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Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise

Philippe Tautou : "Je tiendrai le coup !"

Par: 
Rodrigo Acosta

Dans un interview du 4 mai, Philippe Tautou, président LR de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, a passé en revue les défis de sa construction administrative. Le laboratoire de la réforme administrative s'opère ici dans la Seine Aval et il en ressort que "nous sommes devenus des cobayes". Merci aux lois MAPTAM et NOTRe ! Ce paquebot est complexe à manœuvrer, mais Ph. Tautou tiendra le coup, surtout dans une période difficile pour les finances publiques locales. Il envisage de rester jusqu'à la fin de son mandat (2020), malgré les bruits de couloir. 
INEDIT. Voir aussi WEBTELE 2R.

Dans une belle matinée du 4 mai, le J2R a rencontré le président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPSO) pour évoquer la période de transition entre une CU théorique à celle dite opératoire. A la question « Comment allez-vous faire pour remettre sur les rails la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise ? », Philipe Tautou (LR) a souligné la nécessité d'avoir du temps afin de surmonter les défis imposés par cette réforme territoriale instaurée depuis les lois MAPTAM et NOTRe. Selon lui, la communauté urbaine GPSO est regardée avec attention par les autorités publiques : « C'est le phénomène cobaye » qui n'est pas du tout du goût du président Tautou. Même si c'est lui qui l'a voulu au départ. Mais ne refaisons pas le match ! De toute manière, la concertation a échoué dans les deux tentatives de réunion publique effectuées à Andrésy et à Triel respectivement.

"Poursuivre l'effort intercommunal"

Sur l'interrogation à propos de la manne de six millions d'euros et des économies susceptibles de résulter de la fusion des six intercommunalités(1), M. Tautou a nié avoir dit que « les économies seront là » tangibles. Certes, à moyen et long terme, certaines économies d'échelle sont envisagées. Vite le désenchantement est total comme celui des habitants face à des promesses non tenues pendant les campagnes électorales. Ces élus sont les premiers à marteler la logique des résultats qui sert à tout sauf à mesurer (donc évaluer) les politiques publiques mises en place par des élus. Certes, ces derniers sont écartelés entre les objectifs des législateurs ainsi que de l'appareil de l'Etat et les attentes des citoyens qui demandent plus de proximité et plus de services à la population. Pis, dans un contexte d'austérité budgétaire, les besoins s'accroissent tandis que la crise s'installe.

A mi-mot, le président Tautou a admis la lancement raté de la communauté urbaine GPSO, mais « il faut poursuivre l'effort de construction intercommunale » et pousser l'Etat à tenir ses engagements car, en matière d'équipements structurants, un réseau de transport tel qu'Eole est indispensable pour avancer dans l’intercommunalité de 73 communes. Sur ce point, les engagements de construction de logements (2500 unités par an) et de développement économique peuvent difficilement être tenus tant que l'infrastructure de transports reste défaillante. En outre, Philippe Tautou a confirmé que le projet Eole accuse un retard et que la nouvelle ligne du RER ne serait opérationnelle qu’en 2025 !

Conglomerat de projets et pragmatisme habituel

Comment faire alors ? Quelles sont les priorités dans les compétences obligatoires (aménagement, développement économique, habitat, environnement, VRD...) de GPSO ? Comment définir le projet communautaire ? On saura plus dans six mois après avoir fait un état des lieux et avoir lancé des études sectorielles notamment sur des zones spécifique telles :

- la Confluence (Achères et Andrésy) et son port multimodal couvrant au moins 125 hectares ;
- la zone autour de l'usine Dunlopillo couvrant 17 ha ;
- la zone autour de l'usine de Porcheville à Limay couvrant environ 75 ha ;
- la zone autour de la Pointe de Verneuil entre Verneuil et Vernouillet couvrant 25 ha ;
- la zone autour de la future gare d'Eole à Poissy avec la future liaison avec Carrières-sous-Poissy ;
- la zone autour de la gare des Mureaux ;
- la zone autour de la gare d'Epône-Mézières couvrant environ 30 ha ;
- la zone autour de la gare d'Aubergenville ;
- la zone commercials de Quarante sous à Orgeval.

Ainsi, on peut dénoter une concentration de l'action publique sur la requalification ou le défrichement des zones à caractère économique et commercial. Justement, le président Tautou est obnubilé par la création de l'emploi et, par voie de conséquence, par le développement économique. Il est à noter qu'aucune mention n'est faite aux quatre ou cinq projets de la feue Communauté d'agglomération 2 Rives de Seine (couloir urbain entre Andrésy et Triel, Coeur vert, Ecopôle, Parc du Peuple de l'herbe, Port de Triel, bords de Seine entre Triel et Verneuil). Plus précisement, la zone à urbaniser entre Triel et Chanteloup-les-Vignes semble avoir été écartée par GPSO en termes de prorité d'urbanisation.

