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Roms

Une évacuation de la plaine sans trouble à l'ordre public

Par : 
Rodrigo Acosta

Le 30 août, une dizaine de cars de CRS se sont déplacés pour veiller au bon déroulement de l'évacuation du campement des Roms de la plaine entre Chanteloup-les-Vignes, Carrières-sous-Poissy et Triel-sur-Seine. Depuis dix ans, ce site intersticiel et son émanation (site de Carrières) ont fait l'objet de tout les fantasmes et débats chez les habitants de la Plaine. En réalité, on ne fait que déplacer le problème ailleurs.

Arrivés très tôt le matin du 30 août sur un site qui accueillait environ 200 personnes, nous avons été surpris de voir la quiétude totale de la plaine. Rien ne bougeait, aucun bruit d'enfants, pas de cris de gens qui réchignent à quitter les lieux. Tout le monde (environ 200 personnes) était parti la veille pour des destinations inconnnues...

En revanche, lorsque nous nous sommes déplacés à Carrières-sous-Poissy, au bout de la rue Louis-Armand, à 300 mètres par un chemin de terre qui est dans le prolongement, nous avons vu une dizaine de cars de CRS qui veillaient au bon déroulement d'une évacuation qui n'était pas acceptée par certains membres de la communauté Rom. "Le maire de Carriières-sous-Poissy ne nous a pas aidés", nous a-t-on expliqué. Les évacués vont être déplacés à Marne-la-Vallée, à environ 3/4 d'heure de trajet en RER. Cela n'est pas possible pour certains : "Nous sommes en famille, avec des enfants, des vieux, des cousins..  et nous allons rester sur place, même s'il faut dormir à la bonne étoile". "Impossible", a retorqué le sous-préfet des Yvelines, Stéphane Grauvogel, qui a garanti que les cas de tous les 42 membres du campement de Carrières-sous-Poissy seront étudiés et examinés "d'une manière séreine". "Vous ne pouvez pas rester dans la nature", a-t-il conclu pour terminer l'échange. Dans un jeu classique, on se renvoie la responsabilité ; pour Romyvelines, "c'est choquant que ces familles étaient en voie d'intégration et appréciées du voisinage. Il n'est prévu de leur proposer aucune autre solution que l'hébergement d'urgence minimum.  La mairie et la sous-préfecture se renvoient mutuellement la balle concernant la décision de cette expulsion."

Christophe Delrieu, maire de Carrières-sous-Poissy, a réfusé la domiciliation des Roms et la possible scolarité de leurs enfants. Pour Christophe Delrieu, au contraire, l'expulsion est devenu urgente car "depuis avril 2017, on a constaté que la plaine est devenue une grande décharge à ciel ouvert". Il n'est pas possible de continuer à l'admettre. Le maire et son conseil municipal ont fait adopter un arrêté pour la suppression de ces installations illicites.

La suite a été automatique : les forces de l'ordre étaient au rendez-vous à partir de 7 heures du matin pour tout dégager. Quelques membres de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et du Secours catholique se sont déplacés pour donner un coup de main aux déplacés. Selon le collectif Romyvelines, le sous-préfet a garanti que "que toutes les familles et personnes répertoriées comme vivant sur ce terrain bénéficieraient d'une solution." La vigilance reste de mise.

En réalité, une trentaine de caravanes du bidonville principal se sont déplacées à Triel (terrain du Conseil départemental des Yvelines) et leurs propriétaires ont négocié avec le maire de Triel pour obtenir une "sorte de sas" qui permettra de résoudre le problème à long terme. Joël Mancel a souligné le caractère "temporaire" de cette décision, qui semble être un passage de la patate chaude aux autres instances de décision.  La question se pose de savoir si cette solution provisoire durera dix ans ou plus !

 

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