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Connaissance de la batellerie

L’homme du Picardie, entre mythe et réalité !

Par: 
François Nugues

Le Club Historique d'Andrésy a réuni le 25 mai une centaine de personnes pour évoquer une époque glorieuse de la batellerie : « Batellerie d’hier, d’aujourd’hui, de demain ». Les membres du Club Historique d’Andrésy ont aussi interrogé d'anciens mariniers andrésiens pour évoquer leur vie, les évolutions et l’avenir du métier. INEDIT.

L’Homme du Picardie s’est amarré à Andrésy fin mai. Nous étions une bonne centaine, venus lui serrer la main ! Le CHA - Club Historique d’Andrésy - avait organisé le 25 mai une conférence sur la vie des bateliers dans les années 1970. Des fragments du célèbre feuilleton télévisé servaient de support aux commentaires fort bien renseignés sur la qualité de vie, l’éloignement des enfants, le travail de « bohémien » des femmes œuvrant dans moins de dix mètres carrés, le travail primant sur toute vie pour aller au plus vite chercher ou livrer la précieuse cargaison et gagner de quoi vivre. Mais il y avait aussi la liberté : aller à son train, s’arrêter en chemin pour quelques moments de calme, passer un tour, etc. Cette liberté est revenue dans bien des témoignages offerts par quelques anciens bateliers.

Témoignages

Et les enfants, ceux qui étaient à l’école de la Batellerie de Conflans, qu’en pensaient-ils ? Voici deux témoignages : Florella et Didier.

Florella Laure : j’ai vécu mes six premières années avec mes parents sur le « Villa des Laure 2 ». Ensuite ce fut le début des difficultés : j’aimais beaucoup étudier, mais après 16 h 30 et surtout les week-ends, l’absence des parents et l’internat étaient pesants ! Je rentrais chez les parents environ toutes les trois semaines. Les moments de bonheur se passaient pendant les vacances, sur le bateau !

Didier Well : Souvenirs d'enfance : Attaché, écoutilles brulantes, papa collé au macaron dans la marquise, débarquements à la sauterelle, des jeux dans l'oule, nettoyage à la tinette, grain de blé dans les oreilles.
Il y a les gens d'à terre et les gens de l'eau, dans ma famille on est des gens de l'eau depuis plusieurs générations.
Un batelier aime parler de son lieu de naissance « LE BATEAU »,
un batelier aime son travail « LE BATEAU »,
un batelier aime son habitat « LE BATEAU »,
un batelier aime parler de son voyage en BATEAU.
Un batelier ne parle que de bateau sinon de quoi parlerait-il ?
De la naissance à la mort, voir les paysages défiler, cela forme une certaine vision du monde.
La connaissance des maitres des fleuves coule dans l'oralité, pas sur du papier ; rien n'est figé, tout est en mouvement.
Cette culture, formée par les fleuves, ne dévoile son intimité qu'aux cousins.
Ah quelle belle culture, vite dépêchons-nous d'en garder trace, ils ont tellement à nous apprendre.

Une bien belle soirée pour un métier en pleine restructuration avec la concurrence terrible de nos voisins allemands, belges et hollandais qui ont choisi de développer ce moyen de transport au plus haut niveau alors que nous abandonnions notre réseau de canaux ; l’industrie des transports fluviaux d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec les artisans courageux de l’époque de l’homme du Picardie encore au gabarit Freycinet datant du milieu du XIXe siècle !
Mais la France veut y croire, à preuve le projet de port fluvial dans notre secteur, l’extension du canal Seine Nord et d’autres mises au gabarit européen.

 

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