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Santé publique

Le paradoxe de la désertification médicale

Par: 
Damien Delerin

Mercredi 18 octobre 2017, une importante manifestation se déroulera entre les Mureaux et Meulan-en-Yvelines contre la fermeture du service de réanimation de l’hôpital intercommunal voulue par l’Agence Régionale de Santé. Paradoxalement, se terminent actuellement les travaux de la maison de santé pluriprofessionnelle des Mureaux, créée dans le but de lutter contre la désertification médicale.

« Cela fait trois ans qu’on discute et qu’on nous donne des garanties. Notre sentiment c’est d’avoir été pris pour des imbéciles !  », a déclaré Madame Cécile Zammit-Popescu, maire de Meulan-en-Yvelines, conseillère départementale des Yvelines et présidente du conseil de surveillance du Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM) lors de la manifestation du 20 septembre dernier.

Mobilisation pour sauver l'hôpital de Meulan-Les Mureaux

Le CHIMM doit perdre son service de réanimation, fin octobre 2017, par décision de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Depuis cette annonce, le personnel, les élus et les patients se mobilisent contre ce départ. Le mercredi 18 octobre prochain à 11 h va partir de la mairie des Mureaux une manifestation qui s’annonce très suivie. Les participants se rendront sur le site de Meulan-en-Yvelines de l’hôpital intercommunal. De nombreuses personnes pensant que cette décision sonne la « glas » du CHIMM, tout le monde proteste pour sauver l'hôpital et pour éviter que s’aggrave la désertification médicale qui s’installe ici. Effectivement, ce phénomène ne concerne pas que le monde rural. Pour preuve, Paris a perdu en 10 ans 20 % de ses généralistes.

Contre la désertification

Le vendredi 13 octobre, le gouvernement a annoncé son plan contre la désertification médicale, se basant sur la création de maisons de santé afin d’attirer les jeunes praticiens et d'améliorer l’offre de soins. Cette solution est déjà mise en œuvre aux Mureaux avec l’ouverture prochaine, les travaux étant presque finis, d’une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) dans la rue Aristide Briand. Sur 450 m2, cette structure accueillera les habitants, du lundi au samedi, de 8 h à 20 h  ; y travailleront sept médecins généralistes, quatre infirmières libérales, un podologue, une diététicienne, deux psychologues, deux kinésithérapeutes et trois psychomotriciennes. Cette maison est le résultat d’un projet porté par l’association Santé pour Tous, Les Mureaux Val de Seine et les pouvoirs publics que sont l’État, le Conseil régional d’Île-de-France et la ville des Mureaux. Les travaux commencés en avril 2016 font prochainement se terminer.

La concomitance des deux événements est assez paradoxale. Effectivement d’un côté, l’ARS semble, pour les opposants à la fermeture du service de réanimation, mettre en danger les services de soins locaux et, de l’autre, afin de lutter contre la désertification médicale croissante, une maison de santé ouvre ses portes. Si l'offre médicale se dégrade pourquoi aggraver la situation en précipitant le CHIMM vers sa fermeture ? La fermeture du service de réanimation a été décidée pour une raison économique. Le sacré saint « € » serait-il plus important que la qualité des soins et la santé des habitants ? Le personnel, les élus et les patients pensent, de plus en plus, le contraire. Comme des élus l’ont dit lors de la première manifestation contre la fermeture du service de réanimation : « Ce service est une nécessité ! »

 

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