Comme un chef d'entreprise, le président Tautou a pris une posture pragmatique. « Il s'agit, a-t-il expliqué, de réduire les effets néfastes de la réforme et d'amplifier les impacts positifs ! » Pour lui, GPSO est une entreprise qui « demande la stabilité dans la règle fiscale et/ou administrative ! » A chaque alternance, il ne faut pas que le nouveau pouvoir bouleverse et modifie la règle établie même si le président (LR) milite pour une alternance au niveau de la présidence et le pouvoir législatif. C'est toujours la paradoxe français : on veut le beurre et l'argent du beurre !

Faire mieux avec moins !

Dans un contexte de vache maigres, chacun des élus doit s'interroger sur « comment faire mieux avec moins de moyens ». Philippe Tautou s'est targué d'avoir fait le ménage dans les subventions pour les associations à Verneuil où l'on a réduit de 20 % les montants de subventions. Le mot d'ordre est de rationaliser et cela vaut aussi pour la mise en œuvre de GPSO. Alors comment fait-on avec le personnel de l'ancienne CAMY où une vingtaine de personnes sont payées mais sont sans affectation ?
Philippe Tautou a botté en touche : « Le personnel de GPSO se situe à environ 1000 personnes et à terme on sera environ 1800 ! »  Avec la réduction généralisée de la dotation globale de fonctionnement (DGF), l'équation à résoudre est terrible et le président Tautou prend son mal en patience, étape par étape.

La situation est désespérée mais pas catastrophique et le président Tautou reste un grand défenseur de l'intercommunalité afin de fournir des équipements publics nécessaires à la population : crèches, écoles, piscines, théâtres... Ceux-ci coûtent cher et impliquent des investissements importants pour les années à venir.  
Stoïque, « L'objectif, souligne-t-il, est d'équilibrer les équipements par rapport aux besoins de l'ensemble des habitants du territoire ».  En matière de piscines, de crèches (donc de la petite enfance), des besoins émergent d'une manière urgente sans que les recettes arrivent (du fait du développement économique). Pour cela, le président explique qu'il est urgent d'attendre et de patienter !

Pour conclure avec un ton comptable : « Avant de dépenser un euro, il faut le gagner ! » Le paquebot GPSO est complexe à manœuvrer, mais Philippe Tautou tiendra le coup, surtout dans une période difficile pour les finances publiques locales. Il envisage de rester jusqu'à la fin de son mandat (2020), malgré les bruits de couloir.

 

WEBTELE

 


Philippe Tautou : "Je tiendrai le coup" ! par nouvelles_des_deux_rives

 

Notes

 

1. Par deux arrêtés préfectoraux du 28 décembre 2015, le préfet des Yvelines a créé le 1er janvier 2016 une communauté urbaine résultant de la fusion de :

- la Communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines (CAMY), composée des communes d'Arnouville-lès-Mantes, Auffreville-Brasseuil, Boinville-en-Mantois, Breuil-Bois-Robert, Buchelay, Drocourt, Epône, La Falaise, Favrieux, Flacourt, Follainville-Dennemont, Fontenay-Mauvoisin, Fontenay-Saint-Père, Gargenville, Goussonville, Gueules, Guerville, Hargeville, Jouy-Mauvoisin, Jumeauville, Magnanvilie, Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville, Méricourt, Mézières-sur-Seine, Mousseaux-sur-Seine, Perdreauville, Porcheville, Rolleboise, Rosny-sur-Seine, Sailly, Saint-Martin-la-Garenne, Soindres, Le Tertre-Saint-Denis et Vert ;

- la Communauté d'agglomération 2 Rives de Seine, composée des communes des Alluets-le-Roi, Andrésy, Chapet, Carrières-sous-Poissy, Chanteloup-les-Vignes, Médan, Morainvilliers, Orgeval, Triel-sur-Seine, Verneuil-sur-Seine, Vernouillet et Villennes-sur-Seine ;

- la Communauté d'agglomération Poissy-Achères-Conflans, composée des communes d'Achères, Conflans-Sainte-Honorine et Poissy ;

- la Communauté d'agglomération Seine et Vexin, composée des communes de Bouafle, Brueil-en-Vexin, Ecquevilly, Evecquemont, Flins-sur-Seine, Gaillon-sur-Montclent, Hardricourt, Jambville, Juziers, Lainville-en-Vexin, Meulan-en-Yvelines, Mézy-sur-Seine, Montalet-le-Bois, Les Mureaux, Oinville-sur-Montcient, Tessancourt-sur-Aubette et Vaux-sur-Seine

- la Communauté de communes des Coteaux du Vexin, composée des communes de Guitrancourt, Issou et Limay ;

- la Communauté de communes Seine-Mauldre composée des communes d'Aubergenville, Aulnay sur Mauldre et Néze.

 

 

V160516

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