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Réfugiés et solidarité

Les réfugiés se lancent dans la cuisine... à Triel

Par : 
Mac Guffin

Le 23 avril, la Péniche de Triel a accueilli un grand repas préparé avec les réfugiés du Centre d'hébergement d'urgence (CHU) Les Tilleuls à Triel-sur-Seine. Ce fut un moment fort du weekend triellois, qui démontre l'engagement des réfugiés : ils ont fait leur cuisine chez des particuliers, puis ils l'ont partagé avec les 80 participants et quelques convives triellois dont le maire, Joël Mancel.

Le 23 avril, un repas fraternel a eu lieu à la Péniche de Triel-sur-Seine. Cet événement a été possible grâce à la volonté des réfugiés et des bénévoles ainsi qu'à l'accueil favorable de plusieurs partenaires : la ville de Triel, la Croix-Rouge, le Secours catholique, la Ligue des Droits de l'Homme et la Péniche de Triel. Quant au financement, plusieurs voies et moyens ont été utilisés : subvention de 200 € de la mairie de Triel,  collecte devant le supermarché du centre de Triel, appel aux dons via la cagnotte en ligne "ma cagnotte" (informations sur le  projet  : www.lepotcommun.fr/pot/02qw5oj2).

Depuis l'automne 2016, des bénévoles, en particulier des voisins, se sont réunis pour organiser et fournir un moment de détente convivial dans le cadre du Café des voisins, vite connu par les réfugiés comme le "Café Garage". Pluie ou soleil, du café ou du thé est servi pour que les réfugiés (Soudanais, Afghans et Érythréens) se sentent les bienvenus dans ce quartier du centre-ville.

Environ 120 réfugiés sont actuellement hébergés par le CHU de la Croix-Rouge à Triel-sur-Seine. L'apprentissage du français, des rencontres amicales entre des réfugiés et des riverains dans le cadre de compétitions d'échecs et de matchs de football ont complété "leur expérience" dans la commune.  Suite à leur arrivée, à l'automne 2015, et à un incident provocateur de Génération identitaire, en novembre 2015,  un comité de soutien de la Maison Les Tilleuls s'est créé, composé d’associations (LDH, Secours catholique,... ) et de particuliers. Des cours de français ont été organisés et dispensés pour les réfugiés qui souhaitent apprendre dans des locaux mis à disposition par la ville de Triel. Ces cours sont pris en main par des Triellois, Vernoliens et Vernolitains sous l'égide du Secours catholique. La Ligue des droits de l'Homme a aussi mis à disposition une équipe pour aiguiller les réfugiés dans les méandres administratifs en faisant appel à des organismes reconnus pour leurs compétences comme la CIMADE ou Domasile.

Des ateliers de cuisine pour un repas réussi

Lors de ces Cafés des voisins, est apparue l’idée d’organiser un déjeuner avec les réfugiés de la Maison Les Tilleuls de Triel, et une date a été proposée, le 23 avril. Rapidement, un groupe de travail s'est mis à l'œuvre afin de procéder à la mise en place de sept "ateliers cuisine" pour mener à bien cette idée.  Diverses interrogations pratiques ont été soulevées : Quel type de repas ? Repas pour les réfugiés ou avec eux  ? Comment impliquer les réfugiés volontaires, pour la planification et la préparation ? Ensuite, comment inscrire les réfugiés pour avoir un groupe d'une vingtaine de contributeurs, comment gérer l'incertitude quant à la présence des réfugiés qui peuvent être sur le départ d'ici au jour du repas ? En outre, le lieu choisi pour le repas, la Péniche de Triel, n'offre pas la possibilité de cuisiner, seulement celle de réchauffer éventuellement les plats en utilisant un four à micro-ondes sur place. Elle dispose cependant de tables et chaises en nombre suffisant pour 99 convives.

Les courses et la préparation du repas se sont effectuées en « ateliers » dans cinq cuisines de particuliers riverains, avec deux ou trois réfugiés à chaque fois. Chaque atelier cuisine avait un budget pour des achats correspondant à leurs besoins en matière de légumes, de viandes et de fruits. Les achats ont été effectués quelques jours avant le 23 avril dans des commerces de Triel-sur-Seine et de plusieurs villes voisines (Chanteloup-les-Vignes, Carrières-sous-Poissy, Vernouillet). Certains cuisiniers ont commencé la préparation le samedi 22 avril mais la majorité a été à pied d'œuvre le dimanche 23 avril dès 8 heures ! Un moment de frénésie a eu lieu pour savoir comment procéder pour suivre les recettes, notamment en raison de la barrière de la langue. Au final, les cuisiniers se sont bien débrouillés et ont apporté leurs plats vers 12 heures à la Péniche.

Après, tout s'est déroulé comme prévu : Joël Mancel, maire de Triel, a fait une courte allocution pour dire un mot de bienvenue. "Ce repas est la preuve que Triel vous a accueilli correctement", a-t-il dit. Ensuite, les convives sont passés à table et ont profité de ce moment culinaire qui leur a permis de revivre leur pays d'origine. Les invités ont essayé plusieurs plats soudanais, afghans... Un délice pour chacun de nous qui ne connaissions pas l'exotisme culinaire de ces contrées lointaines.

 

Pour les organisateurs, l’objectif de ce repas était double :
- réunir réfugiés et riverains dans une action commune, favorisant convivialité, échange et intégration ;
- donner l’occasion aux réfugiés de contribuer eux-mêmes à la préparation d'un repas de leur pays d’origine.

Le pari a été gagné incontestablement !

 

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