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Inondations

L'urbanisation noie notre territoire sous des projets inutiles

Par : 
Triel Environnement

La crue fait déborder la Seine. La nature se fait entendre et reprend ses droits mais le Tout Construire est en éveil, droit dans ses bottes. Voici une tribune de l'association Triel Environnement, accessible à tous.

Voir aussi les photos prises le 2 février sur des endroits stratégiques, en bordure de la Seine. 

Constat alarmiste

Le 18 janvier dernier, à Triel, Jean-François Raynal, vice-président du conseil départemental en charge des mobilités, présentait le réaménagement de la Route Départementale 190, appelée boulevard urbain, en 4 voies entre Poissy et Triel. Coût : 19 millions d’euros pour cette transformation de 2 à 4 voies qui ne ferait que créer des goulets d’étranglement aux entrées des communes de Triel et de Poissy. De plus,  les arbres qui bordent la voie actuelle seraient abattus. Les problèmes de circulation, le bruit et la pollution aux particules fines ne feraient qu’augmenter !

Rappelons que le projet de réaménagement de la RD190 s’accompagne d’une volonté de construire 8000 logements à Carrières-sous-Poissy, dont 3500 environ en cours de finition. PCe sont les plus importants, auxquels s'ajoutent 1000 logements à Triel et un projet de 450 logements, enclavés à Verneuil dans la base de loisirs régionale, dans l’axe des pistes de l’aérodrome Les Mureaux-Verneuil. Comment vouloir alors fluidifier la circulation, alors que l’espace est et sera davantage saturé et qu’existeront, de toutes façons, des goulets d’étranglement ? Le projet prévoit bien des voies de bus de Poissy jusqu’à l’Ecopôle, mais aucune pour circuler et desservir Triel !

Lors de cette réunion du 18 janvier, les associations ont demandé la mise en place d’une table-ronde pour revoir le pré-projet.

Des alternatives existent

Il est grand temps de comprendre que le TOUT CONSTRUIRE à n’importe quel prix ne fera qu’empirer la situation. Des solutions existent, moins coûteuses, plus respectueuses de l’environnement et de la qualité de la vie des habitants.

Augmentons la fréquence des bus, des trains et des RER pour favoriser l’usage du transport collectif !
Développons des transports collectifs moins polluants !
Créons de véritables pistes cyclables en site propre !
Incitons les entreprises à développer le télétravail !
Créons des espaces de travail partagé au cœur des villes qui développeront le tissu économique de notre territoire !
Privilégions des petites navettes pour Triel, par exemple pour tourner entre la rue Paul Doumer et le pont sans provoquer de bouchons !

Voilà à quoi devrait servir l'argent public, celui de nos impôts !

Les constructions qui répondent aux exigences environnementales mais aussi sociales rendent la vie des habitants plus agréable. Prenons l’exemple du quartier des Mureaux qui a été labellisé "écoquartier" : il facilite le mieux-vivre ensemble, en conciliant mixité sociale, écologie, culture. Pourquoi ne pas s’en inspirer au lieu de bétonner le centre-ville de Triel ? Rien ne se fait bien si tous les acteurs ne sont pas ensemble.
(https://www.kaizen-magazine.com/article/ecoquartier-mureaux-mieux-vivreensemble/)

L’urgence de prendre le temps de construire des logements de qualité est indispensable, et si cette initiative de construction n’est qu’aux mains des promoteurs les plus bétonneurs, les constructions ne répondront pas aux exigences environnementales qui rendent la vie des Yvelinois meilleure.

D’autres projets inutiles sur notre territoire

D’autres projets dispendieux existent. La déviation de la RD154 qui passerait dans les Bois de Verneuil, d’un coût financier élevé, n’a, a priori, qu’un usage très limité au prix de la destruction d’une partie d’un poumon vert régional essentiel. Le projet du pont sur l’Île de la dérivation à Achères s’inscrit dans la même logique avec un coût actuel fixé à 120 millions d’euros.

Une touche d’espoir…

Vendredi 26 janvier, les associations Rives de Seine Nature Environnement et APTERS revenaient en conférence de presse sur leur combat qui a conduit à l’annulation par le tribunal administratif de Versailles, le 12 janvier dernier, de l’ensemble des autorisations permettant l’aménagement d’une plateforme portuaire de 34 hectares, qui aurait été située sur les communes de Carrières-sous-Poissy et de Triel-sur-Seine. Au vu de la mobilisation générale des habitants et de toutes les associations, le commissaire enquêteur avait donné un avis défavorable pour l'ensemble de ce projet. Pour les magistrats, l’étude d’impact n’était pas fiable et le port industriel était nuisible à l’environnement. Il devait traiter de déchets industriels en limite d'habitations, dans une plaine dont les sols sont déjà pollués.
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Le port de plaisance de Triel va pour le moment continuer à fonctionner.

La question de la santé publique continue à se poser 

Il y a quelques années un large secteur de la ZAC, dite de l’Ecopôle, était constitué de champs d’expansion de crues. Depuis, ces terrains ont été surélevés. A force de les réduire et de les supprimer, les inondations dans ce secteur densément habité des Yvelines sont de plus en plus importantes.

Avec l’inondation actuelle, nous pouvons nous demander si la poche d’amiante enfouie dans le sous-sol du site de l'usine Eternit  n’est pas  en train de se fissurer et se répandre dans l'eau souterraine. Cette usine qui fabriquait de l'amiante est  située  en limite du champ captant de Verneuil et de Vernouillet. Cette station alimente et approvisionne en eau potable les habitants de ces communes. Nous parlons là de santé publique !

Par ailleurs, la région Île-de-France lance un programme de protection de nos arbres remarquables qui sont un « patrimoine extrêmement important » selon Yann Wehrling, conseiller régional. Constat alarmant : les oiseaux, eux aussi, sont en train de disparaître : en 13 ans, 73 % des moineaux ont disparu à Paris.

Sans oiseaux, sans abeilles, sans arbres mais avec de l'eau et de l'air pollués,  quel sera l'avenir pour nos enfants, que leur restera-t-il ? Des routes, du béton, un sol minéralisé ? 

Des solutions existent, arrêtons la fuite en avant ! Evitons le Tout Construire sans réflexion sur le long terme, conservons nos arbres, nos zones humides, préservons les champs d’expansion et créons de nouveaux, où les eaux peuvent se répandre lors d’un épisode de crue et éviter ainsi des inondations de plus en plus importantes et répétitives ! 

Enfin, dans le cadre du Plan d'urbanisme intercommunal (PLUi), Triel devrait  aussi, entre autres, répertorier tous ses « éléments remarquables ». Il est temps, car à vouloir Tout Construire, nous pouvons Tout Détruire : notre cadre de vie, notre qualité de vie, notre santé !

Il ne faut évidemment pas tomber dans un refus du tout projet, mais avancer, en réfléchissant comme Triel Environnement et d'autres associations le proposent, vers un urbanisme durable où les décisions sont prises avec les citoyens pour des projets respectueux de l’environnement, de notre environnement. 

A quand une véritable concertation pour un vrai vivre ensemble, intelligent et porteur d’une vision d’avenir ?

Liens :
https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/developpement-durable-zone-expansion-crues-7643/
https://reporterre.net/Pour-se-proteger-des-crues-une-solution-cooperer-avec-la-nature

Photos de la zone après la crue de janvier 2018 :

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