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Consommation et langage

Enfin, nous avons notre week-end shopping : les French Days !

Par : 
MK

Etait-il nécessaire de créer, en France, de nouvelles journées commerciales, se démarquant du Black Friday et du Cyber Monday ? Si le but est d'aider nos commerces de toutes tailles, en cette période habituellement un peu creuse, pourquoi les avoir nommées French Days ? 

Alors que le Labor Day, jour férié pour célébrer le travail, adopté en 1894 dans la plupart des états américains, a lieu chaque premier lundi de septembre, chez nous c'est le 1er mai qui est la fête du travail ; cette journée internationale des travailleurs,a été instaurée à l'origine comme journée annuelle de grève pour revendiquer la journée de huit heures, avant de devenir au xxe siècle une journée de célébration des combats des travailleurs. Si la veille de la célébration du travail, vous êtes en congés, en retraite ou en grève, profitez de votre free time pour faire de bonnes affaires !

 

Après l’importation, en France, des pratiques commerciales du Black Friday et du Cyber Monday, leur matraquage s'est accru d’année en année. Il était temps que nous inventions des journées de promotion commerciale à la française !

Cette initiative a été inspirée, semble-t-il, par la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Delphine Gény-Stephann : en janvier dernier lors du lancement des soldes d'hiver, elle a émis l’idée d’une nouvelle opération commerciale au printemps. Celle-ci a été lancée par six importantes enseignes françaises du commerce en ligne (Boulanger, Cdiscount, Fnac/Darty, La Redoute, Rueducommerce et Showroomprivé), qui ont été rejointes par une cinquantaine d’autres sociétés. Ensemble, elles ont convié tous les commerçants français à y participer.

 

La société Amazon, qui n'était pas associée à l'opération, s'y est invitée en proposant une remise sur une sélection de produits. Alors que la dernière édition du Black Friday, fin novembre 2017, a engendré une augmentation de 69 % du chiffre d'affaires du commerce en ligne en France, Jeff Bezos, le patron d'Amazon, aurait vu, dans le même temps, sa fortune s’accroître de 2,4 milliards de dollars (environ 2 milliards d'euros).
 
 
Qu’apportent ces journées commerciales, à part leur éloignement du Thanksgiving Day ? Leur nom ! Pourquoi ne pas avoir trouvé, dans notre belle langue, des mots pouvant mieux nous inciter à utiliser notre carte bancaire, en cette période habituellement creuse sur le plan commercial ? Les promoteurs des French Days ont, sans doute, la volonté de les exporter aux Etats-Unis !
 
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