déterminante ZNIEFF**,  et le grand paon de nuit (Saturnia pyri), protégé en Île-de-France.

Les libellules (odonates)

14 espèces dont l’agrion mignon (Coenagrion scitulum), protégé en Île-de-France, et la cordulie bronzé (Cordulia aena), considérée comme « quasi-menacé » en Île-de-France.

Les criquets, grillons, sauterelles et mantes (orthoptères et mantoptères)

25 espèces dont la mante religieuse (Mantis religiosa) et le conocéphale gracieux (Ruspolia nitidula), tous deux protégés en Île-de-France.

Les coléoptères

4 espèces dont le lucane cerf-volant (Lucanus cervus), protégé au niveau européen.

D’autres groupes sont beaucoup moins connus dans la commune, comme les hémiptères (punaises) avec 2 espèces, les hyménoptères (guêpes, abeilles, fourmis…) avec 2 espèces et les neuroptères (Chrysopes etc.) avec une espèce.

La commune de Verneuil compte actuellement pas moins de 1229 espèces recensées. Bien sûr ces listes sont loin d’être exhaustives et sont en évolution constante pour peu que la curiosité nous pousse à en savoir plus sur les papillons qui butinent les fleurs de nos jardins ou les plantes spontanées qui colonisent les trottoirs depuis l’arrêt de l’utilisation des produits phytosanitaires.

Nous vous encourageons donc à créer un compte sur Cettia-IDF et à communiquer vos données même pour les espèces les plus communes ; des experts seront là pour vous guider dans la détermination. L’exemple de la ville de Vauréal dans le Val-d’Oise est encourageant : la commune vient de refonder son site internet pour créer un onglet « Nature en ville » dans lequel les habitants peuvent communiquer leurs observations sur la faune et la flore dans le cadre de l’élaboration de l’atlas de la biodiversité de la commune.

Néanmoins si vous ne vous sentez pas encore prêt à franchir le pas ou si vous voulez la confirmation, une piste concernant vos observations ou des indications sur l’utilisation de la base de données, vous pouvez nous envoyer vos photos et poser vos questions à notre adresse : adiv.environnement@gmail.com

Liens utiles 

Site de l’ARB

Base de données Cettia-IDF 

Base de données Faune Île-de-France

Site du CBNBP (observatoire des collectivités territoriales)

Site de l’observatoire des territoires franciliens

Notes 

Fonge : L’ensemble des champignons d’un pays, d’une région, etc.

** Espèce déterminante de ZNIEFF : il s’agit d’espèces en danger, vulnérables, remarquables ou bio-indicatrices qui justifient (en plus de leurs habitats) la constitution d’une ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique), correspondant à une zone d’inventaire mettant en évidence une certaine richesse biologique. Les ZNIEFF ne constituent pas une protection réglementaire d’un espace naturel.

Publicité