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Arts circassiens

Anny Duperey à Vernouillet pour honorer Pierre Guillon dit Bergam

Par : 
Mac Guffin

Pour L’homme qui aimait les femmes s’est organisée en ce début de l’été, dans son jardin de Vernouillet, une belle petite fête. C’était, certes, un peu en son honneur mais aussi pour être avec les aériennes qu’il forme avec patience et exigence depuis si longtemps de sorte qu’il a des émules et de respectueuses admiratrices de tous les âges.

Anny Duperey tenait à venir et comme la vie est pleine de mystères, elle fut stupéfaite de l’invitation de son ami Pierre.

Souvenirs du Gala des Artistes

En effet, la comédienne était justement en train d’écrire le dernier chapitre de son dernier livre (1), portant précisément sur sa période Gala des Artistes.  Dans un jardin, très arrangé pour l’occasion, le portique de trapèze bien en place a réservé à la visiteuse et au public, d’amis, de parents, de voisins, de très belles évolutions aériennes, à la corde, à l’échelle, au tissu et même au cercle, effectuées par les petites élèves du maître : Victoria, Morgane, Lilou, Samuela, Juliette, Romane et la chienne Niouchka. Pierre a eu la visite rare de Claude Proust, le Vernolien, qui a été son voltigeur dans les années 50 et au début de la décennie suivante ; il conserve, affichée en bonne place, une photo de lui, faisant une pointe en grand ballant lors d’une Piste aux Étoiles. Pygmalion, formateur et pas seulement juste porteur, Pierre Bergam est un Professeur majuscule qui renaît à chaque fois et il ne fait pas de doute que la visiteuse resplendissante et cette très belle fête vaut une bonne recharge d’accus.       

Anny “s’envoyait en l’air”

Pierre Bergam a préparé les numéros d’Anny Duperey à l’époque ou elle jouait au cinéma dans Les malheurs d'Alfred et Un éléphant ça trompe énormément. Dès 1973, Anny était venue au gymnase du Boulevard Bonne-Nouvelle, au numéro 28, pour travailler pendant deux mois et se produire “gratuitement” pour la retraite des vieux artistes nécessiteux. Il faut dire qu’elle avait des prédispositions avec une formation en danse classique ;  il n’y a qu’à la voir se mouvoir dans le parking au début, improviser “sept ans de réflexion” par dessus une bouche d’aération sous les yeux de Jean Rochefort, bon mari mais frappé par le coup de foudre et qui entend les cris des mouettes !

Rebelote en 1975 mais cette fois-ci avec son homme de l’époque Francis Perrin, ce dernier portait à bout de mâchoire une voltigeuse de soixante dix kilos, et encore un peu plus tard, pour le show TV Circus of the stars en 1976 à Santa Monica (Los Angeles), année où le Gala de l’Union s’était en quelque sorte exporté “aux States”. À la fin, Paul Newman se leva, suivi de toute l’assistance, pour applaudir à tout rompre. Entre temps le Trapèze club de Paris, l'école de cirque de Pierre, avait changé de quartier pour les Halles, au 55 rue Montorgueil, lieu pleins de bouleversements et qui ne s’en est toujours pas remis. En effet, les promoteurs, après avoir cassé le cirque Médrano en 1971, “un véritable crime” avec la complicité intéressée des propriétaires qui faisaient coup double : éliminer un concurrent et récolter du pognon et, du coup, les touristes privés d’un magnifique cirque, arrivés par cars entiers, n’avaient plus qu’à se rabattre sur les distractions, la plupart frelatées, du Pigalle de l’époque.   D’autres récidivaient encore en envoyant à la casse les magnifiques pavillons Empire du Ventre de Paris. Et que dire du Gaumont Palace en 1973, boulevard de Clichy, mais passons la digression et reprenons : Anny fit donc quatre éblouissantes prestations aux Galas de l’Union en 1973, en 1975 avec Francis, en 1976, seule en grand ballant, carrément au dessus du public américain ; elle s’exhibait sans sécurité aucune et dit-elle : “ressentit une véritable ivresse”, il n’y a qu’à voir son visage radieux sur le film TV de l’époque, qui l'effraya rétrospectivement, tellement elle s’était oubliée. Anny remit cela avec Pierre en 1977 à Hollywood.

Toute belle aventure à une fin !

Parmi les numéros présentés par les artistes, il y a avait “à boire et à manger”, certains venaient davantage pour “frimer”, rarement “pour de vrai”. Ils préparaient assez peu et se reposaient sur les professionnels. Les aériens préparés par Monsieur Bergam ont souvent séduit le public qui ressentait l’authenticité et le travail. Notre grand pédagogue, même avec des ingrédients plus faibles, réussissait des recettes tout à fait acceptables.

Voyez sur le compte youtube de Pierre Guillon. Vous ne verrez que des bons : Anny Duperey bien sûr, Coline Serreau élève d’Andrée Jan (2) “la trapéziste du ciel”, Puck Adams avec Michel Le Royer, Claire Motte, Claude Bessy et Georges Piletta, Catherine Alric et Jean Paul Schneider, Minka de l’Alcazar et Gérard Barray, Liliane Montevecchi, etc.

Le Gala de l’Union des Artistes connu ses dernières “grandes heures” à cette époque, achevé par le manque de renouvellement et le comportement de quelques uns qui tiraient avantage de “bénéfices personnels”, au propre comme au figuré, que pouvait leur apporter l’entreprise, trahissant la noble cause. Toute belle aventure à une fin !

La suite de la fête

Dans l’après-midi, Bruno Lapassatet a chanté un extrait de la sérénade tiré de Don Giovanni et un air de Fauré, puis Anny a poussé la chansonnette avec Il m'a vue nue de Mistinguett. Un peu plus tard, Gérard Baudry a eu la riche idée de montrer à l’illustre invitée l’installation de trapèze volant de la Compagnie Biosphère à Chanteloup-les-Vignes et Anny se prêta sans chichi à une séance de photo promotionnelle.

Notes

1. Anny Duperey, qui est aussi écrivaine, termine un récit autobiographique sous l’angle circassien et maternel. Le dernier chapitre dont nous avons eu la primeur de quelques extraits relate justement la période des Galas de l’Union avec Pierre. À paraître en novembre.     

2. Pierre Bergam était élève d’Edmond Rainat comme Andrée Jan et débuta sa carrière de trapéziste au Cirque d’hiver au printemps 1947, en même temps.

 

V270617

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