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Déchets

Valérie Pécresse passe à la caisse pour aider les maires des communes touchées par les dépôts sauvages en forêt de Saint-Germain

Par : 
Rodrigo Acosta

Lutter contre les déchets sauvages est devenu un axe prioritaire pour tous les élus, quel que soit leur bord politique. Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président chargé de l'Écologie et du Développement durable, se sont rendus le 9 octobre à Saint-Germain-en-Laye, pour apporter leur soutien à Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye et initiateur des États généraux de la forêt, dont la commune est régulièrement victime de dépôts sauvages en forêts de Saint-Germain-en-Laye et de Marly.

 

Les moyens sont insuffisants et les incivilités s'accroissent, voilà le constat affligeant pour les élus locaux. On ne peut plus continuer à se renvoyer la responsabilité car le temps presse. Depuis les Etats Généraux de la forêt de Saint-Germain, les choses évoluent. La forêt de Saint-Germain, poumon vert du nord-ouest francilien, est menacée par les dépôts sauvages, récurrents et en forte augmentation (142 tonnes de déchets ramassés en 2017). Or, ce massif de 3532 ha relevant du « domaine privé de l'Etat » et géré par l'Office National des Forêts (ONF), accueille 3 millions de visiteurs par an. L'ONF est affaibli depuis le désengagement de l'Etat qui avait commencé il y a quelques années durant les mandatures précédentes. Des solutions devraient émerger et le premier pas de la présidente de la Région Île-de-France est positif.

Face à la multiplication des dépôts sauvages, la Région Île-de-France a décidé d'apporter un soutien financier de 100 000 euros, dans le cadre du « Fonds propreté », pour nettoyer la forêt jusqu'à la fin de l'année 2018 et faire de nouveaux aménagements de prévention en complément de ceux qu'elle a déjà cofinancés. En parallèle, la région a financé la création d'une application« ACdéchets » permettant le signalement de dépôts sauvages dans la forêt de Saint-Germain. Elle sera expérimentée à partir de novembre. Ce fonds régional devait être utilisé par des associations œuvrant pour l'écologie, mais la Région Île-de-France a modifié le cadre de ce fond afin de rendre possible un financement de ce nettoyage de la forêt de Saint-Germain. 

Ainsi, en étroite collaboration avec l'ONF et les collectivités locales, la région répond en urgence au besoin de vastes opérations de ramassage et d'aménagement des points noirs de dépôts sauvages et appelle l'Etat  à donner un signal fort en termes d'action de police. En écho aux Etats Généraux de la forêt, dont Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain, a pris l'initiative, la région s'engage à travailler à la mise en place d'un cadre d'engagement territorial pluriannuel engageant toutes les parties prenantes, d'abord pour éradiquer de façon pérenne les dépôts sauvages sur le territoire forestier mais, au-delà, pour servir l'ensemble des fonctions d'une forêt très chère aux Franciliens.

La Région Île-de-France a mis en place un « Fonds propreté » de 4,8 M€ dès juillet 2016 pour aider les collectivités et les acteurs de terrain à lutter contre les dépôts sauvages, un « Plan Vert» en mars 2017 et une « Stratégie régionale pour la forêt et le bois en Île-de-France ». Chaque année, les dépôts sauvages de déchets représentent jusqu'à 25 kg/habitant dans certains secteurs et génèrent des coûts de prise en charge très élevés, de l'ordre de 7 à 13 euros par habitant. Ce fonds a déjà permis, en trois ans, d'aider près de 700 communes franciliennes.

Pour la forêt de Saint-Germain, l'ONF a été soutenu par la région au titre du fonds propreté en 2016 à hauteur de 70 000 €, pour l'acquisition de pièges photographiques, qui ont permis de sanctionner un contrevenant. En conclusion, Mme Pécresse demande au gouvernement de rendre possible un arsenal plus punitif pour les "délinquants écologiques". Elle prône une politique de zéro tolérance et surtout le principe de polleur-payeur. La bataille contre les déchets vient de commencer dans les Yvelines. Espérons que cela continuera dans la plaine de Carrières-sous-Poissy.

 

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