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Festivités

Le feu d’artifice intercommunal

Par: 
La rédaction

Ce soir 14 juillet 2009 à la base de loisirs du Val-de-Seine à 23 heures : A la conquête des étoiles.

Réjouissances. - Ho ! Ha ! La foule ne peut s’empêcher de pousser ces cris primaires accompagnés de « La belle rouge ! », « La belle verte ! » comme pour se persuader que le feux d’artifice qu’on lui offre en spectacle est unique. Pourtant que ce soit à l’occasion de fêtes nationales, de l’ouverture des Jeux olympiques ou d’évènements isolés (Passage à l’an 2000), c’est toujours le même embrasement du ciel avec ou sans musique. Ainsi les feux d’artifice sont devenus synonymes et réjouissances. Des jaillissements de lumière commémorent aux États- Unis la Déclaration d’indépendance ou en France la prise de la Bastille, ils illuminent le ciel de la plupart des grandes villes du monde à la veille du Nouvel An. Mais depuis quand les feux d’artifice nous fascinent-ils ? Et quelle ingéniosité déploie-ton pour concevoir ces spectacles éblouissants ? Une coutume orientale. - La plupart des historiens s’accordent à dire que ce sont les Chinois qui, vers le Xe siècle de notre ère, ont inventé les feux d’artifice, lorsque leurs chimistes ont découvert que le mélange du salpêtre (nitrate de potassium), du soufre et du charbon de bois donnait un composé explosif. Des explorateurs occidentaux comme Marco Polo, à moins qu’il ne s’agisse de marchands arabes, sont à l’origine de l’introduction en Europe de cette substance explosive et vers le XIVe siècle déjà, les Européens prenaient plaisir à contempler des feux d’artifice spectaculaires.

Cependant, la poudre qui divertissait ainsi l’Europe a également changé le cours de son histoire. Les soldats utilisèrent la poudre à canon pour envoyer des boulets de plomb, pulvériser les murailles des châteaux forts et renverser les pouvoirs politiques. Au Moyen Âge, les feux d’artifice ont gagné l’ouest de l’Europe en même temps que les explosifs militaires. Ainsi on demandait aux artificiers de diriger des événements pyrotechniques pour célébrer après une bataille la victoire et la paix. Parallèlement, les Chinois ne semblaient pas vraiment avoir pris la mesure du pouvoir destructeur de la poudre. Un jésuite italien qui était missionnaire en Chine, écrivait : « Les Chinois ne sont pas experts dans l’utilisation des armes à feu et de l’artillerie, ils s’en servent peu pour combattre. Par contre, ils utilisent du salpêtre en quantité astronomique dans la fabrication des feux d’artifice qu’ils tirent à l’occasion d’épreuves sportives ou de célébrations. Ces spectacles sont fort prisés des Chinois [...]. Leur habileté à fabriquer des feux d’artifice est vraiment remarquable. » Les techniques du spectacle. - II fallait sans aucun doute du courage et de l’habileté aux artificiers de la première heure pour mettre au point divers types de feux d’artifice. Ils avaient remarqué que la poudre à gros grains brûlait relativement lentement, tandis que celle à grains fins brûlait de manière explosive. On imagina donc de créer des fusées en bouchant une des extrémités d’un long tube de bambou ou de carton, puis en le bourrant de poudre, à grains fins dans sa partie supérieure et à gros grains dans sa partie inférieure. Lorsqu’on mettait le feu à la poudre à gros grains, des gaz à expansion rapide jaillissaient de l’orifice du tube, propulsant le projectile dans le ciel. Quand tout se passait comme prévu, le feu atteignait les grains fins une fois la fusée parvenue au sommet de sa trajectoire, et le projectile explosait provocant l’éblouissement des spectateurs. Un peu de chimie. - Au dé-but les orientaux ne savaient produire que des feux d’artifices blanc et or. Plus tard les Italiens se sont aperçus que le mélange obtenu en addition-nant du chlorate de potassium à la poudre dégageait assez de chaleur en brûlant pour changer un métal en gaz, ce qui teintait la flamme. Aujourd’hui, on ajoute du carbonate de strontium pour obtenir une flamme rouge. Le blanc brillant est produit par le titane, l’aluminium et le magnésium, le bleu par des composés du cuivre, le vert par des nitrates de baryum et le jaune par un mélange contenant de l’oxalate de sodium. Grands et petits, sous toutes les latitudes, le public semble avoir un désir insatiable de feux d’artifice toujours plus grands et plus beaux aussi les organisateurs n’ont de cesse de développer le grandiose, le coloré et le bruyant. À propos des feux d’artifice chinois un témoin écrivait : « Lorsque j’étais à Nankin, j’ai assisté à un spectacle pyrotechnique pour la célébration du premier mois de l’année, leur grande fête, et j’ai calculé qu’en la circonstance la poudre qu’ils ont brûlée suffirait à mener une guerre de bonne taille pendant plusieurs années. » II ajoute au sujet du coût du spectacle : « Ils semblent ne pas regarder à la dépense en matière de feux d’artifice.  » Quand on aime on ne compte pas.

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