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Défense de la laïcité

L’Union des Familles Laïques des Yvelines décapitée

Par: 
la rédaction

Pour Pierre Cassen, ancien président de l’Union des Familles Laïques des Yvelines (UFAL 78), le coup de force de l'UFAL nationale a son origine en 2007. 

La laïcité est un combat où il y a des victimes. Depuis novembre 2007, l’Union des Familles Laïques des Yvelines (UFAL 78) n’est plus en phase avec la position de l’UFAL nationale sur la laïcité (positive). Pour l’UFAL 78, la laïcité est immuable ! D’abord, les faits : depuis novembre 2007 date de la « contestation » de l’assemblée générale (nationale) par les dirigeants de l’UFAL 78, la rupture couvait. Cette assemblée de 2007 a déterminé le vote des structures départementales. Onze mois plus tard, et un mois avant l’assemblée générale départementale, la direction nationale, sans être capable de donner des explications cohérentes, a fait un véritable coup de force contre l'association départementale : l’UFAL nationale voulait parachuter un groupe coopté pour remplacer les récalcitrants.

Les principaux animateurs des Yvelines ont décidé de quitter l’UFAL 78, tout en continuant à mener le combat laïc, suite à l’assemblée générale départementale qui s’est tenue le mercredi 22 octobre 2008.   Sur le fond, selon Pierre Cassen, leader de la bronca au niveau national, « sur un certain nombre de questions, il n’est pas possible de cautionner les positions que l’UFAL nationale : le département des Yvelines a été victime de différentes manœuvres bureaucratiques, orchestrées par le président (tentative de nous évincer de la dernière assemblée générale annuelle, calomnies contre certains dirigeants départementaux, volonté d’imposer au département une direction cooptée par l’UFAL nationale, etc.). »

« Une nouvelle étape a été franchie, lors du conseil d’administration du 26 septembre 2008. Il a été décidé, en toute illégalité, de retirer l’agrément de notre département, et de suspendre notre président, Pierre Cassen, pourtant démocratiquement élu par le conseil d’administration, depuis près d’un an. » Pour Pierre Cassen, ce coup  de force a comme origine l’incident du 13 novembre 2007. 

A une exception près, les membres du conseil d’administration de l'UFAL 78, le 13 octobre 2008, ont décidé que lors de l’assemblée générale annuelle du 22 octobre, ils annonceraient qu’ils quittaient l’UFAL, ce qui a été confirmé en assemblée.

L’UFAL 78 a mené des combats depuis cinq années, contre les signes religieux dans les établissements scolaires, organisant une quinzaine de réunions publiques, avec des personnalités de premier plan (Yvette Roudy, Caroline Fourest, Jean-Luc Mélenchon, Michèle Vianès, Anne Zelensky, Catherine Picard, Henri Pena-Ruiz, Mimouna Hadjam, Corinne Lepage, Gérard Filoche, etc.), et des maires locaux, comme Philippe Esnolà  Conflans, André Sylvestre à Magnanville et Gérald Rutault à Maurecourt. En outre, l’UFAL 78 s’est montrée ferme contre les “communautaristes de gauche”, qui ont voulu transgresser la loi votée contre les signes religieux à Mantes-la-Jolie, avec comme pilier de la défense de la laïcité, Hayet Morillon, soutenue par l’ADLPF, qui a mené campagne pour défendre l’application de la laïcité à l’école publique.

L’UFAL 78 était un des pourfendeurs du projet de constitution européenne en 2005. Coriace, vivace et incisif, ces détracteurs ont mené une bataille dure aux avocats OUI, OUISTES de ce référendum. P. Cassen est fier : « Nous avons, lors de la bataille contre le traité constitutionnel européen, participé aux collectifs départementaux, où nous avons fait entendre des arguments soulignant les atteintes à la laïcité inhérentes au traité. »  Des dizaines de réunions publiques ont été tenues avec des intervenants de l'association, comme Hayet Morillon, Brigitte Bré Bayle, Pierre Cassen, Lucette Guibert, Rosa Valentini, Alain Bonet, etc. C’était une belle heure de démocratie locale avec les résultats que l’on connaît.

Les animateurs démissionnaires de l’UFAL départementale, autour de Pierre Cassen, sont une référence laïque respectée du département. Quittent-ils la scène des débats d’idées ? « Conscients de l’importance des enjeux, et des attentes que nous avons suscitées, nous n’abandonnons pas le combat pour la défense de la laïcité. Nous allons continuer à militer au sein d’une association départementale indépendante, qui défendra les principes laïques attaqués aujourd’hui par la montée du communautarisme, l’abandon des valeurs républicaines et la conception de laïcité positive défendue par le président de la République et les Églises, mais aussi par une certaine gauche. » En fait, la bataille continue pour ce groupe d’inconditionnels de la laïcité pure et dure.

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