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Organisation territoriale

Fusion des départements 78 et 92 : la CGT dit "non" à l'opacité de la manœuvre politique

Par : 
Rodrigo Acosta et correspondants

Le 30 juin, les conseillers départementaux des Yvelines et des Hauts-de-Seine votent le principe de la fusion des deux départements. Mis à part le recalcitrant de l'intérieur, Yves Vandewalle, ancien député et actuel conseiller départemental des Yvelines, la Confédération générale du travail (CGT) oppose une fin de non recevoir.

Ce n'est pas une petite décision anodine, sans conséquences, explique la CGT. A aucun moment les agents n'ont été consultés sur ce choix aux répercussions dantesques. Les organisations syndicales n'ont pas été consultées mais seulement informées de l'état d'avancement de la procédure lors de réunions de concertation. La CGT a appris, par voie de presse, le vote demandé aux deux conseils départementaux. De même, les citoyens n'ont pas été consultés, ni même informés du positionnement, sur ce sujet, des candidats lors des élections législatives récentes.

Pour ce syndicat récalcitrant : "Ce vote correspond-il au calendrier prévu ? 
NON. Initialement, il était prévu que ce soit en fin d’année à l’issue des nombreuses réflexions engagées entre directions :   états   des   lieux,   définition   des   projets   cibles,   élaboration   des plans de   travail   en   vue   du rapprochement... Or, ces réflexions restent en chantier ! Vitesse ou précipitation 
?" (1)

De plus, une autre critique est mise en avant : "L’EPI 78/92 a-t-il fait ses preuves, démontrant la pertinence d’un tel rapprochement ?
NON. De  nombreux  dysfonctionnements  demeurent.  La  CGT  est  régulièrement  intervenue  à  ce  propos  pour alerter  sur  les  difficultés  techniques  de  fonctionnement  des  services  (retards  dans  les  délais  de  traitement administratifs,  dans  les  délais  de  signatures,  inadéquation  de  la  logistique,  absence  de  lisibilité  sur  les interlocuteurs,  les  décideurs,  manque  d’information  du  personnel...). Au-delà  de ces  aspects  techniques,  les pratiques ne sont pas harmonisées, ce qui fragilise les services.
"

Selon la CGT, la multiplication des dysfonctionnements dans la mise en place des rapprochements de services a été dénoncée et l'austéritaire a été combattue. Comme d'habitude, dit-elle, le service public ne sortira pas indemne. La CGT n'est pas réfractaire par principe à toutes mutualisations, au contraire, elle se déclare favorable à tout ce qui peut viser à l'amélioration de la qualité et de la proximité du service public en réponse aux besoins de la population.
 

ce projet politique ne correspond pas à une attente citoyenne, a conclu la CGT, car il a été décidé sans les agents, sans les citoyens, sans les usagers ! D’un côté les assemblées départementales avancent au pas de charge dans le processus de fusion sans jamais soumettre ce projet à l’avis des Yvelinois et des Altoséquanais.

Sur ce dernier point, Yves Vandewalle va plus loin : "Le risque d’une fusion c’est de perdre notre autonomie de décision, de laisser à d’autres le soin de choisir notre organisation et les services que nous voulons rendre à la population, de choisir nos investissements." (2)

Fusion 78 – 92 : une OPA des Hauts-de-Seine sur les Yvelines !

De la terre contre de l’argent, c’est le marché de dupes qui est proposé aux Yvelinois par le département des Hauts de Seine. La preuve ? Dans une interview au journal Le Monde le 16 janvier 2014, Patrick Devedjian affirmait que le 78 « apporterait du foncier disponible que nous n’avons pas ». On ne saurait mieux dire !

Le risque d’une fusion c’est de perdre notre autonomie de décision, de laisser à d’autres le soin de choisir notre organisation et les services que nous voulons rendre à la population, de choisir nos investissements.

Pourquoi ? Parce que le département des Hauts-de-Seine est beaucoup plus riche et sa population supérieure à la nôtre. Ce seront donc les élus des Hauts-de-Seine qui arbitreront et décideront, ce sont eux qui auront le dernier mot.

Source (3) : ICI

 

 

Sources
1. Communiqué de presse du 30 juin : Fusion 78/92 - Un projet politique où le service public est le grand absent
 
V300617
 
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