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Politique et langue françaises

Avez-vous été “énerjaïsé” par la présentation du programme d’En Marche ?

Par : 
Michel Kohn

En cette semaine de la langue française et de la francophonie, les nombreux américanismes de soutiens locaux de l'un des principaux candidats à la présidence de la République traduisent-ils l'une de ses orientations ? S'il est élu, voudra-t-il défendre notre langue et nos valeurs culturelles ?

Lors du débat télévisé du 20 mars et dans leurs récentes déclarations, les principaux candidats à l’élection présidentielle se sont, relativement, bien exprimés, si l’on excepte les outrances et les éléments de langage habituels de certains. En cette semaine de la langue française et de la francophonie, réagissons à la maltraitance de notre langue par certains soutiens locaux d'Emmanuel Macron. Ils ont présenté, le samedi 11 mars, le programme que leur candidat commençait, alors, à dévoiler, lors d'une réunion publique organisée par le comité de Villennes-sur-Seine du mouvement “En Marche !” 

Il est apparu que la pupart sont de jeunes chefs d’entreprise ainsi que le référent départemental (le terme “référent” est, de plus en plus, employé mais incorrectement car il désigne, en français, une personne pouvant transmettre une doléance particulière à la bonne personne ou au bon organisme). De plus, certains sont des “startupers”, comme ils se nomment eux-mêmes. Super, un mouvement qui s’est créé et développé comme une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance ! Admettons que l'expression française, “jeune pousse”, n’est pas suffisamment explicite pour être largement adoptée. Les poids lourds de la politique qui rejoignent le mouvement, actuellement, ne vont-ils pas ralentir sa marche et le faire louvoyer, de gauche à droite et inversement ?

Nombreux sont ceux qui peuvent être d’accord sur l’objectif de placer le numérique comme un sujet central. En effet, il permettrait de simplifier la vie des Français et de réformer l’Etat, en rendant les administrations plus efficaces ; c’est tout particulièrement le cas de la justice, qui pourrait être accélérée sans accroissement de son coût. Nous serions encore plus favorables à cette partie du programme d’Emmanuel Macron, si ses soutiens n’utilisaient pas le mot “digital” pour la présenter !

Un président qui s’opposerait, à la fois, à l’islamisation de notre civilisation et au repli nationaliste de notre pays pourrait obtenir une large adhésion mais il devrait, également, combattre leur américanisation. Quels sont les engagements d’Emmanuel Macron pour la défense de la langue française et de ses valeurs culturelles ?

Au lieu d’être “énerjaïsés” par ses idées et par sa méthode, comme le premier intervenant de la réunion du comité villennois a déclaré l’avoir été, nous pourrions être, non pas “boostés”, mais dynamisés !
 

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