Vous êtes ici

Hommage

Convivialité, échanges, balade thématique, théâtre, Triel a accueilli l'A. G. de la Société Octave Mirbeau, le 5 mai 2018

Par : 
Claude Barouh

Accueillir à l’Espace Senet (salle Guy de Maupassant !) les participants à l'assemblée générale de la Société Octave Mirbeau fut l'occasion de leur faire connaître la ville, accompagnés par de nombreux mirbeauphiles triellois. Mirbeau ayant vécu les dernières années de sa vie à Triel, nos visiteurs d’un jour ont apprécié d’aller sur les traces du grand écrivain français puis en soirée d’assister à la représentation (dans le théâtre qui porte son nom) de quatre de ses courtes pièces que les Comédiens de la Tour ont à leur répertoire.

Après une année 2017 consacrée au centenaire de la mort du grand écrivain français, la municipalité de Triel-sur-Seine, en partenariat avec les mirbeauphiles triellois, a accueilli chaleureusement les participants à l'assemblée générale de la Société Octave Mirbeau.

Ce fut l'occasion pour les uns de faire le bilan des activités de l'année 2017, pour les autres de découvrir le vaste écho international de l'association et de l'écrivain dont ils diffusent les œuvres et les idées. Cette journée, vécue dans un climat de convivialité et d'échanges, a permis aux participants de se découvrir mutuellement et de rappeler la place qu'occupe le souvenir du "grand imprécateur" dans la littérature de langue française et aussi dans la culture trielloise.

 

Les raisons d'honorer Mirbeau à Triel sont nombreuses, notamment l'existence de sa maison, le théâtre qui porte son nom et l'activité des Comédiens de la Tour qui ont à leur répertoire plusieurs pièces avec actuellement Les Farces et Moralités et maintenant la présence d’un tableau original "résident", cadeau du peintre espagnol Pépé Madrid, représentant une séquence (fétichiste !) bien connue du Journal d’une femme de chambre.

 L'accueil matinal sur la péniche Alliance par l'équipe du J2R a permis un premier contact aquatique. Ensuite, salle Guy de Maupassant, les participants ont pu découvrir, en écoutant le rapport d'activités, l'ampleur des hommages rendus pendant toute l'année, y compris internationalement à Octave Mirbeau, à ses thèmes ainsi qu'à la traduction de ses ouvrages.

Ce fut aussi l'occasion d'une passation de responsabilités du président actuel Pierre Michel à son successeur Samuel Lair qui ne manqua pas de lire un texte consacré à l'œuvre de son prédécesseur et ami, fondateur de la Société et diffuseur acharné et permanent de la "vraie" pensée mirbellienne.


L'initiative et la réalisation d'une randonnée thématique  à travers Triel par l'association Triel Mémoire et Histoire a conduit une quarantaine de marcheurs sur les traces d'un XIXe siècle pas complètement évanoui localement : Guy de Maupassant (villa Stieldorff),  emplacement de la maison disparue de Caroline Otéro (chemin de halage rive gauche) puis rue Paul Doumer : Les Figuiers qu'occupa Albert Adès et Les Iris qu'occupa Albert Jopinovici, tous deux amis de l'écrivain et écrivains eux-mêmes (Goha le simple).

Après une intéressante visite de l'Eglise, c'est à Cheverchemont que nos randonneurs urbains purent voir Les Framboisiers  qu'occupa Jeanne Rozerot (la seconde famille d'Emile Zola) puis la maison qu'Octave Mirbeau fit construire en 1909 que personne n'habite plus.

Farces et Moralités, c’est le spectacle vivant, cadeau que les Comédiens de la Tour offrirent avec talent aux mirbelliens et au  public triellois  pour finir cette soirée dans l’ambiance créee par les sujets mêmes des pièces présentées. Durant deux heures ce fut en effet,  par la voix des acteurs motivés que les textes virulents d’Octave Mirbeau remplirent la salle.

Ainsi, par les textes, l’actualité a été un moment rattrapée un siècle après que l’auteur les ait écrits sans détour (comme à son habitude) : l’amour, une duperie (Les Amants), le mariage, un marécage (Vieux ménages), le personnel politique, loin des misères sociales et seulement soucieux des apparences (L'Épidémie), les biens et la réussite sociale devenues douteuses ou même tromperies dans une société qui repose souvent sur le vol (Scrupules).

Si Mirbeau vécut le crépuscule de sa vie à Triel, il ne faut pas oublier que l'on doit au fondateur du théâtre et de la troupe des Comédiens de la Tour, le Triellois Philippe Prévost, fervent mirbellien disparu récemment, le mérite de nous avoir transmis la nécessité de pérenniser la présence d'Octave Mirbeau à Triel-sur-Seine.

 

Pierre Michel : "Le combat continue donc !"

"Samedi dernier, 5 mai, à partir de 14 h., a eu lieu l'Assemblée Générale, annuelle et statutaire, de la Société Octave Mirbeau. Elle s'est déroulée dans la salle des mariages de la ville de Triel-sur-Seine, où l'illustre écrivain a passé les dernières années de sa vie. Cette A.G. a été suivie d'une visite de la ville, et notamment d'une promenade dans le jardin à l'abandon de la maison de Mirbeau, puis d'un buffet, offert par la ville de Triel, et de la représentation, au Théâtre Octave Mirbeau, de quatre "Farces et moralités", par la troupe des Comédiens de la Tour, dans une mise en scène de Sylvie Langlois et de notre regretté ami Philippe Prévost.

Avant que ne commence la représentation des "Amants" et de "L'Épidémie", a eu lieu, en présence du maire de la ville, M. Mancel, l'inauguration de la toile du peintre espagnol Pepe Madrid, hommage à Mirbeau inspiré par "Le Journal d'une femme de chambre". Cette toile, fort admirée, a été généreusement offerte par Pepe Madrid à la Société Mirbeau et déposée au Théâtre Octave Mirbeau (nous y reviendrons).

Au cours de cette A.G. exceptionnelle, Pierre Michel, président et fondateur de la Société Mirbeau (le 28 novembre 1993, à la Bibliothèque Municipale d'Angers), au terme de 24 ans et demi de mandat, a passé le relais au vice-président, Samuel Lair, qui va donc assurer sa succession, assisté de Yannick Lemarié et d'Arnaud Vareille. En même temps que le bilan de la commémoration internationale de Mirbeau en 2017, dans on rapport d'activité, Pierre Michel a tiré celui, non moins exceptionnel, d'un quart de siècle d'existence et d'activité de notre conviviale et dynamique association littéraire, qui a déjà produit 25 numéros de beaux et copieux "Cahiers Octave Mirbeau", d'un total impressionnant de 9 200 pages...

Nous avons, certes, gagné bien des batailles, et désormais Octave Mirbeau est internationalement reconnu à sa véritable valeur, comme l'un des écrivains les plus importants de la littérature mondiale. Mais nous n'avons pas encore gagné la guerre, et bien des résistances demeurent, de la part des pouvoirs et des institutions que le grand démystificateur n'a cessé de pourfendre et qui se vengent tardivement. En témoignent, entre autres, l'indifférence du Ministère de la Culture, qui n'a même pas accordé son symbolique haut patronage, le refus du Musée d'Orsay d'organiser un parcours Mirbeau, comme l'a fait le Musée Rodin, et l'absence de réponse positive de quelques 500 municipalités à qui il était demandé de donner le nom de l'écrivain à une rue ou à un bâtiment public...

Le combat continue donc !"

Publicité