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Urbanisme

"Les Tilleuls" : la seconde mort d’un lieu de Triel, chargé d’histoire

Par : 
C. s. B.

Avec  la signature par l’adjoint à l’urbanisme de Triel-sur-Seine du permis de démolir les bâtiments existants et de construire un ensemble de 80 logements en lieu et place de l’ancienne maison de retraite de Triel, c’est encore une fois un lieu historique qu’il est  envisagé de sacrifier à la volonté constructive et désordonnée  de  continuer une urbanisation irresponsable dont les habitants ne veulent pas.

Cette décision n’est pas irréversible, c’est pourquoi un recours gracieux a été envoyé par des riverains à M. Joël Mancel, maire de Triel. Il n’est pas trop tard pour qu’il applique à ce projet son idée de « faire participer tous les Triellois » à une « consultation citoyenne » (voir Triel Info n°150, page 10).

Un lieu qui fait partie de l’histoire de Triel depuis des siècles !

Fondé en 1674, l’hôpital-hospice, situé alors rue de Seine, fut en 1712 transféré dans les locaux d’un prieuré à l’emplacement actuel (rue Charles Dupuis). En 1901, un bâtiment est construit à proximité alors que l’ancien subira deux siècles plus tard (en 1923) « quelques améliorations » puis « en 1970 on construira une aile à gauche du bâtiment augmentant la capacité de logement de 55 lits. L’Hospice devient Maison de retraite

La propriété de l’établissement passe de la commune au département vers les années 1970-1980. En 1993, première destruction : le bâtiment du XVIIe siècle est remplacé par un bâtiment neuf, l’établissement porte dorénavant le nom « Les Tilleuls ». Puis en 2018, signature du permis de démolir les bâtiments existants et de construire, dans ce lieu enclavé au fond d’une impasse 80 logements d’une hauteur de 14 mètres. Deuxième destruction !

Un processus incertain

Peut-on imaginer qu’avec un peu de courage la municipalité aurait pu éviter ce massacre ? Certaines idées forcément polémiques méritent d’être évoquées. Est-il convenable, quand on dirige une ville accueillante et agréable à vivre, de la défigurer définitivement ? Est-il indispensable de continuer à détériorer la vie de ses habitants ? Est-il honnête de ne pas appliquer les directives que l’on a prescrites et votées alors même qu’elles sont imposées à tous ? Est-il nécessaire de se soumettre apparemment au bon vouloir des promoteurs ? Est-il légitime qu’on prenne des décisions impliquant nuisances et perturbations sans ouvrir une consultation citoyenne alors qu’on est élu démocratiquement ?


Des comptes à rendre à l’avenir de la commune

Pourquoi laisser, après son passage « aux affaires », un bilan urbanistique lamentable et des lieux détériorés définitivement ? Les habitants eux seront toujours là. « Après moi le déluge » semble être le sens de la politique au jour le jour de ceux qui n'appliquent, uniquement lorsque cela les arrange, le principe de précaution vis à vis de l'aménagement d’une ville dont ils ont en charge (provisoirement) la gestion.

Alors pour quelle raison persister à prendre des décisions qui provoquent la détérioration définitive du cadre de vie que leur a laissé leurs prédécesseurs ?

Vous connaissez l’histoire de Gribouille ? C’est lui qui saute dans l'eau par crainte de la pluie... Cette expression s’applique encore aujoud’hui à ceux qui se jettent dans des maux pires que ceux qu'ils veulent éviter.

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