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Conjoncture

Malgré les difficultés climatiques, le béton se porte bien

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

Après une fin d’année 2017 plutôt dynamique, les premières données du mois de janvier délivrent des signaux assez difficiles à interpréter du point de vue conjoncturel, pour plusieurs raisons : la première tient au contexte climatique, notamment aux crues et aux inondations qui ont fortement perturbé l’activité. 

En effet, de nombreuses carrières ont dû fermer en raison d’installations “submergées” tandis que des unités de production de BPE en Île-de-France ont été contraintes d’arrêter leur activité face à l’impossibilité d’être approvisionnées en granulats par la Seine. La seconde difficulté vient du fait que l’activité du mois de janvier 2017 avait déjà été très sensiblement ralentie par une offensive hivernale, rendant ainsi la comparaison sur un an délicate. Pour autant, la meilleure orientation conjoncturelle ne semble pas devoir être remise en cause. Si la deuxième partie de janvier a été très impactée (et sans doute aussi une partie du mois de février avec, en plus, l’arrivée de la neige), l’activité du début de l’année, quant à elle, semble s’être amorcée sur un rythme plutôt vigoureux.

Selon Météo France, les cumuls de précipitations ont atteint des niveaux exceptionnels sur une grande partie du pays, dépassant une fois et demie les normales de saison. En moyenne en France, la pluviométrie cumulée sur les mois de décembre et janvier est ainsi la plus forte enregistrée depuis 1959 et présente un excédent supérieur à 60 %. Déjà excédentaires en décembre, les précipitations de janvier sont tombées sur des sols “saturés” ; ce phénomène est, certes, assez classique en hiver, mais exceptionnel cette année par sa durée et son étendue sur le territoire. Dans un tel contexte, de nombreuses installations de carrières ont été inondées en France et, en région parisienne, la crue de la Seine a stoppé les trafics fluviaux de granulats qui alimentent les centrales à béton, dont la plupart ont dû être fermées. À l’arrêt depuis le 20 janvier environ, certains sites n'ont toujours pas été réouverts à ce jour, la décrue étant lente et la remise en état difficile. Des surcoûts d'exploitation et de transport seront à déplorer, d'autant plus que l'arrivée de la neige début février est venue s'ajouter aux difficultés logistiques existantes, compliquant la mise en place du report modal par la route.

Ainsi, en janvier, l’activité granulats aurait affiché une baisse de - 7,8 % par rapport au mois de décembre (données cvs-cjo) et une hausse de + 1,6 % par rapport au mois de janvier 2017, particulièrement bas en raison d’intempéries hivernales. Sur les trois mois de novembre à janvier, l’activité se stabilise par rapport aux trois mois précédents (- 0,4 %) mais reste en hausse de + 2,6 % au regard du même trimestre d’il y a un an. Signe que la demande est restée vigoureuse, les livraisons de BPE ont malgré tout affiché une hausse de + 1,2 % par rapport à décembre et de + 13,5 % par rapport à janvier 2017 (certes très bas), certaines productions en “bord à quai” ayant pu être transférées sur des sites “terrestres”. Sur les trois derniers mois, les livraisons de BPE demeurent nettement haussières, de + 2,4 % par rapport aux trois mois précédents et de + 9,8 % sur un an.

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