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OPINIONS - Tribunes -

Andrésy : le MoDem existe t-il encore ?

Par: 
Lionel Wastl

Les élus centristes d’Andrésy brillent par leur absence. Ils ne font plus partie de la majorité mais semblent refuser le statut d’opposant

  

Souvenez-vous : printemps 2007, la campagne des présidentielles bat son plein dans toutes les communes de France. A Andrésy, on ne voit qu’eux : les supporters de François Bayrou, candidat du MoDem, habillés tout en orange. Ils ne manquent pas un marché du samedi pour distribuer des tracts. Une camionnette à l’effigie de F. Bayrou parcourt la ville. Michel Marqué (notre photo), leader local du MoDem, conseiller municipal, anime cette campagne présidentielle. Au premier tour, la campagne dynamique du MoDem est gagnante : François Bayrou, avec 24 % des voix, arrive second à Andrésy, derrière Nicolas Sarkozy.

Fort de ce succès qui peut paraître personnel, Michel Marqué se lance dans les législatives de juin. Cela lui coûtera sa place dans la majorité municipale. Le maire UMP, Hugues Ribault, ne lui pardonnera pas de trahir la majorité présidentielle. Il perd sa délégation et ses indemnités. Raison officielle donnée par le maire : « perte de confiance ». Michel Marqué se fait plus discret dans cette campagne et son score est une réelle déception : 8,1 %.

 

Une campagne des municipales bien discrète

 

Mars 2008 : le déclin, sur le terrain, semble se poursuivre. Il faut dire que Michel Marqué a des difficultés pour obtenir l’investiture du MoDem. Un autre candidat interne, issu du mouvement associatif local et fortement soutenu par CAP 21 de Corinne Lepage (qui a rejoint entre-temps le MoDem) retarde l’investiture de Michel Marqué.

Finalement, la liste MoDem, pourtant renforcée par quelques socialistes (il n’y a pas de liste P.S. à Andrésy), réalise une campagne fort discrète. Peu de tracts, pas de local de permanence…

La liste de Michel Marqué « Andrésy Avec Vous » arrive loin derrière la liste sortante UMP/NC et la liste Société civile emmenée par Michèle Château : 16,7 % des voix et deux élus…

Mais où est le MoDem ?

Huit mois après, une question taraude les Andrésiens sensibles au discours « ni droite, ni gauche » de François Bayrou : mais où sont donc passés le MoDem et Michel Marqué ?

Une petite étude des procès-verbaux des conseils municipaux d’Andrésy depuis avril 2008 laisse un goût amer aux supporters du MoDem : leurs deux élus sont pour le moins transparents et ont eu, sur plusieurs dossiers, des positionnements guère compatibles, ou surprenants, avec leur statut d’opposant…

Dès le premier conseil après élection (en avril), les deux élus avaient immédiatement mis les choses au clair : le maire devait bien distinguer « deux listes d’opposition ». L’autre élue MoDem, Dominique Coudoux, prenant le soin d’insister qu’il « ne devait pas y avoir d’amalgame » entre eux et les cinq élus d’Andrésy Citoyenne, l’« autre » opposition.

Le ton était donné, et un ton qui convenait parfaitement à la majorité.

Le MoDem : opposition ou majorité ?

L’analyse des votes des deux élus du MoDem montre en effet un décalage assez net avec les votes de l’autre groupe d’opposition emmenée par Michèle Chateau : sur certaines délibérations importantes ou symboliquement fortes, le MoDem rejoint la position de la majorité UMP/NC de Hugues Ribault. C’est ainsi que les deux élus centristes votent pour la mise en place du service minimum dans les écoles, les jours de grève, approuvent le compte de gestion, soutiennent la ZPPAUP, approuvent la fixation des tarifs des activités proposées par la municipalité, ainsi que la nouvelle réglementation du stationnement à Fin d’Oise, qui a pourtant animé les débats dans le conseil municipal d’octobre 2008.

Plus que les votes, c’est surtout l’absence apparente de travail des deux élus qui surprend : chaque groupe politique a le droit de poser trois questions par conseil municipal. Les élus d’opposition « Andrésy Citoyenne » ont chaque fois utilisé leur quota – soit 18 questions posées, depuis les municipales. Les deux élus MoDem n’ont posé que 9 questions et plus aucune depuis septembre !

« Tribune non communiquée »...

Le plus grave indice de défection : les deux élus MoDem n’utilisent pas leur droit d’expression trimestriel, dans le bulletin municipal, depuis juillet. A la place réservée pour le MoDem : un grand blanc barré d’une phrase « Tribune non communiquée ».

Enfin, Michel Marqué brille par ses absence répétées aux commissions municipales qu’il avait choisi en mars dernier.

Face à une telle situation, les réunions de circonscription de la section MoDem ont révélé, en septembre et en octobre, un véritable malaise. Il a été reproché à Michel Marqué sa passivité, son manque de dynamisme et de présence sur le terrain, ainsi que l’absence d’un véritable plan d’action.

Certains Andrésiens, au fait de l’actualité politique locale ne sont pas surpris : Michel Marqué symbolise la vieille UDF, ancien alliée de l’UMP, incapable de couper réellement les liens avec sa famille politique d’origine. Le leader local du MoDem a fait partie de la majorité municipale de 2001 à 2006, année de son éviction. Mais, son comportement actuel laisse à penser qu’il ne s’est pas fait réellement à cette idée…

Le potentiel de voix du MoDem à Andrésy

Le rapport de force politique, à Andrésy se situe autour de 52-55 % / 45-48 % en faveur de la droite.

Le MoDem, face à une éventuelle érosion de la majorité UMP/NC pourrait jouer une carte très intéressante sur la ville : ce n’est pas un hasard si François Bayrou est arrivé, au premier tour des Présidentielles, devant la candidate socialiste.

Un PS mort cliniquement, un MoDem en déliquescence et une liste sans étiquette certes active mais limitée par son absence d’ancrage à une structure de parti : Hugues Ribault peut dormir sur ses deux oreilles et préparer sereinement sa réélection pour un troisième mandat en 2014 sur Andrésy.

A moins que...

A moins que son adjoint, Denis Faist, leader du Nouveau Centre et actuellement très actif sur le terrain, tente de prendre la place laissée vacante par le MoDem : une place potentiellement gagnante à Andrésy…

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