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Histoire locale

Georges Roger Bourdy, soldat de l’ombre

Par : 
Jean Rafton pour le J2R

Homme typique de la première partie du XXe siècle, Georges Roger Bourdy, devait choisir son camp en 1940 après la démobilisation. Voici le récit de Jean Rafton, conseiller municipal de Triel, sur ce soldat de l’ombre.

La ville de Triel, l'UNC Triel et la FNACA Verneuil vont se réunir le samedi 25 novembre, à 10 heures, pour honorer la mémoire de ce résistant. En son honneur, une cérémonie de baptême du rond point (RD 190), en allant vers Carrières-sous-Poissy, aura lieu.

Le 25 novembre 2017, un hommage solennel sera rendu à un héros triellois de la Résistance, méconnu des Triellois. Le rond-point à l’entrée de Triel sur la RD 190 portera dorénavant le nom de Georges Roger Bourdy. Aux périodes les plus sombres de l’histoire de France, il s’est toujours trouvé des hommes d’exception pour relever les défis.

Refusant de courber la tête sous le joug de l’oppresseur, ils ont souvent tout quitté, maison, travail, famille, enfant, confort, pour apporter leur pierre à une lutte inégale, pour laquelle ils ont souvent donné leur vie. Ils vivaient dans la clandestinité, obligés de fuir sans cesse pour échapper aux représailles ; le sacrifice suprême de ces hommes de l’ombre doit rester un exemple pour les générations futures. Georges Roger Bourdy fût l’un d’entre eux. Mobilisé au début du conflit, en 1939, il est fait prisonnier par l’envahisseur dans une France en pleine débâcle qui vient de capituler. Refusant la défaite, il s’évade et entre dans la Résistance dès le mois d’août 1940. Son destin est alors scellé. Homme de caractère, meneur d’hommes, intelligent, rigoureux et fier, il sait qu’il ira jusqu’au bout de son engagement, quoi qu’il en coûte. Il crée alors à l’échelon départemental, l’Organisation Clandestine des A.V.S qui s’occupe spécialement de la fabrication des faux-papiers, de cartes d’identité, de tracts subversifs anti-allemands et de journaux clandestins, dont il assure la distribution massive.

Recherché par la Gestapo au moins de septembre 1941, il est contraint de changer de secteur pour échapper à ses poursuivants. Il passe alors dans la Marne où il est nommé responsable départemental du Front National (branche clandestine de la Résistance). Là, il réussit à regrouper les différents mouvements du département, pour en faire une organisation structurée. En juin 1942, il est nommé délégué interrégional des Franc-tireurs et Partisans Français (F.T.T.P.), dans les départements du Doubs, de la Haute-Saône et de la Haute-Marne, où il crée plusieurs maquis. Considéré comme activiste dangereux par l’occupant qui le traque sans relâche, il n’en poursuit pas moins son action. Pour sa sécurité et celle du mouvement, il faut qu’il parte. Il est alors muté en juin 1943 dans le sud-ouest, avec le grade de commandant militaire. Habillé en ecclésiastique, il se joue des nombreux pièges tendus par les policiers nazis qui sont à ses trousses. Exaspérés de ne pouvoir mettre la main sur lui, les services spéciaux allemands, en quête de renseignements, vont alors s’intéresser de près à sa famille qui subira à son tour les tracasseries vicieuses et humiliantes de l’occupant. Sans résultat.

Cependant, l’étau se referme sur lui peu à peu, inexorablement. A la suite d’une dénonciation, il est arrêté en mission le 21 septembre 1943 dans une gare près de Bordeaux, puis incarcéré au fort du Hâ. Dans ce lieu de sinistre mémoire qui verra souffrir et mourir de nombreux partisans de la liberté, il va résister héroïquement à ses bourreaux qui lui feront subir d’affreuses tortures et le 26 janvier 1944, il sera fusillé au camp de Souges ; refusant le bandeau noir de l’infamie, il tombera sous la salve du peloton, en ce petit matin glacé, en chantant une dernière fois La Marseillaise (selon quelques témoins). Il laissait une veuve et un orphelin âgé de dix ans seulement. Mort pour la France, il repose dans le carré des martyrs du cimetière de Rochefort en Poitou-Charentes.

Georges Roger Bourdy, lieutenant-colonel des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) est titulaire de la Croix de Guerre avec palme et de la médaille de la Résistance Française. Il a été promu, à titre posthume, dans l’Ordre de la Légion d’Honneur avec le grade de chevalier, par le président du gouvernement provisoire de la République, le ministre G. Bidault, le 3 septembre 1946. Sa famille réside toujours à Triel-sur-Seine.

Jean Rafton pour le J2R

 

Stèle et rond-Point en mémoire de Georges Roger Bourdy

La Ville de Triel souhaite rendre hommage à l’un de ses plus illustres enfants, Roger Bourdy. Héros de la Résistance, lieutenant-colonel des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), délégué interrégional FFTP, il organisa les maquis dans plusieurs départements. Le rond-point de la RD 190 à l'entrée de Triel, du côté de Poissy, sera baptisé à son nom, lors d’une cérémonie officielle qui se tiendra samedi 25 novembre à partir de 9 h 30, en présence de nombreux représentants des associations d'anciens combattants et de personnalités civiles et militaires. Une stèle en hommage à sa mémoire sera inaugurée. La circulation automobile dans le secteur du rond-point sera modifiée pendant la matinée, afin de sécuriser la cérémonie.


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