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Vernouillet : les Matrax en colère !

Par: 
Rodrigo Acosta et correspondants

78 licenciements en vue ; la société MATRAX, située dans la ZAC de la Grosse Pierre, est en liquidation depuis le 9 juillet 2009. Quelles sont les revendications des futurs ex-Matrax, un des sous-traitants de l’automobile ? L’épreuve de force vient de commencer entre les salariés et le liquidateur de MATRAX (ancien site du holding TSD). Les pouvoirs publics s’en mèlent à juste titre. (Vidéo)

« AUJOURD’HUI C’EST NOUS ; DEMAIN A QUI LE TOUR ? » est la question centrale de ces salariés d’un grosse PME qui était ancrée dans les Deux Rives depuis des années. Diminution de l’activité dans l’automobile, crise, cessation de paiement et redressement judiciaire sont devenus banals dans le paysage économique et social du Nord des Yvelines.

Et pourtant, MATRAX était le fleuron d’un tissu économique local : environ 250 personnes travaillaient quand tout marchait du tonnerre. Même un groupe international, Bodycote SA, avait acheté la PME en 2007 pour rester le leader mondial des procédés thermiques du « fonds industriel de traitement thermique des métaux. » Depuis la crise et ses répercussions sociales se sont installées progressivement.

Depuis le 26 février dernier, le redressement judiciaire, qui a subi cette PME, n’a pas donné un résultat concluant pour l’administrateur judiciaire en charge du dossier. Cependant, les salariés sont sceptiques : « Où est parti l’argent de PSA ? (NDLR : dette d’environ 1 million d’euros de PEUGEOT via Wagon automotive, un donneur d’ordre de Matrax) ; PSA a déjà payé 580.000 euros ! » Pour le délégué syndical, Luis Abrantes, « Matrax est la seule société solvable du groupe TSD (NLDR : TSN, Dubourg Fils, Matrax traitements, DAM) et pendant six mois le patron nous a mené en bateau ! » Un autre syndicaliste de Meulan renchérit : « Ce patron n’est pas humain ; c’est un patron M..... qui a réduit les salaires de 30% et nous sommes au strict minimum, 1000 euros par tête ! » La colère, la grogne monte dans les rangs de ces 45 salariés qui ont occupent l’usine depuis la mise en liquidation.

 

« Nous voulons notre pognon ; il s’agit d’une demande de 5.000 euros par salarié et 2.000 euros par année d’ancienneté, » précise Fofana. En outre, ils ont demandé et obtenu, le 17 juillet, un rendez-vous avec le Sous-préfet (Saint-Germain-en-Laye). Interrogé par la rédaction, Yves Boudon, l’ex PDG car depuis la liquidation c’est un liquidateur d’EVREUX le responsable de MATRAX, attribue cette fermeture à la conjonction de trois facteurs : « La crise économique et financière, la chute de l’activité du secteur automobile et l’absence d’aide financière de l’État répercutée aux PME/PMI dépendant de l’automobile. 98% de l’activité de mon groupe dépendait de l’automobile ; j’ai pu prolonger la période d’observation de trois de mes usines mais malheureusement pour MATRAX je ne suis plus responsable ».

Enfin, la crise et son impact concret sur le tissu économique et social sont visibles ici dans les Deux Rives. La fermeture de MATRAX est peut être annonciatrice d’un cycle noire dans l’économie locale. La perte du deuxième contributeur de la TP déstabilisera les finances de Vernouillet à long terme. Des mouvements sociaux se profilent avec ou sans la sortie de crise.

DERNIERE NOUVELLE 1er octobre : un repreneur étudie actuellement les modalités et la possibilité de relancer cette usine. Selon nos sources, cet entrepreneur n’est pas un inconnu à l’affaire car il s’agit du prédécesseur de M. Boudon.

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